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A moins de trois mois du début de la Basketball Africa league, son président Amadou Gallo Fall, de passage à Dakar, a fait un bref bilan de l’avancement des activités. Optimiste et impatient de lancer la première Ligue africaine, en partenariat avec la Fiba, M. Fall estime que «la Bal est sur la bonne voie». Fondateur de Seed academy, il a réagi sur les bonnes performances de Gorgui Sy Dieng, les débuts de Tacko Fall ou encore les grands projets de Seed durant l’année. Entretien.

A moins de trois mois du début de la première édition de la Basketball Africa league, est-ce que tout est prêt pour la première journée ?
On est sur une très bonne tangente. J’étais récemment à Kigali pour le dernier tournoi qualificatif. Ce que j’ai vu augure de bonnes choses avec l’enthousiasme qu’il y a autour de cet événement. Le Président Kagame était parmi les spectateurs. Nous sommes sur la bonne voie. Notre partenaire, la Fiba, a organisé de manière très professionnelle les qualifications. Il y a eu 35 équipes qui s’étaient inscrites pour les 6 autres places. Avant cela, il y a eu des matchs qui se sont joués au Mali, au Gabon, au Bénin, à Madagascar aussi.

Est-ce un test pour anticiper sur ce qui vous attend en mars dans les différentes villes retenues ?
C’était un très bon test parce que nous avons maintenant les 12 clubs qui représentent 12 pays. Nous avons une feuille de route et nous démarrons en mars. Il y aura un calendrier officiel qui sera annoncé très rapidement, la combine qu’on a organisée début décembre pour permettre aux équipes de venir repérer des talents. Nous avions regroupé 50 joueurs de 20 pays. Parmi eux, il y a 5 ou 6 qui ont joué en Nba et la grande majorité a joué en D-League. Cela démontre l’intérêt et la qualité du talent qu’il y avait sur place. Nous avons également fait le tour sur les différents sites où nous allons jouer (Dakar, Monastir, Caire, Lagos, Rabat et Luanda). Partout, nous avons été accueillis avec enthousiasme. Les équipes commencent à recruter.

Justement, concernant la Douane qui sera le représentant national, où est-ce qu’ils en sont ?
J’étais très ravi de voir le coach Pabi Guèye à Kigali pour suivre le tournoi. On a eu des discussions. Je dois dire qu’ils ont de grosses ambitions et il a pris la mesure de l’ampleur. J’ai eu à parler avec le président Demba Seck. Et comme le Sénégal est un des organisateurs, c’est l’opportunité pour eux de briller. Mais c’est surtout une affaire nationale. Maintenant, je ne peux pas trop m’épancher là-dessus.

On parle beaucoup de Dakar comme la ville qui va accueillir la première journée. Pouvez-vous confirmer ?
On aura le temps d’annoncer le nom de la ville qui va abriter la première journée. Le Sénégal est un pays de basket avec une infrastructure comme Dakar Arena. Ce sera un événement historique. Mais pour le moment, je ne peux rien dire puisqu’on travaille là-dessus. Dakar est déjà choisie parmi les autres villes, je crois que c’est déjà pas mal.

Est-ce que tout est fin prêt au niveau de la logistique ?
Nous avons commencé à travailler depuis février dernier. Nous avons inspecté tous les stadiums où nous allons jouer. On est en étroite collaboration avec la Fiba. Nous avons aussi commencé à travailler dans la formation des arbitres, en collaboration avec la Fiba. Il y aura une combinaison avec les arbitres de la D-League et de la Fiba. Nous continuons à avoir des conversations intéressantes avec des partenaires qui vont nous rejoindre. Nous allons annoncer bientôt un autre partenaire dans le domaine de l’équipement. Nous avons une équipe très dynamique au sein de la Bal et je crois que d’ici la fin du mois, il y aura une série d’annonces que nous allons faire.

Concernant Dakar, est-ce que des dispositions seront prises pour faciliter le déplacement des fans du basket ?
Toutes les dispositions seront prises. Nous allons travailler étroitement aussi bien avec la Fédération sénégalaise de basket, le ministère des Sports, le représentant de la ville de Dakar. On sait qu’ils sont très dynamiques pour attirer des événements de dimension mondiale dans notre grande capitale. Nous allons tout mettre en branle pour que cet événement soit un succès total. Il y a les Jeux olympiques de la jeunesse que le Sénégal va abriter en 2022. Nous sommes en discussion avec le Comité de notre ami Ibrahima Wade, un véritable militant du sport, pour profiter de l’expertise du Comité national olympique.

Parlons de la Nba ! Comment appréciez-vous les performances du pivot sénégalais et ancien pensionnaire de Seed academy, Gorgui Sy Dieng, en Nba ?
Je crois que Gorgui a été très constant. Il est juste en train de monter sur un autre créneau. Chaque fois qu’il a eu du temps de jeu, il a réalisé de bonnes performances.
Au début, ce n’était pas facile. Mais comme je luis disais toujours, il faut rester constant dans son effort. Ça force, c’est surtout cela. Cette capacité mentale et de ne pas se laisser abattre, d’être entraîné dans le trou. Le sport et la vie, c’est comme ça. Il y a des hauts et des bas. Il reste une grosse fierté, un véritable professionnel. C’est la leçon pour tous les jeunes joueurs. Il ne faut pas trouver des excuses en disant que l’entraîneur ne m’aime pas. Je crois que si on a du talent, personne ne peut vous empêcher de briller. Le combat, c’est de gagner la confiance de l’entraîneur pour être sur le terrain. En Nba, c’est la plus grosse difficulté parce que tous les joueurs sont extrêmement talentueux. Ce qui sépare les gens, c’est cette capacité mentale parce que tout le monde ne peut pas jouer les premiers rôles. Il faut savoir parfois accepter d’être 12e homme et se battre pour être 10e, dans les premiers à sortir du banc. Et puis, il y a tellement de choses qui peuvent se passer sur une longue saison. Il y a les blessures des titulaires. A partir de là, il faut être prêt et savoir saisir sa chance.

Un autre Sénégalais, Tacko Fall, qui a fait ses débuts en Nba avec Boston, fait beaucoup parler de lui. Comment l’avez-vous trouvé ?
Il a un super charisme. Evidemment, tout le monde voit que c’est un phénomène. Il a aussi une taille qui est très rare. Il n’y a que Manute Bol, dans l’histoire de la Nba, qui est devant lui en termes de taille. En plus de cela, Tacko, c’est un joueur. Il a la personnalité, même quand il était à l’Université. C’est un bon athlète avec son aisance dans le mouvement, il a de bonnes mains. Maintenant, il passe la plupart de son temps en D-League. Mais ce qui est important, c’est qu’il soit dans une grande franchise, Boston, qui va l’entourer. Après, c’est une question de temps et je pense qu’il va fournir l’effort pour s’imposer.

Qu’est-ce qui explique les grosses performances des joueurs africains en Nba ?
C’est un travail de longue date qui commence à se manifester. Il y a eu plus de trois décennies de grands noms comme Hakeem Olajuwon, Manute Bol, Dikembe, ces gens qui ont ouvert le chemin. Cela démontre l’immense talent qui existe en Afrique. Avec le lancement de la Basketball without borders en 2003 où on a commencé à donner l’opportunité aux jeunes talents africains de s’exprimer, je crois que cela a été un gros déclic. Luc Mbah Moute a été l’un des premiers joueurs de ce camp à aller en Université, finalement drafté et a joué en Nba pendant une dizaine d’années. Après, il y a eu plus d’une dizaine de joueurs qui ont été draftés. Il y a Gorgui Dieng, Joël Embiid, Pascal Siakam… Nous avons ouvert nos bureaux en 2010 avec un fort focus sur le développement à la base. On a fait des camps dans tous les coins de l’Afrique. On a multiplié les opportunités pour les jeunes, on a organisé des matchs de Nba Africa game… Je pense que cela a contribué à motiver et à mettre un spotlight sur le basketball en Afrique. Avec Seed, il y a plein d’activités qu’on a faites depuis plus d’une vingtaine d’années, le travail que Masai Ujiri fait avec Giants of Africa et d’autres personnes. Cela s’est concerté par la victoire des Toronto Raptors avec Masai à la tête, des joueurs africains qui jouent les premiers rôles et les gens qui sont dans les staffs. Il y a aussi des talents dans le management et cela va se multiplier. Nous allons continuer à former l’expertise localement avec notre partenariat avec la Fiba.

Parlons de Seed academy ! Qu’est-ce qui est prévu pour la présente saison ?
21 ans plus tard, nous avons commencé un programme d’expansion en allant dans les régions. Nous allons nous implanter physiquement avec des programmes, notamment à Kaolack, à travers un partenariat avec le Village Sos à Bongré, à Touba Ndorong. Nous avons construit des terrains, former des jeunes qui sont issus de ces communautés pour encadrer et entraîner les jeunes de ces localités. Nous allons emmener le modèle de Seed comme vecteur. Avant la fin de l’année 2020, il y a une grosse opportunité d’aller au minimum dans trois autres régions. Le «Hoop forum» qui est organisé annuellement reste le point phare avec des invités qui vont venir de différents coins du monde pour se retrouver, échanger autour du basket, mais surtout sur l’idée du sport comme outil de développement. Notre programme des Filles continue à se développer. L’année dernière, elles étaient à un tournoi au Maroc. Je crois que cette année, cela va se répéter. Nous allons multiplier les activités sur le territoire national, en dehors de Thiès et Dakar.

La Nba a été marquée par un douloureux événement, le décès de David Stern, un des meilleurs dirigeants de la Ligue…
C’est une grosse perte. David Stern, c’est une légende parmi les légendes. Je pense que c’est l’un des meilleurs «commissionners», tous les sports professionnels confondus. Il a vraiment révolutionné la Nba. Il a su insuffler de l’énergie, il s’est battu pour que la Nba soit extrêmement respectée parmi tous ces autres sports. Quand on voit non seulement le niveau de popularité, mais aussi la valeur des salaires des joueurs à travers les contrats de droit de télévision, tout le mérite lui revient. Le commissionner Adam Silver qui a travaillé avec lui pendant plus de 20 ans, lui-même, le dit. C’est le mentor. J’ai eu l’honneur de travailler avec David. C’est sous son mandat que nous avons ouvert le bureau à Johannesburg. Si on a lancé Basketball without borders en 2003, je me souviens de son soutien direct. L’Afrique a été importante pour lui. Maintenant, c’est à nous tous de continuer à porter le flambeau.

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