PARTAGER

De retour en sélection, après deux ans d’absence, Coumba Sarr sera l’une des pièces maitresses de l’Equipe nationale féminine pour le Tournoi international de Chine qui débute ce mercredi. Championne d’Afrique à Madagas­car, l’ailière des Lion­nes espère retrouver sa place au sein de la Tanière et gagner à nouveau le titre continental lors du prochain Afrobasket au Mali, en septembre prochain.

Vous étiez absente lors du dernier Afrobasket où les Lionnes ont été championnes d’Afrique. Vous retrouvez la sélection pour le Tournoi international de Chine. Qu’est-ce qui motive ce retour ?
Je me sens chez moi, quand je suis en Equipe nationale. C’est ma maison, c’est là où j’ai grandi et connu des moments merveilleux dans ma carrière. C’est vrai que je n’étais pas là l’année dernière. Ça arrive à tout le monde d’être absent pour une période. On ne peut pas tout le temps être disponible. C’est comme ça la vie. Il y a les blessures, la vie en club, la vie de famille. Parce qu’au-delà du basket, il y a aussi autre chose. Pour mon cas, c’était la maternité. Ensuite, j’ai été blessée. Cela a pris un peu de temps et je ne voulais pas revenir en sélection avec une baisse de forme. Quand on vient en sélection, il faut être à 100 % de ses moyens. J’en ai donc profité pour me consacrer à ma famille, bien me soigner et ensuite signer trois ans avec mon club. Voilà les raisons de cette absence. Aujourd’hui, je me sens prête et c’est la raison pour laquelle, j’ai répondu à l’appel du sélectionneur.

Comment avez-vous vécu cette période, loin de la Tanière ?
Il y a toujours un choix à faire dans la vie. Il fallait que je m’occupe de ma vie privée. En plus m’occuper de ma vie professionnelle. Juste après la maternité, je ne pouvais pas revenir aussitôt en sélection. Et pourtant, c’est à la même période que mon club m’a proposé un nouveau contrat de trois ans. A l’époque, j’en avais parlé au sélectionneur et il avait compris. C’était un peu difficile parce que je pensais souvent à l’Equipe nationale. J’avais envie de rejoindre le groupe et de disputer l’Afrobasket. Mais ce n’était pas possible. Je n’étais pas à 100%. Par la grâce de Dieu, les filles ont réussi à décrocher un autre titre. C’était quelque chose de très fort. J’avais vécu ces mêmes moments à Mada­­­gascar. Par la suite, j’ai pu faire une bonne reprise avec mon club, le moment venu. Je pense avoir réalisé une bonne saison. J’aurais pu être là pour les Jeux Olympiques de Rio, mais c’est à quelques journées de la fin du championnat que je me suis blessée. Aujourd’hui, j’effectue mon retour en sélection et je rends grâce à Dieu.

Déjà championne d’Afri­que, vous faites partie des cadres. Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui ?
C’est toujours un plaisir de retrouver l’ambiance de la Tanière. On a un super bon groupe et un excellent coach. C’est suffisant pour avoir toujours cette envie de répondre à la sélection. Cela fait des années qu’on joue ensemble. Il y a aussi la motivation de la famille. Et tant que j’aurai la force, la condition et la santé de jouer, je serai là. Je ne me préoccupe pas de l’âge. Je me dis simplement que tant que j’ai les jambes pour jouer au basket, je le ferai. Et je pense que tant que je joue en club, je pourrai venir en sélection parce que je serai toujours animé par la même détermination.

Votre prochain objectif ?
J’espère pouvoir continuer à apporter un plus à l’Equipe nationale. C’est ce qui m’a poussée à revenir. Je pense être toujours en mesure d’apporter quelque chose à cette équipe. Et j’espère être dans le groupe qui va remporter le titre au Mali. C’est un objectif personnel. Gagner l’Afrobasket au Mali sera une belle récompense.
Vous revenez pour le tournoi de Chine. Dans l’équipe, il y a beaucoup de jeunes. D’autres avant elles ont également rejoint la sélection.

Comment appréciez-vous tout cela ?   
Je ne connais pas trop les jeunes qui viennent d’arriver. Egalement lors du tournoi de Rio je n’ai pas eu l’occasion de voir les autres qui étaient là. Mais c’est tout à fait normal que d’autres jeunes viennent rejoindre la sélection. Cela ne va que renforcer le groupe. Que toutes tirent dans la même direction. Que les jeunes suivent les conseils des anciennes et que les anciennes leur apportent le soutien nécessaire pour leur bonne intégration. Le plus important, c’est que le Sénégal reste l’une des meilleures équipes du continent.

On sent une certaine complicité entre vous les anciennes et le coach Moustapha Gaye…
Tapha Gaye, c’est quelqu’un de très sincère. Juste pour vous dire que j’avais décliné la sélection après ma présélection, pour des engagements ailleurs. Et quand cela a été annulé, il n’a pas hésité un seul instant à me reprendre dans le groupe, quand je l’ai informé. Au contraire, il a tout fait pour que je sois dans le groupe. Coach Tapha on le connait depuis longtemps maintenant. On connait les qualités humaines de la personne, au-delà du technicien. Même si par moments, ça peut être très tendu, on finit toujours par nous retrouver autour de l’essentiel, c’est-à-dire l’Equipe nationale du Sénégal.

Comment ça se passe en club ?
Tout va bien. Comme j’ai dit, je viens de réaliser une bonne saison. Je viens de signer un autre contrat de deux ans avec la même équipe. Je me sens bien dans ce club espagnol. C’est mon club de cœur. Cela fait quand même huit ans que je suis là-bas. Ils savent que c’est dans ce club que je vais finir ma carrière. On ne sait jamais dans la vie. Mais je crois que ça ne va pas changer. Je suis en parfaite synergie avec mes dirigeants. Nous avons la même ambition de continuer à collaborer dans le long terme.

Et comment ça se passe pour les autres Sénégalaises qui sont en Espagne ?
Ce n’est pas évident. Mais j’avoue que je n’en vois pas beaucoup en championnat. Il y a Aya (Traoré) qui venait par moments avant de retourner. Astou Traoré a joué dans mon équipe l’année dernière, pendant deux mois. Il y en a qui jouent en Ligue 2. Sinon, dans l’’ensemble, la plupart joue en France.

Justement, quel est le conseil que vous donneriez aux jeunes qui aspirent à rejoindre l’Espagne ou en général l’Europe ?
La première des choses, c’est de faire bien attention au club où ils vont signer. Souvent, parce qu’on vient d’Afrique, le jeune n’est pas bien payé, n’est pas mis dans les meilleures conditions. J’en vois énormément de cas. Qu’ils prennent très au sérieux leurs études. C’est plus facile avec les études de pouvoir réussir dans le basket.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here