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Cheikh Bakhoum n’est pas contre l’audit de la gestion de Diouf Sarr et de Mansour Faye tel que demandé par la députée Aïda Mbodj. Mais pour l’heure, souligne le directeur de l’Adie, les autorités sont concentrées sur la riposte et la relance de l’économie face au Covid-19. Dans cet entretien, le responsable de l’Apr et membre de la Convergence des cadres républicains charge la mairie de Grand-Yoff sur la gestion de la pandémie dans cette commune.

Soutenez-vous la proposition de Aïda Mbodj qui demande à l’Assemblée nationale d’auditer la gestion de Diouf Sarr et Mansour Faye dans le cadre des programmes de lutte contre le Covid-19 ?
Il y a un temps pour tout. Nous sommes au temps de l’action. Dans un contexte d’urgence et de crise sanitaire, les autorités étatiques, chacune dans son domaine, sont en train de dérouler des activités pour porter assistance d’une quelconque manière aux populations. Ces autorités bénéficient de la confiance du chef de l’Etat qui leur a confié cette noble et lourde responsabilité. Je ne doute point qu’elles sauront être à la hauteur de cette confiance. Il faut rappeler que les fonds pour la lutte contre le Covid-19 proviennent non seulement du budget de l’Etat, mais aussi de l’ensemble des contributions effectuées par les différents segments de la population à travers un élan de solidarité nationale. La transparence est érigée en règle dans la gestion de ces fonds. A l’heure du bilan, je pense que toutes les personnes qui ont eu à gérer ces ressources rendront certainement compte, que ce soit devant l’Assemblée nationale ou par un autre canal.

N’est-il pas plus judicieux pour le ministre de la Justice de démissionner après les accusations de connivence avec la famille Farès ?

Tout le monde sait que la fonction de ministre ne s’accommode pas d’une autre activité professionnelle privée. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire que le ministre Malick Sall démissionne dans la mesure où, au moment de ces faits, il n’était plus le conseil de la famille Farès.

Cheikh Yérim Seck a finalement bénéficié d’un contrôle judiciaire. Pourquoi arrêter ce journaliste alors que les mis en cause dans ce dossier sont libres ?

Il est heureux de constater qu’il a recouvré sa liberté, même s’il est placé sous contrôle judiciaire. Mais je vous invite à ne pas faire d’amalgame entre ces deux affaires. Comparaison n’est pas raison. Les faits énoncés et les accusations ne sont pas les mêmes. Pour le «cas Cheikh Yerim Seck», il s’agit d’un journaliste qui a fait une déclaration qui sème le doute sur une institution comme la Gendarmerie nationale. A charge maintenant pour lui d’apporter les preuves de ses allégations. Il doit pouvoir le faire tout en protégeant ses sources s’il le veut. Des propos aussi graves ne devraient être avancés sans fondement. Les journalistes ne devraient pas non plus se cacher derrière le principe de la liberté d’expression et de la protection des sources pour faire toutes sortes de déclarations sans pour autant rendre compte. Ce serait, pour moi, la porte ouverte à la diffusion à outrance de fake news, à la diffamation et aux accusations injustifiées.

Le régime de Macky Sall a-t-il bradé le foncier du littoral ?

En tant que Dakarois, je pense que ce point doit être pris au sérieux. Les questions de terre sont extrêmement sensibles qu’il faut les traiter avec beaucoup de responsabilité et moins de légèreté possible. Il faut qu’on parle de faits. Au niveau du littoral, nous avons des constructions depuis Léopold Sédar Senghor. Maintenant, il se pose de plus en plus le problème lié à l’accès à la mer, au niveau de la Corniche ouest. Il est temps que le gouvernement réfléchisse sur du long terme, même si tout ne peut être fait maintenant. A l’image des grandes capitales, nous devons avoir des master plans sur 10, voire 20 ans. On pourra voir quelles sont les zones où habiter ou faire du commerce. Il y aura aussi des espaces aménagés pour la pratique du sport. Si on arrive à faire ces master plans, on pourra éviter toutes ces difficultés. Grand défenseur de l’environnement, le Président Macky Sall a demandé un diagnostic approfondi sur tout ce qui s’est passé dans cette zone. S’il y a des manquements, ils seront corrigés.

Vous parlez de projets mais le maire de Mermoz-Sacré Cœur, Barthélemy Dias accuse le pouvoir de faire main basse sur ce foncier…

J’attends de voir des preuves. Ce sont des accusations politiciennes qui ne correspondent pas à la réalité. Je ne suis pas de ceux qui jettent l’opprobre sur le régime socialiste, le régime libéral ou sur l’actuel régime. Il faut faire un état des lieux à tous les niveaux. Que ça soit sur le plan environnemental ou dans le cadre de l’urbanisation.

Grand-Yoff compte beaucoup de cas communautaires liés au Coronavirus. Que faites-vous pour freiner la contamination ?

La meilleure façon de faire reculer le Covid-19, c’est la sensibilisation pour l’adoption des gestes barrières. A Grand-Yoff, on voit encore des rassemblements inutiles autour du thé, dans les espaces publics. La population vit majoritairement dans la promiscuité et, par conséquent, il est difficile de respecter la distanciation physique. Mais il serait bon que l’on conscientise davantage les habitants de Grand-Yoff pour le respect des mesures barrières. Nous nous sommes inscrits sur cette lancée. Outre l’appui de l’Etat dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 à Grand-Yoff, nous avons à notre niveau effectué des actions en termes de sensibilisation, d’appui en matériel de protection sanitaire pour les populations et le Samu municipal, de distribution des vivres, entre autres. Récemment, nous avons lancé avec le Pr Djiby Diakhaté le Navétane-Covid pour renforcer la démarche communautaire. Nous sommes aujourd’hui malheureusement au regret de constater que la mairie n’a aucune stratégie locale pour vaincre le Covid-19 et stopper ces transmissions communautaires. A mon humble avis, la mairie de Grand-Yoff ne prend pas suffisamment en charge les problèmes de la population de Grand-Yoff. Elle occulte énormément de questions de développement au sein de la commune. Les rares actions qu’elle effectue sont dans le domaine social et là encore, à un niveau très insuffisant. Il y a beaucoup de choses à faire à Grand-Yoff en termes d’infrastructures, d’emploi des jeunes, de santé, d’aménagement et de cadre de vie, de formation, de sécurité… car Grand-Yoff à une population d’au moins 450 000 habitants. L’équipe municipale n’a pas une bonne vision de ce que Grand-Yoff devrait être en tant que commune qui aspire à être émergente. On ne sent pas une certaine coopération entre la commune de Grand-Yoff et les autres localités, que ce soit au niveau national et international. La mairie a tout intérêt à revoir sa copie, peaufiner une bonne stratégie pour que les Grand-yoffois ne soient pas des personnes qui traînent un grand complexe d’infériorité face aux habitants des autres communes de Dakar.

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