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La France s’engage à aider l’entreprenariat social au Sénégal. La Fondation dirigée par François Hollande a remis à Sunulex et Apiafrique plus de 13 millions Cfa à chacune pour accompagner leur développement. Ces deux entreprises travaillent respectivement dans les domaines juridique et socio-environnemental.

Nafissatou Tine et Marina Gningue peuvent avoir le sourire. Elles viennent d’empocher chacune 13 millions 119 mille 140 francs Cfa, soit 20 mille euros. Elles sont les lauréates sénégalaises du prix international de la Fondation la France s’engage, présidée par François Hollande. La cérémonie de remise des prix a eu lieu hier à l’Institut français de Dakar, en présence de l’ambassadeur Phi­li­p­pe Lalliot.
Nafissatou, fille de Alioune Tine, a indiqué lors de la remise que ce prix va «prolonger ce que je faisais : créer des tutoriels de droit. Le prix va me permettre de me focaliser davantage sur le droit des femmes». En effet, frappée par le manque d’informations sur les textes de loi, Nafissatou Tine s’est engagée à garantir à chaque personne l’accès à l’information juridique. C’est dans cette optique qu’elle a créé Sunulex.sn. Un média en ligne qui veut garantir un accès simple à l’information juridique pour résoudre les problèmes quotidiens. «Au Sénégal, il est très difficile d’accéder à l’information juridique pour des besoins basiques comme une création d’entreprise, une déclaration de naissance et une plainte pour harcèlement sexuel, entre autres. L’objectif de la plateforme est de donner l’information juridique aux professionnels du droit, mais aussi au simple citoyen», a expliqué la fille du militant des droits humains, Alioune Tine. Qui, visiblement, a pris le même chemin que son père. Créée en 2017, sa plateforme est visitée pour la plupart du temps par des étudiants en droit. «Beaucoup d’étudiants en droit viennent chercher des informations sur la plateforme. Sunulex africa existe depuis 2017. Elle permet d’accéder aux textes de loi de 15 pays africains et 8 zones économiques», a indiqué Nafissatou Tine.
Tout comme Nafissatou Tine, Marina Gningue, Ceo d’Apia­frique, estime que cette récompense vient à son heure. «Ce prix est formidable, car on a développé le programme Changeons les règles avec zéro moyen. Il est lancé sur fonds propres. Au début, on a reçu de petites aides. On le gère toute seule, sans moyen. Ce prix va nous permettre d’engager une personne à plein temps pour s’occuper du programme. Cela va nous permettre de refaire le site internet qui a eu un problème technique. On est en train de travailler sur une application mobile. On doit aussi faire des vidéos en langues locales», a expliqué la récipiendaire. Elle commercialise des serviettes hygiéniques et des couches réutilisables pour bébé. Apiafrique ne s’arrête pas qu’à la commercialisation. L’entreprise accompagne les filles en âge de menstrues en rendant l’information accessible. «Apiafrique est une entreprise sociale sénégalaise qui fabrique des produits d’hygiène réutilisables. On fabrique des serviettes hygiéniques lavables pour les femmes, et des couches lavables pour les bébés. En travaillant avec les femmes, on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de tabous autour des règles. Il fallait produire et partager l’information avec les filles sur le sujet. C’est comme ça qu’est né le programme Changeons les règles. C’est une page Facebook dédiée aux règles. Les filles peuvent poser des questions et obtenir des réponses auprès des sages-femmes. Un petit livret d’information de 16 pages est disponible. On fait des ateliers dans les écoles et prisons. On fait aussi des ateliers mère-fille. L’idée est d’être le plus digital possible pour avoir plus d’impact», a précisé Marina Gningue.

 

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