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Les policiers à la retraite demandent au chef de l’Etat de leur faire appliquer la pension militaire et non civile. Leur président Cheikhna Keïta réclame par ailleurs des moyens pour participer à la réélection de Macky Sall, leur candidat en 2019.

Quelles ont été les circonstances de la naissance de votre mouvement ?
Le mouvement des anciens policiers est né en 2008 et a pour but de réclamer nos droits qui étaient spoliés depuis 1960. Car nous sommes des anciens gardiens de la paix. Les policiers sont les seules qui devaient bénéficier de la retraite militaire. Mais, quand le problème Sen­ghor-Mamadou Dia est survenu en 1962, Valdiodio Ndiaye, ministre de l’Intérieur d’alors, avait demandé aux policiers de soutenir M. Dia. Quand Senghor a pris le dessus, il fallait sanctionner les policiers parce qu’en 1960, tous les corps avaient le même régime civil et on allait à la retraite à 55 ans. A l’époque, les policiers étaient syndiqués.

Qu’est-ce que l’Etat a fait pour vous rétablir dans vos droits ?
En 1966, quand Ousmane Camara a été nommé Directeur général de la police nationale, on lui a demandé d’accorder un autre statut. C’est en ce moment-là qu’on a militarisé notre corps. On devait donc nous appliquer une retraite militaire. Mais, malheureusement, la loi 66-07 du 18 janvier 1966 qui stipule le statut des gardiens de la police en son article 37 n’a pas été appliquée. Il a fallu attendre 1978 pour prendre le décret 78-148 du 13 février 78. Et jusqu’à présent, nous avons le régime civil et avec toujours la pension civile.

Et pourquoi revenir à la charge après tout ce temps ?
Le 11 novembre 2011, l’ancien directeur général de la Police nationale, Assane Ndoye, m’a appelé pour me dire que Macky Sall avait besoin de moi. Et c’est ainsi que M. Ndoye lui-même nous a conduit chez Macky. Ce dernier nous a demandé de le soutenir en votant pour lui de même que nos familles et sympathisants, de battre campagne pour lui et d’infiltrer son cortège pour le sécuriser en zones troubles en tant qu’anciens policiers expérimentés. En échange, nous avons demandé qu’il nous rétablisse dans nos droits, notamment avec la pension militaire. Je rappelle qu’en 1987, 6 250 policiers ont été radiés, 1 274 sont restés 7 ans sans travailler. Il fallait 1 milliard 400 million F Cfa. Nous sommes tombés d’accord et nous avons attendu le Président Macky Sall.

Qu’est-ce qu’il en est de la promesse du Président Macky Sall ?
Le 22 mars 2015, nous sommes reçus solennellement au Palais. Tous les membres et présidents de cellules ont réitéré nos doléances. C’était un dimanche, il nous a assuré que dès le lundi qui suivait, il allait donner des instructions au ministre de l’Intérieur de mettre en place une commission composée du ministre des Finances, du ministre des Forces armées et nous- mêmes pour discuter de la question. Et que dans les 72 heures, qu’on lui donne des conclusions pour enfin nous rétablir dans nos droits. 33 mois après, nous sommes encore dans l’attente.

Et quelle attitude avez-vous adoptée ?
La promesse est là, mais nous n’avons rien reçu. Avant les élections, nous avions appris que 2 milliards F Cfa, et non 1 milliard 400 million, avaient été versés pour que les 1 274 policiers radiés puisse être indemnisés et recouvrer leur pension complète. Mais tout cela ne se trouve que sur des papiers et les gens m’interpellent. Nous ne pouvons plus reculer, nous avons accompagné le Président Sall dans toutes les élections. Avec nos familles, nous sommes un potentiel de 1 million 500 mille électeurs. Aujourd’hui, malgré tout, nous envisageons de commencer la campagne dès la fin du mois janvier. J’ai déjà informé toutes les cellules pour qu’on puisse battre campagne jusqu’en 2019 parce que notre sacerdoce, c’est de faire réélire Macky Sall.

Concrètement, qu’attendez-vous du chef de l’Etat ?
Nous demandons au Président qu’on nous applique la pension militaire et qu’on arrête de nous appliquer la pension civile dans ce métier qui n’existe pas dans le Code du travail du Sénégal. Lors des dernières élections législatives, j’ai envoyé une liste de cinq noms et j’ai demandé au Pré­sident de les mettre dans la liste de la coalition. Notre requête n’a pas été prise en compte, mais nous ne sommes pas sentis frustrés. Nous on lui fait confiance parce qu’il a posé un acte. Ce que nous lui demandons c’est de nous donner des moyens pour que nous puissions aller en campagne. Abdoulaye Wade a fait une déclaration à Léona Nias­sène pour dire que Macky ne fera rien pour les policiers. Et lui, qu’est-ce qu’il a fait pour nous à part des promesses non tenues ? Tout ce qu’il a eu à faire, c’est de nous mettre en rapport avec l’ancien ministre de l’Intérieur, Ous­mane Ngom.

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