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Le Magal de Touba, qui marque le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, sera célébré le 8 novembre prochain. Le ministre de la Santé et de l’action sociale a entamé lundi, une visite de travail au niveau des services déconcentrés de la capitale du mouridisme. Le Quotidien a rencontré le médecin-chef de la région médicale de Diourbel. Docteur Balla Mbacké Mboup fait le point sur l’état des préparatifs du Magal. C’était au sortir d’une rencontre mettant en place un plan de communication.

A moins de deux semaines de la célébration du Magal, quel est le dispositif mis en place pour une bonne couverture médicale de cet événement ?
Le dispositif, qui sera mis en place, va être constitué de structures de santé, de personnel, de médicaments et de logistique. Pour ce qui concerne les structures de santé, il y aura 165 points de prestation de santé constitués de tous les hôpitaux de la région, des centres de santé, des postes de santé mais aussi de toutes les structures de santé qui sont sur les axes qui mènent à Touba. Il s’agit des hôpitaux de Kaolack, Thiès et Louga. Ce sont des hôpitaux qui seront dans le dispositif. Ils prennent souvent en charge les accidentés. Ils seront appuyés pour cela. Si l’on comptabilise les Postes médicaux avancés (Pma), ça fera 165 points de prestation de santé.
Pour le personnel, on aura 2 500 agents mobilisables parmi lesquels 95 spécialistes qui viennent pour renforcer les hôpitaux de Diourbel et Touba. Ce sont des urgentistes, des réanimateurs, tout ce qui touche aux principales maladies qu’on rencontre telles que les traumatismes, les accidentés.
Pour les médicaments, nous avons une dotation de 62 millions avec lesquels, on va appuyer les hôpitaux, les centres de santé. Pour la logistique, il y aura les ambulances du Samu et les ambulances des structures de santé de la région. Elles seront au nombre de 50.
Cette année, nous comptons avoir un hôpital militaire mobile, l’équipe est passée hier (Ndlr : l’entretien a eu lieu le vendredi). En plus des hôpitaux de campagne, l’Armée va déployer un hôpital mobile de niveau deux qui sera pré-positionné vers l’héliport.  C’est cela le dispositif pour cette année.
Un plan de communication a été élaboré. Sur quoi allez-vous mettre l’accent ?
Tous les problèmes que rencontrent les pèlerins dès qu’ils quittent leur maison jusqu’à leur séjour à Touba et leur retour chez eux. C’est pourquoi, on a associé tous les secteurs pour faire une approche multisectorielle parce que quand le pèlerin quitte, le premier contact c’est le transport et tout le monde sait que les transports causent beaucoup de dégâts  pendant le Magal, aussi bien à l’aller qu’au retour.
Une fois que les pèlerins sont à Touba, il faut analyser le contexte de la ville, nous sommes en période d’hivernage, il faut se protéger contre les moustiques mais aussi se protéger contre le soleil. Il faut amener son moustiquaire si c’est possible, boire beaucoup d’eau et éviter la poussière. L’essentiel des conseils, c’est tout ce qui tourne autour de l’hygiène. Hygiène de l’alimentation, hygiène de l’eau, hygiène des mains. Vraiment là, il faut faire beaucoup de communication autour de l’hygiène, parce que le principal risque au cours de ces rassemblements, c’est le risque de maladies liées aux mains sales, au péril fécal, évidemment d’autres maladies infectieuses qui peuvent profiter du Magal pour circuler étant donné que le Magal a une dimension internationale. Nous devons veiller à ce que d’autres maladies exportées ne  viennent s’y installer.
Les moyens sont-ils suffisants ?
Au Magal de Touba, les moyens ne sont jamais suffisants.
Le budget a été réduit cette année. D’ailleurs, vous aviez envisagé de réduire certains points de prestation de santé. Comment comptez-vous vous en sortir ?
Pour le budget, nous avons deux rubriques. Ce qu’on donne à la région médicale pour les événements religieux. Et ce que le ministère des Finances complète pour le Magal. C’est le tout qui faisait 165 millions. Pour cette année, on a eu une réduction du budget de la Région médicale. Ce qui veut dire que pour que les 165 millions soient complets, il faut que les Finances prennent le reliquat. Il faudrait qu’elles donnent 7 voire 8 millions de nos francs.
Sur le principe, c’est Ok. Le ministre des Finances a pris l’arrêté pour qu’au moins, on n’ait pas moins que ce que nous avions l’année dernière parce que le Magal, c’est toujours des moyens additionnels. Si on ne peut pas mettre plus, au moins qu’on ait ce que nous avions. Le Magal, c’est plus de ressources additionnelles. Evidemment, il faut qu’on resserre.
Les postes médicaux avancés ont-ils été réduits ou bien ?
On ne peut pas les réduire. Mais, nous avons constaté que certains postes ne fonctionnaient pas. Et, nous avons été obligés de revoir cela, parce qu’un poste médical avancé, c’est au minimum 120 mille francs de médicaments, un infirmier, un secouriste, une tente, un matelas, une table. Tout cela, c’est un coût. Ce n’est pas moins de 500 mille francs pour un Pma qui a moins de 10 personnes pour un Magal. On sait que ce n’était pas la peine. Mais, c’est très difficile de supprimer un Pma parce qu’il y a toujours un chef religieux derrière. Les Pma sont validés par le district. On ne supprime pas, on n’augmente pas. C’est le district qui a la latitude de dire qu’on met ici ou là un Pma. Evidemment, on surveille parce que si on met beaucoup de Pma qui sont hors de portée de notre budget, cela pose problème. Cette année, on s’est rendu compte qu’il y a des Pma qui accueillent entre dix et vingt patients par jour, cela n’est pas viable. On va le maintenir mais on va diminuer les ressources, parce qu’on a constaté que souvent il reste des médicaments mais les gens ne les ramènent pas.
L’hôpital Matlaboul Faw­zény était confronté à un problème de scanner. La doléance a-t-elle été satisfaite ?
Ce sera sous peu un vieux souvenir. Un nouveau scanner est sur place. L’hôpital a déjà aménagé une salle pour cela. La Direction des infrastructures et des équipements est déjà sur place. Il y a une équipe qui s’occupe de cela pour faire le montage du nouveau scanner. Je pense qu’avant le Magal, le scanner sera fonctionnel.
A partir de quand allez-vous déployer vos équipes ?
A jour J moins trois, parce que la durée du dispositif, c’est 5 jours. C’est deux jours avant le Magal, le jour du Magal et deux jours après le Magal.

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