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Le Maroc frappe avec insistance aux portes des instances régionales et sous régionales de l’Afrique subsaharienne. Pour le directeur du Timbuktu institute, le Dr Bakary Samb, cette arrivée prochaine du Maroc doit être préparée.

Le Maroc frappe avec insistance aux portes des institutions régionales africaines. Après l’Union africaine, c’est devant la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) que le royaume chérifien a soumis son bulletin d’adhésion. Pour le directeur du Timbuktu institute, Dr Bakary Samb, l’arrivée de ce pays dans cette organisation doit être préparée. «Le Maroc arrive dans la Cedeao en défendant ses intérêts», souligne le Dr Samb qui estime que les Africains doivent «cesser de subir les convoitises et développer des stratégies de résistance et d’existence».
Des stratégies qui doivent permettre à nos pays de développer une coopération sud-sud avec le nouvel arrivant sans pour autant hypothéquer les secteurs économiques les plus vulnérables comme le secteur agricole. Selon le Dr Samb qui a fait une communication sur «Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc» dans le cadre de la séance inaugurale du Timbuktu institute, le royaume chérifien pourrait également chercher à jouer un rôle de premier plan en accueillant une délocalisation massive d’industries européennes et devenir de ce fait un hub entre l’Europe et l’Afrique. Il faut dire que les contraintes géostratégiques du pays ne laissent guère de choix au roi Moham­med VI en matière d’options stratégiques. En effet, avec l’Espagne au nord, l’Algérie à l’est et l’Atlantique à l’ouest, le Maroc ne peut s’ouvrir que vers le sud du Sahara, constate le Dr Samb. Il explique que pour réaliser ses ambitions, le Maroc s’est appuyé sur ses ressources historiques et religieuses afin de se déployer sur le plan économique avec ses banques. «Le Maroc est un pays conscient de ses contraintes géopolitiques et qui a développé des stratégies de rechange en misant sur un redéploiement en Afrique subsaharienne. Il a utilisé la religion et la culture pour aboutir à l’économie par la banque qui est un excellent outil», indique le Dr Samb. Si les banques marocaines ont été un moyen d’expansion, le Dr Samb n’occulte pas le rôle joué par le Roi du Maroc qui, dans tous ses déplacements, s’est accompagné de son secteur privé.
Le Sénégal gagnerait à suivre cet exemple, estime le Dr Samb qui pointe du doigt la diplomatie sénégalaise. «Il nous faut un nouveau type de diplomate», souligne le Dr Samb en relevant que dernièrement «la diplomatie sénégalaise a fait des choix teintés d’erreurs ou de maladresses». Le journaliste et politologue Yoro Dia a enfoncé le clou en soulignant que le Sénégal pratique la diplomatie du «comment mieux plaire à tout le monde». Le directeur du Timbuktu institute pense ainsi que la diplomatie sénégalaise ne doit plus se suffire d’une approche institutionnelle, mais utiliser toutes ses ressources. «Il est temps que la diplomatie sorte de la logique de la puissance pour entrer dans l’ère de l’influence qui donne un nouveau poids à nos pays», indique le Dr Samb.
mamewoury@lequotidien.sn

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