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Nouvellement coopté dans le nouveau Cng de lutte, Yakhya Diop «Yékini» compte faire bénéficier de son expérience et expertise pour le développement de toutes les formes de lutte. Sur l’organisation des combats, l’ancien «Roi des arènes» estime que le Cng, à l’image des promoteurs, doit mieux s’impliquer dans ce créneau.

Vous êtes coopté au sein de la nouvelle équipe du Comité national de gestion (Cng) de lutte. Pourquoi avoir accepté d’intégrer ce comité ?
Je crois que la réponse est toute simple. Ceux qui ont pensé que je pouvais apporter mon expertise et mon expérience en tant qu’ancien lutteur, ont simplement jugé que je pouvais accompagner cette équipe. Ces derniers ont jugé que ce serait une bonne chose pour l’avenir de la lutte sénégalaise.

Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter cette mission ?
Il faut comprendre que la lutte a connu des hauts et des bas. Aujourd’hui, tout le monde est d’avis que la lutte traverse une période difficile. Alors qu’elle doit dépasser ce genre de difficultés et retrouver l’élan qu’elle procurait au monde sportif pour ne pas dire aux Sénégalais. C’est pour cette raison que des acteurs, comme moi et d’autres, ont été choisis pour aider au développement de la discipline. Et c’est aussi pour cette raison que j’ai accepté de rejoindre ce comité. Je crois que cela est également valable pour les autres qui ont été choisis.

Personnellement qu’est-ce que vous pensez pouvoir apporter à la lutte au sein de cette équipe ?
J’ai été lutteur et je peux vous dire que les lutteurs respectent plus les promoteurs que le Cng. Simplement parce que ce sont eux qui les payent des cachets. Maintenant pour que ces promoteurs puissent faire correctement leur travail, ils s’appuient sur l’organisation du Cng. Donc, si les lutteurs respectent plus les promoteurs, cela veut dire qu’il y a un travail à faire au sein du Cng pour inverser la situation. C’est un travail que cette nouvelle équipe devrait pouvoir accomplir pour que les lutteurs aient plus de reconnaissance et de considération envers le Cng.

Pensez-vous que ce sera une mince affaire, dans la mesure où les promoteurs sont souvent en contact direct avec les lutteurs ?
Je crois que cela peut se faire. Dans une bonne harmonie entre l’équipe du Cng qui était en place et celle qui vient d’arriver, la tendance pourrait vite être inversée. Il ne faut pas oublier que le Cng avait l’habitude d’organiser des «tournois souvenirs». Je veux dire que le Cng gagnerait à s’impliquer davantage dans l’organisation des combats de lutte et ne pas les laisser seulement aux promoteurs.

Serait-ce suffisant pour faire renaître la lutte ?
Non pas du tout. C’est juste le point de départ. Il y a d’autres critères qui doivent être pris en compte, comme les avertissements. Je ne dois d’ailleurs pas trop en parler parce que ce sont des choses qu’on doit discuter en bureau. Par exemple, sur le cas des avertissements et autres sanctions financières que les lutteurs ont dénoncés à maintes reprises et à juste raison d’ailleurs, je crois qu’il faut une solution à ce problème.

Dans les recommandations de la tutelle, on parle déjà d’une baisse de 15 à 10%…
C’est vrai et c’est pour cela que je dis que je ne peux pas trop m’avancer sur le sujet. Ce sont des choses sur lesquelles on aura à discuter en réunion de bureau. Encore que le Cng a un porte-parole.

Vous avez eu le privilège de pratiquer les trois disciplines, lutte simple, lutte avec frappe et lutte olympique. Où est-ce que Yékini sera plus utile ?
Il faut comprendre que la lutte n’est pas seulement celle avec frappe. Il y a la lutte simple, mais aussi la lutte olympique. Le ministre des Sports attend des médailles en lutte olympique. C’est un travail à faire dans ce domaine. En fait, le chantier est vaste. Mais ce qui est clair, c’est que je ne serai pas le coach d’un lutteur. Je ne suis qu’un simple conseiller. Par exemple, si Abdou Badji (Directeur technique national) a besoin de mes conseils, je lui ferai part de mon expertise. Ce sera la même chose pour les autres formes de lutte.

Comment s’est passée la première réunion du Cng, lundi dernier ?
C’était juste une prise de contact. On a échangé et chacun a compris qu’on avait une mission à mener. Sinon, il n’y avait rien de spécial. Maintenant, la saison va bientôt commencé (9 décembre). Dans les prochains jours, je crois que les choses sérieuses vont commencer et chacun viendra avec ses idées pour la bonne marche de la lutte.

Est-ce que ce serait une illusion de dire aux amateurs que la lutte va renaître ?
D’abord il ne faut pas dire que la lutte est morte. Ce n’est pas le mot qui convient. Elle a juste connu une période très difficile. Il n’y a plus d’affiches comme avant. Les lutteurs n’ont pas beaucoup de combats. Tout cela est vrai, mais je crois que la lutte ne peut aller que de l’avant. On ne peut pas comparer la lutte au football, mais ce que la lutte procure comme émotion sur le plan national, le football ne peut l’apporter, à part l’Equipe nationale. Donc, si on apporte les solutions idoines à cette discipline, elle ne peut qu’aller de l’avant.

Qu’est-ce qu’il faudra faire alors ?
C’est l’ensemble de tout ce que je viens de dire. D’abord il faudrait que le Cng s’implique davantage dans l’organisation, revoir le règlement entre autres. C’est cela qui permet de mesurer la beauté de cette discipline. Et l’engouement qu’il y avait autour va forcément revenir. Et les annonceurs reviendront naturellement. En résumé, voilà ce qu’il faut. C’est mon point de vue.

Ces derniers jours, votre nom est associé à la télé privée 2Stv. Vous avez même invité Baba Maal dans une émission. Avez-vous rejoint la 2Stv ?
Je veux juste dire que El Hadji Ndiaye est un grand frère et un ami. On a pensé qu’on pouvait faire quelque chose pour la 2Stv sur des reportages et autres. Sur l’émission avec Baba Maal, on m’a juste invité et je suis venu participer. Je crois que ça doit passer dans l’émission de Boubs. Mais je précise que je n’ai pas d’émission et je n’ai signé aucun contrat. Mais avec El Hadji Ndiaye, on est très liés.

Travaillez-vous ensemble pour un projet ?
On réfléchit sur ce qu’on peut faire ensemble.

Toujours avec la 2Stv ?
Oui !
Est-ce qu’il est possible donc de vous voir demain animer une émission sur la 2Stv ?
Je ne sais pas ! Mais je reste disponible à chaque fois que El Hadji Ndiaye aura besoin de moi. Par contre, cela ne sera pas dans le cadre de la lutte.

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