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Le leader du mouvement Ndar ca kanam est convaincu que l’auto-emploi et l’entrepreneuriat constituent la voie du salut pour les jeunes du Sénégal. Adama Kane Diallo, qui est le président du Conseil communal de la jeunesse de Saint-Louis, invite le ministre et le président du Conseil national de la jeunesse à procéder au renouvellement des structures à tous les niveaux pour le respect du principe démocratique.

Qu’est-ce que le Conseil communal de la jeunesse, dont vous êtes le président, a fait dans la lutte contre le Covid-19 ?
D’abord il faut souligner que le maire a appelé la jeunesse à un partenariat pour lutter contre le Covid-19. Nous avons répondu à son invitation en tant que représentants des jeunes, mais aussi en tant que citoyens conscients de leur devoir de participer au développement de leur localité et à toute action citoyenne ou d’utilité publique. Un plan d’actions a été alors mis sur pied, mais aussi un comité de pilotage pour la riposte. Plus de 19 mille ménages ont été sensibilisés sur le respect des gestes barrières, 3 300 kits de gels hydro alcooliques et de savons et 25 mille masques ont été aussi distribués dans les 33 quartiers de Saint-Louis. La nuit, il y avait une équipe qui circulait dans les rues pour donner à manger aux malades mentaux. Des émissions de sensibilisation dans différentes langues ont été également réalisées dans les radios de la place. Notre partenaire, la Giz (la Coopération allemande), nous a remis par ailleurs 1 000 masques, 1 000 affiches, une voiture de sonorisation et 1 000 flyers dans ce même cadre. Et ce matériel a été d’une très grande utilité dans la mise en œuvre des activités de sensibilisation que nous avons menées.

Comment appréciez-vous le travail fait jusque-là par le Comité régional dans le cadre de la riposte ?
Nous remercions le Comité régional dirigé par le gouverneur qui a fait un travail extraordinaire dans le cadre de la sensibilisation et du respect des mesures sécuritaires. Nous lui demandons de continuer sur cette lancée et d’insister sur le port du masque et le respect de la distanciation, car le virus est encore parmi nous. Vous avez dû constater que ces derniers jours les cas communautaires se sont multipliés à Saint-Louis, et cela constitue une très grande préoccupation. Nous sommes tous interpellés et devons tout mettre en œuvre pour stopper la propagation du virus avant que la situation ne devienne intenable.

Quel bilan faites-vous de votre mandat à la tête du Conseil communal de la jeunesse de Saint-Louis ?
Un bilan positif. Je peux dire qu’on a pris le Conseil dans une situation critique, mais aujourd’hui nous rendons grâce à Dieu de nous avoir permis de mener un travail que les autorités et l’ensemble de la jeunesse ont apprécié. En effet, 1 500 jeunes ont été formés dans le domaine de l’informatique, de l’entreprenariat, du leadership, entre autres. 30 jeunes laveurs de voitures ont reçu leur permis de conduire après avoir suivi des cours de conduite et subi une formation en citoyenneté. 8 Gie ont été créés et ont obtenu des cartes de membre de la Chambre de commerce. 100 structures de jeunes ont été appuyées dans le cadre du nettoiement. Par ailleurs, avec l’appui de l’Asso­ciation Jappante, des jeunes ont reçu des bourses pour étudier au Centre d’initiation et de perfectionnement des métiers de l’agriculture (Cipa) pour 3 ans. Beaucoup de jeunes ont également bénéficié  de stages qui leur ont permis d’enrichir leur Cv. On a eu à travailler avec beaucoup de partenaires comme la commune de Saint-Louis, la Giz, Gfa, l’Anpej, l’Adpme et l’incubateur de l’Ugb que nous remercions. Leur contribution a été très bénéfique pour les jeunes de la commune de Saint-Louis.

Avez-vous le sentiment que la politique de jeunesse de l’Etat a répondu à vos attentes ?
Oui, parce que l’Etat a mis beaucoup de moyens pour la jeunesse, en créant des agences comme l’Anpej, la Der, l’Adpme, le Prodac, entre autres, pour accompagner cette frange importante de notre population. Il suffit juste que ces structures fassent le travail de communication nécessaire pour être bien connues par les jeunes. Ces jeunes ignorent parfois les opportunités qui s’offrent à eux. Si on les aide à comprendre ce qu’ils peuvent obtenir des structures mises en place par l’Etat pour les accompagner, ils pourront alors se les approprier et ainsi s’investir dans l’entrepreneuriat et l’auto-emploi qui sont aujourd’hui la principale voie du salut pour les jeunes du Sénégal et surtout de Saint-Louis qui regorge de potentialités non encore exploitées. J’ai vu des jeunes qui ont créé leur propre entreprise après avoir subi une formation.

Vous avez récemment invité les autorités compétentes à procéder au renouvellement des instances des conseils communaux, régionaux et national de jeunesse. Pourquoi ?
Notre mandat est terminé depuis 2019. Donc, il est temps que l’on procède au renouvellement pour que d’autres jeunes prennent la relève. Il faudra donc que le ministre de la Jeunesse et le président du Conseil national y réfléchissent et le fassent le plus rapidement possible pour l’intérêt de la jeunesse. Les mandats doivent non seulement être limités pour respecter le principe démocratique, mais il faut surtout éviter que des gens qui ont dépassé l’âge de la jeunesse continuent de diriger parce que c’est toujours source de conflits.

Quels sont ses objectifs du mouvement Ndar ca kanam que vous dirigez ?
Les objectifs du mouvement Ndar ca kanam sont clairs. Il s’agit seulement de participer au développement de la commune et du department de Saint-Louis. On est en train de le massifier dans les quartiers. Saint-Louis est devenue incontournable sur le plan politique et économique et nous comptons jouer notre partition, apporter notre contribution pour faire bouger les choses afin que la «Vieille ville» retrouve son lustre d’antan. Pour ce faire, il nous faut beaucoup travailler, et nous y sommes déjà.

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