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Responsable Apr à Diass, Mamadou Ndione livre sa lecture de la Présidentielle. Le directeur du Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) invite l’opposition à «se remettre en cause», qualifie de «populiste» un retour du Sénat à la place du Hcct et écarte tout 3ème mandat pour Macky Sall. Dans cet entretien, il décline ses ambitions en direction des élections locales de décembre 2019.

Quelle lecture faites-vous des résultats de la Présidentielle ?
Le Président Macky Sall a été très largement réélu par les Sénégalais avec un score de 58,26%. L’écart entre lui et son poursuivant est de 1 million 655 mille voix. Cela veut dire que c’est un plébiscite. Au-delà, il y a également le taux de participation qui est très important dans un contexte d’appel au boycott de la part de certains. Ma lecture globale est l’occupation de l’espace politique par le Président Macky Sall qui est arrivé premier dans 12 des 14 régions que compte le Sénégal. Il a eu un taux de plus 50% dans 10 de ces 12 régions. Il y a des taux qui varient entre 50% et 93%. On est devant dans 40 des 45 départements. Le Président a été réélu par le Peuple sénégalais qui lui a rendu hommage. C’est un résultat d’inclusion nationale et de stabilité.

Son poursuivant Idrissa Seck arrivé deuxième avec 20,51% parle de «confiscation de la volonté populaire…»
Quand on entend ce genre de discours, on se demande dans quel Sénégal se trouve l’opposition. Tous les Sénégalais savent qu’il est impossible de confisquer leurs votes. Le Président Macky Sall a été élu depuis les bureaux de vote. Les décomptes ont été faits, les résultats affichés devant les bureaux de vote et la presse a rapporté les résultats. Lors du dépouillement, la Cena a été représentée dans tous les bureaux de vote du Sénégal. Il y a eu plus de 5 000 observateurs étrangers, d’autres au niveau national. Tous ont dit que le scrutin a été sincère. Prendre une posture de rejet de ces résultats, c’est aller à contrecourant de la réalité. La sacralité de cette élection, c’est une très large victoire du Président Macky Sall. Idrissa Seck a juste fait un commentaire d’ordre politique pour entretenir un suspense qui n’en est pas un.

Et le Président Macky Sall appelle à un dialogue. Est-ce que ce n’est pas trop tard au vu des péripéties dans les rapports entre le pouvoir et l’opposition ?
Ce dialogue n’a jamais été rompu par le pouvoir, même sur les questions politiques. Le Président Macky Sall avait même nommé un facilitateur en la personne de l’ambassadeur Saïdou Nourou Bâ qui a travaillé avec tous les partis politiques. Le problème fondamental, c’était la stratégie de la chaise vide entretenue par l’opposition. Je me dis aujourd’hui que c’est au niveau de l’opposition que la remise en cause doit se faire. Certains d’entre eux sont dans des postures crypto-personnelles. Nous devons dépasser cela. C’est un dialogue qui doit être permanent. Pour dialoguer, il faut être 2. S’ils ne viennent pas, le dialogue se fera parce que ce n’est pas uniquement les acteurs politiques qui sont concernés. C’est un dialogue national et toutes les forces vives de la Nation sont conviées. Les hommes politiques ne doivent pas prendre en otage le Sénégal.

Pensez-vous qu’une grâce présidentielle pour Khalifa Sall et éventuellement une amnistie pour lui et Karim Wade, peuvent être incluses dans le dialogue ?
C’est un dialogue sans condition de la part de l’opposition et du pouvoir. Il faut y aller d’abord. Maintenant le simple fait de poser des préalables signifie qu’on ne veut pas dialoguer. La grâce présidentielle relève de la discrétion du chef de l’Etat à la demande de la partie intéressée. Le Président gracie des milliers de Sénégalais chaque année lors des fêtes. L’amnistie relève du Parlement. Aller dialoguer ne signifie pas poser des conditions. Ce dialogue dépasse le cadre partisan. Ce n’est pas à moi d’être pour ou contre une grâce présidentielle.

Le Président Sall n’a même pas encore prêté serment, que l’on évoque un éventuel 3ème mandat pour lui en 2024. Pensez-vous que c’est possible ?
L’article 27 de la Constitution est très clair : «Nul ne peut faire plus de 2 mandats consécutifs.» Le chef de l’Etat a plusieurs fois rassuré qu’il est dans une logique de faire 2 mandats. C’est une question qui est agitée par l’opposition pour désaxer le débat et enfourcher une nouvelle thématique. L’idée est de nous diaboliser. Le Président Sall, le porte-parole du gouvernement et la Constitution ont été clairs : ce second mandat est le dernier. Il ne faut pas que ce sujet empoisonne notre quinquennat. Ceux qui agitent ce sujet veulent encore rester dans la politique politicienne. Le Président a une vision déclinée dans le plan Sénégal émergent. Il va poursuivre les réformes qu’il a entamées depuis 2012. Il est dans une phase de construction en mode accéléré de notre pays. Ce ne sont pas ces sujets parasites qui vont le divertir.

Vous accusez l’opposition mais votre camarade Sitor Ndour dit que le Président peut se représenter en 2024…
Cela n’engage que lui. On ne peut pas être plus royaliste que le roi.

Est-ce qu’on peut faire confiance au Président au vu de toutes ses promesses non respectées par le passé, notamment sur le mandat présidentiel ?
Ce sont deux choses différentes. L’engagement de réduction du mandat a été fait par un candidat. L’opposition est allée jusqu’à prôner la démission du Président pour respecter cet engagement. Ce qui aurait arrangé l’opposition. Macky Sall est allé jusqu’au bout de sa logique. Il avait saisi en ce sens le Conseil constitutionnel qui a rendu une décision scientifiquement irréfutable. Cela veut dire qu’il ne peut pas y avoir de rétroactivité par rapport à ce que voulait mettre en place M. le président de la République. La Constitution est au-dessus du chef de l’Etat. Donc, on ne peut pas rapprocher les 2 cas. Le Président est un homme de parole et d’actes contrairement aux spéculateurs et adeptes de la météo politique.

Quelle est votre position sur une dissolution de l’Assemblée nationale et un couplage Législatives-Locales en décembre prochain ?
L’Assemblée nationale compte 165 députés dont 125 contrôlés par Benno bokk yaakaar. C’est une majorité confortable. Au-delà de Bby, l’Apr a un nombre de députés assez important. Dissoudre l’Assemblée paraît inopportun. Mais la dissolution de l’Assemblée nationale relève des pouvoirs du président de la République. Après, ce n’est pas un débat d’opportunité. Ensuite, l’argument du couplage des Législatives et des Locales me parait insensé. Ce sont des élections de nature différente.

Avez-vous des ambitions pour la mairie de Diass ?
Nous avons des ambitions pour Diass et cela se traduit en termes de développement. Nous ne nous mettons pas dans une posture individualiste. C’est un projet collectif avec des acteurs de la localité. J’ai consacré un ouvrage pour le développement de Diass. Ce sera avec plaisir si les électeurs de Diass nous font confiance pour conduire aux destinées de cette commune. Nous portons Diass au cœur comme c’est le cas du Président pour le Sénégal. Je suis dans cette localité depuis mes aïeux.

Un développement de la localité que n’a pas réussi l’équipe municipale sortante ?
Tout est question d’approche, de cursus et de parcours. Je ne jette l’anathème sur qui que ce soit. Toujours est-il que la vision que j’ai de ma localité est différente de celle de l’équipe actuelle. Je l’inscris toujours dans l’inclusion. Quand quelqu’un n’est pas en mesure de faire quelque chose, je ne me mets pas dans une logique de le critiquer vertement. Si j’étais à sa place, j’aurais fait mieux. Déjà, je suis très fortement impliqué dans ma localité d’origine sans en avoir les leviers. J’interviens dans le social, le sport et dans d’autres divers secteurs depuis plusieurs années. L’enjeu à Diass est de fédérer toutes les forces vives autour d’un idéal d’insertion aux politiques définies par le chef de l’Etat. Il faut un projet, des hommes et de la qualification. Pour les 5 ou 10 prochaines années, Diass doit être hissée au niveau des 5 communes les plus dynamiques du Sénégal. Cette commune abrite l’aéroport et aura à côté le port de Ndayanne, le plus grand en Afrique de l’Ouest.

Etes-vous pour un retour du Sénat à la place du Haut conseil des collectivités territoriales tel que préconisé par Mounirou Sy ?
Nous avons le Haut conseil des collectivités territoriales qui, à la différence d’un Sénat, ne manque qu’un pouvoir délibératif pour voter des lois. C’est un organe qui donne des avis. Le retour du Sénat est une question d’appréciation. Je me dis que les députés élus peuvent continuer à légiférer. Le plus important maintenant est de voir la façon de créer un link dans les décisions majeures au niveau central. Après, en fonction de l’évolution du pays, on verra si oui ou non, le Sénat doit revenir. Avec le Hcct, le Président Sall a réglé une grande question pour les élus locaux. Quel que soit le schéma trouvé, les acteurs doivent s’accorder sur le fait que les élus locaux doivent avoir une passerelle de participation aux politiques au niveau national. Cela peut ne pas être un Sénat tout de suite d’autant plus que le Hcct joue bien son rôle, de manière formidable. La réflexion peut continuer mais les acteurs doivent éviter d’être populistes. Les gens pensent que ces institutions ne sont pas importantes mais c’est aux politiques d’éclairer la lanterne des uns et les autres. Les élus locaux doivent avoir un cadre pour faire entendre leurs voix. Et le Hcct joue bien ce rôle.

Quelles sont les perspectives économiques pour ce quinquennat du Président Macky Sall ?
Les perspectives sont bonnes. Le Président Sall va renforcer le dispositif en direction des jeunes à travers le Pse Jeunes. Les jeunes ont besoin d’une formation qui leur garantisse un emploi. Quand on est arrivés, la formation professionnelle tournait autour de 5%. Aujourd’hui, on est à 15%. Le président de la République va mettre en place plus de 50 Espaces numériques ouverts, à l’instar de ce qu’il a fait à Kolda. Il y a aussi le Pse Economie, social et solidaire. Le dernier recensement général des entreprises a montré que 97% de nos entreprises évoluent dans un secteur informel. La Der a pris en charge ces groupements dans le cadre du financement. Le dispositif sera reconfirmé en termes de moyens et d’encadrement pour faire en sorte que ce secteur informel sorte de l’informel. L’idée est d’aller vers des Petites et moyennes entreprises. Le Pse Vert va créer une agence qui s’occupera de la reforestation du Sénégal avec à la clé, des milliers d’emplois. Les collectivités locales seront mises à contribution. Dans le numérique, beaucoup de choses se feront. Enfin, il y a le Pse Cap vers l’industrie. Avec les découvertes de gaz et de pétrole assez importantes, nous aurons des avantages comparatifs par rapport à beaucoup de pays. Avant l’arrivée de Macky Sall, il n’y avait pratiquement pas de parc industriel. Aujourd’hui il y en a à Diamniadio et d’autres vont suivre à Touba et un peu partout au Sénégal. Cela va générer des milliers et des milliers d’emplois avec une promotion de l’exportation. On a la Cedeao et la zone continentale de libre-échange avec ses 900 millions d’habitants.

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