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Les prochaines élections territoriales seront âprement disputées à Mbour. Le directeur général de l’Agence de développement municipal (Adm), Cheikh Issa Sall, a d’ores et déjà déclaré sa candidature à la mairie. Le leader du mouvement Amdem, responsable de l’Apr, qui dresse un bilan catastrophique de l’équipe sortante, se met dans les habits d’une alternative.

Vous êtes candidat déclaré à la mairie de Mbour. Quelles sont les raisons ?
Pour les prochaines élections locales, j’ai déjà déclaré ma candidature pour la mairie de Mbour. Nous avons également décidé que le mouvement Amdem ca kanam sera présent sur toute l’étendue du territoire départemental et, de ce fait, investira des candidats dans les 16 communes du département. Nonobstant cette position de principe, il reste évidemment entendu qu’Amdem demeure fortement ancré dans Benno bokk yaakaar. Nous sommes également ouverts pour aller en coalition avec des structures membres ou sympathisantes, partageant les mêmes valeurs que Bby.

Pourquoi voulez-vous devenir le maire de Mbour ?
Je tiens d’entrée à préciser qu’être maire de Mbour n’est pas une fin en soi. Seulement, je considère, eu égard à mon profil et à mon parcours professionnel, que j’ai l’obligation sacerdotale, en toute modestie et humilité, de faire bénéficier à ma chère ville la riche expérience que j’ai pu capitaliser durant toutes ces années. De plus, étant fils de Mbour, je n’ai cessé depuis 2001 et même bien avant d’appuyer sur le plan social et à travers diverses et multiples activités nos concitoyens. Ces activités que j’ai inlassablement déployées durant de nombreuses années, avec mes propres moyens et sans tambour ni trompette, m’ont permis d’être au contact direct de nos braves et dignes populations. Elles m’ont également aidé à bien appréhender les difficultés auxquelles elles sont individuellement et collectivement confrontées, de même que leurs volontés et leurs légitimes aspirations pour des lendemains meilleurs. Je peux aussi dire qu’elles m’ont édifié sur l’ensemble des problématiques et l’immensité des défis qui interpellent dans tous les domaines notre cité et, au-delà, l’ensemble du département de Mbour. Ces défis concernent quasiment tous les secteurs que sont la santé, l’éducation, l’emploi, la pêche, l’environnement, la mobilité urbaine, la jeunesse et les sports, l’assainissement, la culture, etc. Cet engagement politique intervient, faut-il le préciser, au moment où le président de la République nous y a invité, car estimant que nous sommes capables de l’accompagner dans son ambition de faire du Sénégal un pays émergent en 2035.

Si vous devriez faire un bilan de la gestion municipale, quel serait-il ?
Au regard de l’état de décrépitude avancé et la léthargie dans laquelle se trouve actuellement Mbour, on peut sans risque de se tromper en déduire que l’équipe municipale, en place depuis 10 ans, a fini de montrer ses limites. Pis encore, elle n’a pas pu gérer efficacement l’héritage des grands et illustres maires bâtisseurs que Mbour a connus par le passé. Je voudrais à nouveau leur rendre un vibrant hommage. Il n’y a aucun secteur où elle a fait preuve de réussite, malgré les immenses opportunités dont regorge cette ville et les possibilités offertes par l’Acte 3 de la décentralisation. Pour s’en convaincre, il suffit, avec cette saison des pluies, de se promener dans le centre-ville et dans tous les autres quartiers pour se rendre compte que les eaux de ruissellement stagnent partout. La majorité des quartiers souffrent des inondations, du fait de l’inexistence de réseaux de drainage. Au plan social, les populations mbouroises continuent, dans leur grande majorité, à souffrir dangereusement du sous-emploi et peinent à sortir de la pauvreté, car l’équipe municipale actuelle n’est pas en mesure de valoriser les énormes potentialités qui sont la raison de l’attractivité de cette ville. Il n’est pas un seul secteur entrant dans les compétences municipales où l’on peut délivrer un satisfecit à l’actuelle maire de Mbour. Aujourd’hui, force est d’admettre que cette équipe municipale semble être dépassée par l’ampleur des défis à relever et ne cesse de montrer son incapacité à prendre en charge les légitimes aspirations des Mbourois. Pour toutes ces raisons, nous considérons qu’après deux mandats très infructueux, elle doit céder la place à une nouvelle équipe composée d’hommes et de femmes compétents, engagés et déterminés à donner à la capitale de la Petite Côte sa place de ville locomotive du département de Mbour, voire de la région de Thiès.

Après ce bilan, quelle est votre vision pour faire de Mbour une ville émergente ?
Comme je l’ai évoqué ci-avant, Mbour doit sortir de sa longue léthargie et se repositionner comme une métropole moderne, capable de rivaliser avec toutes les autres grandes villes sénégalaises. Le chef de l’Etat offre à Mbour une belle opportunité pour qu’elle prenne enfin son envol sur tous les plans, à travers entre autres les grands projets structurants du Plan Sénégal émergent (Pse), parmi lesquels peuvent être cités l’autoroute Diamniadio-Mbour-Kaolack, l’aéroport Blaise Diagne, les nouvelles stations touristiques comme Pointe Sarène, etc. Dans notre vision de faire de Mbour une ville émergente, il est évident que nos efforts iront dans le sens de faire en sorte qu’elle tire le maximum de profits de ces grands investissements fortement polarisants et de ceux identifiés dans le cadre de l’étude relative au triangle Dakar-Thiès-Mbour. C’est ainsi que nous avons déjà conçu beaucoup de projets qui sont en adéquation avec ces investissements majeurs qui contribuent à donner de nouvelles perspectives économiques et sociales à Mbour.

Nous allons parler de feu Ousmane Tanor Dieng qui était le régulateur du dispositif de Bby dans le département. Comment comptez-vous combler le vide qu’il a laissé ?
Vous me donnez l’occasion, une fois encore, de rendre un vibrant hommage et de prier pour feu Ousmane Tanor Dieng. Qu’Allah le Tout-Puissant, dans sa miséricorde infinie, l’accueille dans son paradis éternel. Grand homme d’Etat, il a été pour nous un père, un oncle et surtout une référence, un modèle à suivre à tout point de vue. Sa disparition est une énorme perte pour le Sénégal, mais aussi pour le département de Mbour. Compte tenu de l’immense travail qu’il abattait inlassablement dans tous les domaines pour conforter la prééminence de Benno bokk yaakaar, il est évident qu’il nous a laissé un grand vide qui sera difficile à combler. Aussi, prenons-nous l’engagement de perpétuer son œuvre, armés de sa démarche, de ses conseils et de ses orientations.
Il inspirait le respect et tout le monde l’estimait. Ce qui lui permettait d’assurer avec aisance son rôle de régulateur et de fédérateur au sein de Bby.

Lors des élections locales de 2014, l’Apr avait perdu à cause de la dispersion de ses forces. Ne craignez-vous pas de perdre encore, surtout avec les listes parallèles ?
En politique, il ne faut jamais baisser la garde, encore moins s’installer dans un optimisme béant, se croire définitivement installé en terrain conquis et dormir sur ses lauriers. La politique requiert une vigilance de tous les instants et un travail permanent sur le terrain, auprès des militants, des sympathisants et des citoyens. C’est conscient de cela que dès le lancement, il y a quatre ans, du mouvement Amdem ca kanam, nous nous sommes attelés à sa massification et à son implantation dans tous les coins et recoins de Mbour et dans toutes les communes du département. De ce fait, nous pouvons affirmer, avec la modestie qui sied, que nous sommes confiants et optimistes quant aux chances d’Amdem de pouvoir remporter, quelles que soient les listes et coalitions en présence, les élections locales avec un taux très honorable. Nous avons ainsi, dès le début, évaluer et tirer des enseignements des élections précédentes en ce qui concerne plus particulièrement la dispersion et la fragmentation des forces, notamment celles de Bby. C’est profitant de cette situation qu’une une liste concurrente, totalisant moins de 15% des voix, avait pu rafler la mise et à l’actuel maire de rempiler. Actuellement, nous considérons qu’Amdem regroupe, à lui seul, plus de la majorité des électeurs de Mbour ; ce qui fait que ce risque est pratiquement écarté. Toujours est-il que nous continuons à renforcer cette massification du mouvement et à rencontrer des responsables politiques, notamment ceux de Bby, qui sont nombreux à vouloir aller avec nous dans le cadre d’une grande coalition pour ces élections locales, aussi bien pour Mbour que les autres communes du département.

Peut-on s’attendre à ce que vous travailliez pour une seule et unique liste de l’Apr ?
C’est cela la solution idéale que nous appelons de tous nos vœux, car je suis persuadé que c’est ce que souhaite notre leader, le président de la République.
C’est pour cette raison que j’ai fait état des initiatives que nous déployons pour nous rapprocher des autres leaders de l’Apr et de Bby pour pallier tout risque d’aller vers les élections en ordre dispersé. Nous allons ainsi continuer à poursuivre les discussions pour avoir une seule liste qui va regrouper toutes les obédiences et sensibilités de Bby. Au cas où ces efforts n’aboutiraient pas, le mouvement Amdem, en relation avec les responsables avec lesquels nous avons signé des protocoles d’accord, se présentera aux élections. Je n’ai aucun doute qu’avec cette coalition, nous pourrons largement gagner les élections à Mbour et avoir des scores très honorables dans les autres communes du département.

Est-ce qu’Amdem a les moyens de gagner les 16 communes du département ?
Il convient d’être réaliste car, exceptée Mbour, nous ne pourrions pas remporter seuls les élections dans les 15 autres communes du département. Toutefois, il importe d’admettre que notre mouvement jouera un rôle extrêmement important dans toutes les communes, compte tenu de sa forte implantation dans tous les coins et recoins du département. La preuve, lors du parrainage dans le cadre de la dernière élection présidentielle, nous avions eu un nombre considérable de signatures dans toutes les communes. Donc, pour les prochaines élections, Amdem se présentera seul ou dans des coalitions. En tout état de cause, ce qui est sûr, c’est qu’au niveau de la commune de Mbour, nous allons, par la grâce d’Allah, remporter très largement les élections. Les voix engrangées à cet effet, additionnées à celles obtenues dans les autres communes, nous permettront également de remporter haut la main l’élection départementale.

En tant que commune, est-ce que Mbour a eu à bénéficier de l’appui de l’Agence de développement municipal ?
Effectivement, Mbour a régulièrement bénéficié des programmes pilotés par l’Agence de développement municipal (Adm) depuis le Programme d’appui aux communes (Pac), le Programme de renforcement et d’équipement des collectivités locales (Precol) et actuellement le Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen). Ainsi, figurant parmi les 123 villes et communes pilotes du Pacasen formulé sous mon magistère, un budget conséquent est alloué à Mbour ; ce qui lui permettra de réaliser des projets dans beaucoup de domaines, si elle atteint annuellement les Conditions minimales obligatoires (Cmo) et les Indicateurs de performances (Idp) exigés. Comme beaucoup d’autres collectivités territoriales, l’Adm a permis à la commune de Mbour de se doter enfin d’un Plan de développement communal (Pdc), après l’avoir accompagnée pour la réalisation d’un audit urbain, organisationnel et financier. Dans la même veine, en relation avec la coopération espagnole, l’Adm a initié un important projet de rénovation et de modernisation de l’aire de transformation de produits halieutiques du Mballing.

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