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Sans langue de bois, le coordonnateur du Rassemblement pour le peuple (Rp) dans le département de Foundiougne porte un regard critique sur la gestion de la crise née de la pandémie du Coronavirus. Dans cet entretien réalisé par mail, Issa Ba est aussi revenu sur la gestion du port de Foundiougne inauguré en juillet 2015 et dont la mise en service est annoncée pour mars 2021.

Depuis un bon moment, on n’entend presque plus parler du Rassemblement pour le Peuple (Rp), notamment dans la région de Fatick. Qu’est-ce qui explique cette léthargie ?
Rien ne se passe. Le Rassemblement pour le peuple (Rp) est un parti politique certes, mais nous savons les moments opportuns pour faire de la politique. Nous sommes dans Benno bokk yaakaar (Bby) et soutenons la politique du chef de l’Etat. Or cette coalition a son porte-parole, le gouvernement a le sien tout comme le président de la République. La vision du Rp dans la situation politique et la gestion des affaires administratives du pays sont soumises à ces différents porte-parole. Donc, à chaque fois que des questions nécessitent une prise de position publique du Rp, nous le faisons dans nos instances dédiées.

De manière générale, comment jugez-vous la gestion de la pandémie du Covid-19 par les autorités ?
Elle a été bien gérée pendant les deux premiers mois de son apparition dans notre pays. Cela, à travers la proclamation de l’Etat d’urgence assorti de plusieurs mesures comme le couvre-feu, l’interdiction de tous les rassemblements publics comme privés, la fermeture de toutes les frontières, la suspension des prières dans les lieux de culte, l’interdiction du transport interurbain, la mobilisation de fonds pour la riposte (Force Covid-19), entre autres. Mais j’avoue qu’après cette volonté affichée de faire face à la pandémie, on a noté quelques manquements de la part du gouvernement qui, par exemple, aurait dû procéder à un confinement systématique des villes de Dakar et Touba pendant au moins 20 jours pour circonscrire la maladie. Par rapport à l’aide alimentaire, notre idée était de subventionner les denrées de première nécessité que sont le riz, le sucre et l’huile afin de permettre à la population d’acheter le sac de 50kg de riz à 7500f, le litre d’huile à 500f et le kg de sucre à 300f pendant 6 mois. Cela était bien possible avec 69 milliards injectés dans ce secteur. Pour le transport, nous pensons qu’il fallait subventionner le carburant pour éviter à la population de payer les places gelées des véhicules de transport en commun.

En tant qu’acteur du système éducatif, que pensez-vous de la reprise annoncée des cours pour ce 25 juin ?
C’est une mauvaise décision de vouloir reprendre les enseignements-apprentissages pendant cette période marquée par une augmentation des cas positifs mais aussi d’hivernage. Qui connaît la nature de nos structures scolaires composées en grande partie d’abris provisoires et des constructions de mauvaise qualité et qui peuvent céder à chaque tempête ou orage, ne penserait jamais à rouvrir les écoles pendant cette période. Mieux, la main-d’œuvre de nos paysans reste encore leurs enfants dont la plupart sont dans les classes d’examen. Je pense qu’il fallait prévoir la reprise des enseignements-apprentissages à partir du mois d’octobre 2020.

Pour toutes les raisons que vous venez d’évoquer, ne peut-on pas craindre que les parents retiennent leurs enfants à la maison ?
Dans certaines zones on peut être confronté à la rétention des enfants par leurs parents pour les besoins des travaux champêtres.

Comment le Conseil départemental de Foundiougne dont vous êtes le premier secrétaire élu a-t-il contribué à rendre cette reprise des cours effective ?
Le président Moustapha Mbaye, avec son salaire, a mis à la disposition des 17 maires du département, un lot de 10 mille masques pour leur permettre de préparer la rentrée scolaire dans les meilleures conditions. En outre, le Conseil départemental a mis à la disposition de l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Foundiougne, un important lot de matériel d’une valeur de plus de 13 millions de F Cfa. Ce matériel est composé de 17 mille masques, de cartons de bouteilles d’eau de javel, de cartons de savon, de 55 thermo-flashs, 59 dispositifs de lavage des mains et 10 litres de bactéricide citronnelle pour le Service départemental d’hygiène.

Il se susurre que vous avez des ambitions pour la mairie de Djilor Saloum ainsi que pour le Conseil départemental de Foundiougne. Qu’en est-il réellement ?
C’est légitime que je puisse avoir des ambitions pour la mairie de Djilor et pour le Conseil départemental de Foundiougne en tant que natif de cette localité mais aussi en tant qu’acteur politique et de développement. Je voudrais préciser à ce niveau que mes ambitions politiques dépassent même la commune de Djilor-Saloum et le Conseil départemental de Foundiougne.

Serez-vous candidat à la mairie de Djilor-Saloum lors des prochaines élections locales ?
Ma candidature à la mairie de Djilor n’est plus à demander pour la simple raison que j’étais un candidat malheureux en 2014. Donc, je trouve inadmissible de ne pas me représenter aux prochaines élections municipales.

Quel regard portez-vous sur la gestion de Lansana Sano, actuel maire de Djilor- Saloum ?
C’est une gestion qui reflète sa personnalité. A sa place, j’adopterais une autre forme de gestion édictée par les règles d’une gestion participative et inclusive pour plus de transparence.

Voulez-vous dire que sa gestion est mauvaise ?
En tout cas à sa place, on pourrait faire mieux.

Etes-vous favorable ou non à l’élection du maire au suffrage universel et pourquoi ?
Bien-sûr que oui. Mais pour cette formule, je proposerais la suppression de la liste proportionnelle et la répartition des conseillers par pourcentage et éventuellement aller au deuxième tour si nécessaire. L’avantage de cette formule est d’avoir un Conseil de haute qualité composé de tous les cadres de la commune ou du département pour assurer une bonne gestion de la collectivité territoriale. Mieux, les électeurs pourront ainsi faire un choix beaucoup plus objectif.

Comment appréciez-vous les difficultés d’accès à l’eau potable auxquelles font face certaines populations du département de Foundiougne depuis quelques années ?
Négativement. La population du département de Foundiougne ne mérite pas de vivre cette situation pendant plus de trois ans maintenant.

Pourtant lors du lancement des travaux du pont de Foundiougne en février 2018, le Président Macky Sall avait promis d’y apporter des solutions. Que sont devenues ses promesses ?
Le chef de l’Etat est en train d’y apporter des solutions à travers la construction de deux grands châteaux d’eau dans la commune de Nioro Alassane Tall et dont l’un est déjà achevé. Mieux, l’unité de dessalement du forage de Foundiougne est en construction très avancée. Donc, sous peu, les communes de Diossong, Diagane Barka, Djilor, Mbam, Soum et Foundiougne seront desservies en eau potable.
Pensez-vous que les jeunes de Foundiougne vont profiter pleinement du port de Ndakhonga dont la mise en service est annoncée pour mars 2021 ?
Ce n’est pas un souhait pour moi ; c’est une exigence. C’est un combat que je mène chaque jour. Je soutiens que les premiers employés de ce port soient, en majorité, composés de jeunes du département de Foundiougne parce que nous en avons les compétences. Mieux, je soutiens que même s’il faut nommer un directeur rattaché à celui du Port autonome de Dakar (Pad), il faut qu’il soit un cadre du département parce qu’à compétences égales, il faut choisir l’expertise locale, s’ils veulent éviter des contestations de la part de la population du département.

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