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Le titre de meilleur lutteur de l’année 2016, décerné par l’Anps à son prochain adversaire, Modou Lô, sera une occasion pour Lac de Guiers 2 de prouver le contraire. C’est l’assurance donnée par le lutteur du Walo arrivé à la 3e place. Trouvé chez lui, hier matin à la cité Shs, le dernier tombeur de Yékini est revenu sur la préparation de son combat contre le «Roc» des Parcelles Assainies dont il dit pour le moment ignorer la date.

Comment se porte Lac 2 ?
Je me sens très bien. Et je suis concentré au maximum dans la préparation de mon prochain combat contre Modou Lô. Je travaille en étroite collaboration avec les membres de mon staff technique. Je navigue entre la salle de musculation et la plage. En clair, je suis en train de me préparer à tous les niveaux.

Une préparation qui pourrait prendre la direction de l’extérieur ?
Cela dépend de mon staff. Si mes encadreurs décident que je dois me rendre à l’étranger pour y poursuivre ma préparation, je m’y plierai. Mais je vous rappelle que j’ai effectué toute ma préparation au Sénégal lors de mon combat victorieux face à Yékini. D’ailleurs lorsque j’ai affiché ma forme lors de ce combat, les gens se sont rendu compte que j’avais bien travaillé.

Justement, comment évaluez-vous votre forme actuelle ?
Je rends grâce à Dieu. Le travail se poursuit. Je reviens comme ça des entraînements. Les choses avancent dans le sens voulu. Je me prépare en conséquence en attendant la date fatidique du combat. Je fais en ce moment 99 kilos (rire) et je ne fais ni plus ni moins. Ce sera le même poids. Je poursuis donc ma préparation en attendant d’être fixé sur la date exacte à laquelle devrait se dérouler le combat.

Mais vous devriez être fixé par rapport à la date du combat dans la mesure où la saison de lutte est ouverte ?
En effet, mais pour le moment on ne connaît pas la date. Et Je ne saurais vous dire les raisons. C’est au promoteur que vous devriez poser cette question. Pour le moment, je puis vous assurer que le promoteur n’a pas encore communiqué la date du combat. J‘ai pris langue avec mon manager (Mouhamed Aly) qui m’a rassuré que ça ne tardera pas à se faire. Donc on attend.

S’il vous revenez de choisir une date, quelle période serait votre préférence ?
Le plus tôt serait le mieux pour moi. Du moment que le délai imparti avant les combats ne doit pas dépasser trois mois, je pense donc pouvoir disputer ce combat le plus tôt possible. Donc pour être pragmatique, je ne veux que ce combat dépasse le délai de trois mois comme le stipule le règlement du Cng.

Votre prochain adversaire, Modou Lô, vient d’être élu par l’Anps, meilleur lutteur de l’année, qu’en dites-vous ?
Je ne peux que lui adresser vivement mes félicitations. C’est les journalistes sportifs qui lui ont décerné ce titre suite à un vote. Donc il faut être sportif et être fair-play.

Mais concrètement, comment avez-vous accueilli cette distinction de votre prochain adversaire ?
Modou Lô a remporté ce titre de meilleur lutteur. Mais ce titre qu’on lui a décerné va booster mon envie de lui prouver que je suis meilleur que lui. Et je le prouverai. Le jour du combat, je donnerai le meilleur de moi-même pour le battre et prouver que je suis au-dessus de lui. Mais je pense que prouver qu’on est meilleur dans l’enceinte est plus important que cette distinction faite à travers un vote. Ça ne me dérange pas outre mesure que je ne sois pas cité comme le meilleur, mais mon prochain combat sera une occasion de prouver que je suis le meilleur lutteur actuellement de ma génération. Si Modou Lô a vaincu Gris Bordeaux, moi j’ai pris le meilleur sur celui qui a pris le dessus sur Gris Bordeaux à savoir Yékini…

Vous semblez contester le leadership que lui confère l’Anps ?
Non du tout. Je ne le conteste pas. Le vote a fait qu‘il soit élu meilleur lutteur. Je pense que l’initiative de désigner le meilleur lutteur par la presse constitue une bonne chose, c’est à saluer. Et je remercie l’Anps en ce sens. Même si j’ai une petite remarque. Je pense en effet, qu’il fallait associer à côté du vote de la presse, un jury d’experts de la lutte ou d’anciens lutteurs qui sauront apporter une touche qui pèserait sur le choix final du meilleur lutteur de l’année. C’est une suggestion qui, à mon humble avis, peut contribuer à améliorer les choses. Mais il n’y a pas de problème. Les lutteurs et les journalistes ne font qu’une famille.

Comment expliquez-vous le fait que vous n’arrivez pas encore à convaincre le monde de la lutte ?
Les gens ont du mal à reconnaître mes qualités de bon lutteur. Je tarde peut-être à convaincre certains. Je me bas pour inverser la tendance. Et ce combat contre Modou Lô sera une opportunité pour moi de confirmer après ma prestation face à Yékini. Et pour y arriver, je me défonce lors des entraînements pour leur prouver que je suis le meilleur même s’ils encore du mal à l’admettre. Et je les convaincrai. Faut dire que le fait que mon talent n’est pas encore reconnu constitue pour moi une source de motivation. Pour que je sois au sommet de mon art, il faudrait aussi que j’ai en face de moi un lutteur téméraire. Si mes adversaires se livrent comme ils ont l’habitude de le faire avec les autres adversaires, je vous garantis que les gens seront convaincus que je suis un lutteur spectaculaire.

Qu’en est-il de l’audience souhaitée avec le Président Macky Sall, sollicitée après votre victoire sur Yékini ?
Nous avons déposé une demande d’audience au Palais. Du temps où on l’avait déposée, le président de la République était hors du territoire national. Nous attendons une réponse et nous espérons que cela se fera. Si cela arrivait à se concrétiser, je mettrais cela à profit pour parler avec le chef de l’Etat au sujet de la jeunesse qui a besoin de soutien. Je voudrais aussi lui faire part d’un projet pour développer ma localité à Sédhiou. Je veux participer au développement de mon pays.

En tant que porteur de voix, que vous inspire cette série de meurtres au Sénégal ces derniers temps ?
Je pense que c’est un acte horrible et que je condamne. C‘est comme si on s’approchait de la fin du monde. C’est très rarissime de noter des séries de meurtres au Sénégal. Je suis en phase avec le président de la Répu­bli­que qui a promis de renforcer les peines contre les meurtriers.

Quelle est votre position sur le débat sur la peine de mort ?
Quant à la peine de mort, mon sentiment est qu’elle doit être réactivée. Mais je pense que son application doit surtout concerner celui qui commet un meurtre en en ayant l’intention de le faire. Parce qu’il y a certains qui commettent des crimes sans en avoir l’intention. Il faut donc chercher les causes de ces meurtres qu’on note ces dernières années au Sénégal pour couper le mal par la racine. Je m’incline devant la mémoire de tous ceux qui en sont victimes et prie pour le repos de leur âme. De la même manière je formule ces prières à l’endroit de tous ceux qui ont perdu la vie du fait d’accidents de la circulation sur la route de Touba lors du Magal.

ambodji@lequotidien.sn

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