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Candidat à la mairie Thiès-Nord, Habib Niang, président du mouvement And suxali senegaal, membre de la majorité présidentielle, pense que «l’élection des maires au suffrage universel direct va régler une bonne fois le lobbying constaté après le choix des électeurs». L’ingénieur géologue et chef du bureau du Cadastre de Guédiawaye, qui revient dans cet entretien sur sa candidature à la mairie Thiès-Nord, estime que depuis 2004, date à laquelle Idrissa Seck a été porté à la tête de la mairie, «il n’y a pas eu un grand changement dans la commune Nord».

Vous avez récemment annoncé votre candidature à la commune Nord. Vous la maintenez ?
Oui je maintiens ma candidature. Je vais me présenter à la mairie de Thiès-Nord. Je n’ai rien changé de mes projets. Nous y travaillons et vous serez informés des évolutions. Mais sachez d’ores et déjà que Habib Niang sera candidat pour la conquête de la zone nord !

Pensez-vous vraiment que vous avez des chances de venir à bout des lieutenants de Idrissa Seck qui dirigent la commune depuis 2004 ?
Le mouvement And suxali senegaal que je dirige travaille depuis deux ans. Nous sommes toujours sur le terrain. Ce sont les Thiessois, notamment les habitants de la zone nord, qui ont porté ma candidature pour les prochaines élections locales. Les femmes et les jeunes de mon mouvement m’ont remis 5 200 signatures pour parrainer ma candidature. Et ils continuent d’investir le terrain pour massifier le mouvement. Certes depuis 2004 la commune Thiès-Nord est entre les mains des Rewmistes, mais cette fois-ci, je compte bien changer la donne.

Le hic est que lors de la dernière Présidentielle du 24 février 2019, votre coalition, Benno bokk yaakaar, a été battue par le candidat de la coalition Idy 2019 ? Qu’en dites-vous ?
Cet échec est dû à la désunion qui gangrène la coalition Benno bokk yaakaar à Thiès. Mais aujourd’hui, nous avons tiré les leçons. Et je crois que pour les prochaines élections, il y aura beaucoup de changements, car je ne cesserai de le dire : c’est ensemble que nous allons gagner, pas le contraire.

Votre candidature a-t-elle les chances d’être portée par cette coalition présidentielle dont vous êtes partie prenante ?
Je n’en doute pas. Je sais que mes camarades de coalition ne verront aucun problème à soutenir ma candidature d’autant plus que nous sommes dans la même barque.

Habib Niang face à Idrissa Seck à Thiès, n’est-ce pas là un pari très risqué ? Comment comptez-vous vous y prendre ?
Nous sommes sur la bonne voie. Je ne crois pas que ce soit un pari risqué parce que depuis la création du mouvement And suxali senegaal il y a deux ans, j’ai fini de marquer les habitants de la zone nord et environs. Toute modestie mise à part, Habib Niang n’est plus à présenter à Thiès. And suxali senegaal est présent dans toutes les couches sociales, que ce soit chez les familles religieuses, les jeunes et les femmes. Et j’ai l’intime conviction que mon staff et tous les membres vont continuer d’investir le terrain pour que la mairie de Thiès-Nord soit entre nos mains.

A quelques mois de la fin du mandat du maire Lamine Diallo, que pourrez-vous tirer de son bilan ?
De 2004 à nos jours, il n’y a pas eu un grand changement dans la commune Nord. Partout où je vais, c’est le même son de cloche : les populations ne se sentent pas dans sa gestion. La preuve, il n’y a pas de politique de développement socio-économique, surtout en faveur de la jeunesse et des femmes alors que la zone Nord regorge de beaucoup de potentialités.

Quels sont vos projets pour la mairie de Thiès-Nord ?
Le seul projet qui me tient à cœur, c’est de tout faire pour que Thiès fasse partie des villes émergentes. Un projet qui va commencer dans la zone Nord, si toutefois je suis élu. Je ferai de mon mieux pour participer à résorber le chômage des jeunes et l’autonomisation des femmes. Pour cela, nous avons déjà formé plus de 250 groupements de femmes sur la transformation de produits (savons, huile de carottes et céréales locales). Aussi, 200 jeunes ont bénéficié d’une formation en informatique et bureautique afin de faciliter leur intégration dans le milieu de l’emploi. Nous devons utiliser la politique et la gestion de la mairie afin que les citoyens se sentent concernés et impliqués dans les choses de la cité.

Partagez-vous la décision des autorités de repousser les élections locales ?
Le report des élections, même si c’est pour le respect de la loi électorale, n’est pas une bonne idée. Nous sommes sur le terrain depuis la réélection du Président Macky Sall pour préparer les Locales. Mais quelle que soit la date à laquelle elles se tiendront, nous serons prêts.

Les maires devraient être élus au suffrage universel direct si le consensus est trouvé. Que vous inspire cette idée agitée depuis quelque temps ?
Cette décision, si elle est avérée, va régler une bonne fois le lobbying que l’on constate lors des élections des maires après le choix des électeurs. Je ne peux pas trop m’avancer sur la question puisque c’est une idée qui est agitée. Mais d’emblée, je suis d’accord avec cette décision.

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