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Nous venons d’assister au concert de musique classique du trio autrichien, l’Accio Piano Trio. D’où est partie l’initiative d’inviter ce trio ?
L’initiative de ce concert est bipartite : c’est l’initiative de l’ambassade d’Autriche et du ministère de la Culture à travers l’Ecole nationale des Arts. C’est dans une démarche de relancer l’enseignement de la musique classique au sein de l’Ecole nationale des Arts que nous tenons les «Journées de la Musique classique». Il y a eu le 4 décembre, un atelier de piano avec la pianiste Christina Schei­cher et des élèves dans les classes de piano ; le 5 décembre, un atelier de découverte des instruments à cordes, le violon et la violoncelle, et d’échanges avec les étudiants de l’école et les deux instrumentistes, Leo Mo­rello (violoncelliste) et Clemens Böck (violoniste). Le clou de ces journées, c’est ce magnifique concert du trio auquel nous venons d’assister.

Vous avez parlé tout à l’heure d’échanges. En contrepartie de l’enseignement qu’ils ont reçu du trio autrichien. Ont-ils, eux aussi, appris de nos instruments traditionnels ?
Oui, au cours des échanges qu’il y a eus à l’occasion des ateliers, les élèves ont eu à faire valoir la nécessité de faire… Ce qu’eux ne connaissent pas, le concept de la musique comparée. La musique classique ce n’est pas seulement l’apanage de l’Europe, c’est également une possibilité qu’ont d’autres cultures de faire valoir, leur patrimoine traditionnel, leur folklore. Au Sénégal, on peut effectivement faire de la musique classique avec des instruments traditionnels. Lorsqu’il y a eu cet échange entre les élèves et les musiciens, certains professeurs sont intervenus pour faire comprendre aux élèves qu’il y a bien une possibilité de faire valoir les instruments traditionnels, et le patrimoine traditionnel local à travers une formulation classique.

Cet échange va-t-il se poursuivre et comment ?
C’est tout le souhait des deux parties. Nous avons accueilli l’an passé un jeune pianiste Italien. Cette fois-ci, c’est le trio autrichien, demain ce sont d’autres partenaires. Notre souhait c’est de poursuivre dans la dynamique de la relance des instruments de musique classique mais aussi de la composition et de l’interprétation de ces œuvres. Nous sommes disposés à poursuivre ce partenariat.

Au-delà de ces échanges, y’a-t-il possibilité de faire un mélange réel entre les deux musiques ?
Oui c’est bien possible. Il y a de plus en plus, des ensembles de fusion qui se font avec des instruments traditionnels avec leurs sonorités propres et des instruments européens classiques avec leurs sonorités aussi. Des exemples me viennent en tête. Il y a le koriste sénégalais, Abdoulaye Diabaté, qui a eu à travailler avec un ensemble instrumental allemand. Cet échange a fait l’objet d’une production musicale à travers un Cd. C’est un travail que nous aussi nous envisageons à moyen terme à l’Ecole nationale des Arts.

La musique classique a-t-elle de beaux jours au Sénégal ?
C’est un travail à entreprendre parce que c’est éducatif. On a de l’espoir, parce qu’on a eu de bons échos de la part des élèves. Avec le temps, si ce travail est soutenu et maintenu, ça portera ses fruits.
aly@lequotidien.sn

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