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A ce rythme, on ne parlera plus de la, mais des Cojer. Des jeunes de l’Apr ont lancé un courant dénommé Cojer/Nouvelle dynamique pour hâter le départ de Thérèse Faye. Dans cet entretien, Barka Cissé alerte, par ailleurs, le Président Sall par rapport aux «primo-votants» souvent hostiles au pouvoir et qui pourraient le faire débarquer en 2019, comme leurs aînés l’avaient fait pour Diouf, puis pour Wade.

Cojer/Nouvelle dynamique, c’est une nouvelle structure ?
La Cojer/Nouvelle dynamique, c’est la Cojer avec une nouvelle démarche. Il s’agit d’un courant au sein de la Cojer parce que nous avons senti que depuis l’arrivée au pouvoir de l’Apr, la Cojer qui est là est molle. C’est une Cojer qui gère des faits divers, mais jamais une Cojer qui est dans la participation, l’anticipation et la proposition pour accompagner le Président. Tout le monde sait que nous avons eu 49% aux dernières élections législatives. Et nous les jeunes avons une part de responsabilité. La Cojer ne peut même pas porter un quelconque projet pour apporter au Président de nouveaux militants. Première­ment, il y a un problème d’organisation. Deuxièmement, c’est un problème de fonctionnement parce qu’il n’y a que Thérèse Faye. Il n’y a pas de bureau. Et elle-même constitue un blocage parce que son niveau intellectuel ne lui permet pas d’accepter d’autres personnes. Et nous, nous avons dit que si nous devons choisir entre le Président et Thérèse Faye, nous choisissons d’accompagner le Président.

Et comment allez-vous vous y prendre ?
Nous allons mettre en place ce qu’on appelle le collège national des primo-votants qui sera composé des représentants des 45 départements du pays en contact permanent avec le Président. Dans chaque département, il y aura un collège départemental ou chaque commune sera représentée et les représentants des communes vont se charger de recruter dans les écoles et les lycées. Mais ce qui est important, ce sont des jeunes entre 15 et 17 ans. Nous voulons que leur première carte soit dédiée au Président Macky Sall. Nous savons que, quand on est jeune, on est dans la contestation et dans le refus de l’autorité. Nous ne voulons pas que cela arrive. Pour la petite histoire, nos grands frères ont fait débarquer Abdou Diouf ; nous, nous avons fait débarquer Abdoulaye Wade. Si on ne fait pas gaffe, nos jeunes frères vont faire débarquer Macky Sall. Conscients de ce risque, nous avons mis en place le programme des primo-votants pour aller chercher dans le vivier des jeunes pour accompagner le président de la République. Le programme vise à apporter au minimum 25% de l’électorat du Président en 2019.

Dans votre démarche, vous dites rester dans la Cojer, mais avec votre propre structure. Comment les instances de la Cojer ont accueilli cela ?
En vérité, Cojer, dans le sens structurel du terme, n’existe pas. Vous n’entendrez jamais parler d’un chargé de la communication ou d’un membre de bureau.

Est-ce que Marième Babou est membre de votre mouvement ?
Que je sache, elle est dans son propre truc et nous, nous sommes dans la nouvelle dynamique. Maintenant, nos portes ne sont fermées à personne. Nous les ouvrons grandement à Thérèse Faye et Marième Babou. Nous ne sommes pas là pour des intérêts crypto-personnels. Il n’y a que le Président qui est la constante. Tout le reste, ce sont des variables.

Comment avez-vous vécu l’épisode de la démission de Thérèse Faye quelques heures après la formation du gouvernement ?
Il semblerait qu’elle a démissionné. Même si on n’était pas dans cette logique de la Cojer nouvelle dynamique, les jeunes qui continuaient à la regarder comme leur responsable attendent que le président de la République, qui l’avait confirmée à Saly, lui renouvelle publiquement sa confiance. Elle a démissionné, elle n’a pas démissionné, elle doit se prononcer. Et même si elle le fait, son âge ne lui permet plus de diriger la Cojer. Ce qu’elle avait refusé pour les Abdou Mbow, les Thiaye Diaby, la jurisprudence Abdou Mbow la frappe et c’est elle qui avait instrumentalisé cela. Thérèse doit aller rejoindre les cadres.

Vous ne la considérez plus comme votre responsable ?
C’est une grande sœur. Elle n’est pas jeune et on ne peut pas diriger des jeunes si on n’est pas jeune. Et c’est pourquoi le fait qu’elle ne comprenne plus le langage des jeunes, qu’elle ne puisse plus avoir un projet viable et acceptable pour eux fait qu’elle est en déphasage complet par rapport à leurs attentes. Si elle ne voudrait pas que le Président tombe en 2019, elle doit accepter la volonté de la majorité.

Vous êtes candidat à sa succession ?
Je ne suis candidat à quoi que ce soit. Nous sommes candidat pour accompagner le Président, mais pas pour la Cojer. Cependant, je suis prêt à apporter ma contribution à la consolidation des acquis pour que le Président puisse être en phase avec les jeunes. La Cojer est vide, elle est molle, elle n’a pas d’orientation et nous voulons qu’il y ait du contenu. Même si le Président veut qu’elle reste, nous voulons qu’il y ait du contenu. L’agenda politique de Thérèse, ce sont des sorties, des faits divers, attaquer un Mahmoud Saleh, demain attaquer quelqu’un d’autre. Nous ne sommes pas dans ça.

Pour parler de la situation politique à Matam, est-ce qu’il y a toujours cette division entre partisans de Farba Ngom et ceux de Harouna Dia ?
Il n’y a pas de politique, que ça soit à Matam ou ailleurs, sans tiraillement. Malgré leurs divergences, ils n’ont qu’à se retrouver lorsqu’il s’agit des intérêts des Matamois. Ils doivent aider le chef de l’Etat dans la réalisation de ses projets pour les Sénégalais et en faire bénéficier aux Matamois. On a vu le Pudc, le Puma, les bourses familiales, le Prodac…

C’est pour cela que vous voulez être maire de Matam ?
Etre maire de Matam, oui. Parce que nous sommes jeunes et cela fait 17 ans que nous sommes dans la politique. Nous avons vu la souffrance des populations, nous les écoutons, nous les accompagnons. Nous avons senti que les populations souffrent, que la population se sent trahie par ses propres dirigeants politiques. Etant un fils de la localité, j’ai donc pris la décision, avec des jeunes, des vieux, des étudiants et des femmes de briguer la mairie de Matam aux prochaines Locales. Dans ce sens, nous avons mis en place le programme Bc 2019 (Barka Cissé élections locales de 2019) que nous sommes en train de calquer dans les différents quartiers. Et nous avons commencé à développer des projets en termes de santé et d’éducation. Nous sommes en train de distribuer 300 bourses dans la région de Matam. Nous allons mettre en place la mutuelle des vendeuses du marché.

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