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C’est une certitude : Ousmane Tanor Dieng ne sera pas témoin dans l’affaire Khalifa Sall malgré la demande des avocats du maire de Dakar. Mais avoir l’audace de poser le débat relève de la «malhonnêteté» aux yeux du secrétaire général des Jeunesses socialistes. Mame Bounama Sall se dit «satisfait» de l’exclusion des dissidents socialistes et raille Bamba Fall qui n’exclut pas de soutenir Idrissa Seck en 2019.

Quelle lecture faites-vous de l’exclusion de Khalifa Sall et Cie par le Bureau poli­tique du Parti socialiste ?
Je dois avouer qu’aucune séparation n’est faite de gaieté de cœur. Mais dura lex, sed lex : la loi est dure, mais c’est la loi. Les faits qui sont reprochés aux ex-camarades sont tangibles. Les Sénégalais imbus de valeur et de justice peuvent le confirmer. On ne peut pas appartenir à un parti et nager à contre-courant de ses décisions, et même aller jusqu’à le concurrencer. Je vois que certains convoquent des vices de forme dans la procédure. Je pense que ce serait synonyme de mauvaise foi parce que ceux qui sont exclus sont pris en flagrant délit d’indiscipline militante. Lors des Législatives, ces exclus figuraient sur des listes électorales opposées à celle du Parti socialiste. Pourtant, cette décision d’aller avec Benno bokk yaakaar relevait d’une consultation démocratique de plus de 24 mille militants du parti à travers les 138 coordinations du pays. En tout cas, au niveau des Jeunesses socialistes, nous sommes très satisfaits de cette décision parce que cela aurait été un précédent grave pour nous qui serons appelés demain à hériter de ce parti de laisser cette situation perdurer. On ne peut pas se réclamer d’un parti et puis diaboliser son secrétaire général et raconter des contrevérités dans l’optique de diviser, d’anéantir et d’affaiblir cette formation politique. Au regard de la Charte du militant qui fixe des droits et devoirs aux camarades, la sanction vient à son heure. Ousmane Tanor Dieng a pris tout le temps qu’il faut, pensant que ces ex-camarades allaient s’amender, mais c’était tout le contraire. Ils ont persisté dans leur dynamique de confrontation avec le parti.
Pourquoi le Ps n’a pas entendu ces exclus ou ne les a pas traduits devant la Commission de discipline ?
Comment un voleur pris en flagrant délit de vol peut être entendu sur la véracité des faits qui lui sont reprochés ? Tous les Sénégalais sont témoins que les noms de ces exclus figuraient sur des listes opposées à celle du Ps lors des Législatives.
Mais un voleur, même pris en flagrant délit, est entendu par le Tribunal…
Il y a les vidéos, les discours, les interviews et les listes électorales qui renseignent qu’ils s’étaient auto exclus du Ps. Lorsque vous concurrencez un parti à travers une élection, cela veut dire que vous avez signé de fait votre démission dans ce parti. Ils ne venaient plus aux réunions du parti.
C’est parce qu’ils ne sont pas convoqués aussi…
Vous savez, nous avons tourné la page de ces gens. Nous n’allons plus épiloguer sur leur cas dès lors que les procédures normales, liées à l’esprit de nos textes, ont été respectées. L’aveu est la reine des preuves. Ils ont avoué leur démission du Ps en ramant à contre-courant de la volonté des militants, matérialisée par leur investiture aux dernières élections. Ils ont poursuivi par un discours fractionniste, démissionnaire. Et par rapport à cette Commission de discipline dont vous parlez, elle a été mise en place et dirigée par Abdou Khadre Cissokho.
Est-ce qu’il a les a convoqués ?
Bien sûr…
Barthélemy Dias dit le contraire…
Et même s’ils ne les avaient pas convoqués, l’aveu est la reine preuve. Nous n’allons pas dialoguer avec des gens qui ont choisi Idrissa Seck comme candidat de leur coalition. Tous les Sénégalais savent qu’ils sont dans les affabulations.
Malgré tout, les exclus se considèrent toujours com­me des Socialistes…
Le Ps n’acceptera pas que des gens qui n’y sont plus membres puissent faire du «faux et usage de faux». Sur le plan légal, ils n’ont pas ce droit de parler au nom du parti. L’avenir nous jugera, car tous ceux qui voudront porter les symboles du parti seront traduits devant la justice. Le Ps est une entité privée dirigée par Ousmane Tanor Dieng qui jouit de la confiance des militants. Malheureusement, les gens qui sont les plus bavards, ce sont les Barthélemy Dias qui sont d’une facture intellectuelle très faible.
Pourtant Me Aïssata Tall Sall, une grande intellectuelle, a déjà déclaré que cette décision est «nulle et non avenue»…
Pour ce qui est de Me Aïssata Tall Sall, on se souvient de ses envolées au lendemain de la tenue du Secrétariat exécutif national du 14 octobre qui avaient déclenché cette procédure d’exclusion. Elle avait dit que dans ce parti «il n’y avait pas d’hommes parce qu’ils seraient allés jusqu’au bout de leur logique». Au Ps, il y a des hommes et bien des hommes. Je pense que son score de «plus fort reste» aux dernières élections législatives renseigne sur ce que devrait être dorénavant son attitude. Ensuite, elle devait avoir quand même l’honnêteté de reconnaître sa démission de fait du Parti socialiste. Elle n’a pas pris part à notre congrès et n’a encore moins participé à aucune de nos manifestations depuis plus de 4 ans.
Dans le procès de Khalifa Sall, les avocats de la défense demandent la comparution à titre de témoin de Ousmane Tanor Dieng pour élucider l’affaire de la caisse d’avance. Qu’en dites-vous ?
Nous sommes des Socialistes, mais aussi des républicains. Ousmane Tanor Dieng n’a rien à se reprocher. Les avocats de Khalifa Sall sont dans la dérision. Ils gagneraient à travailler pour asseoir une bonne défense pour leur client et qui ne tournerait pas autour de : «Ils ne veulent pas qu’il soit candidat ; c’est un complot politique, une cabale politique…» Cela ne saurait prospérer. Khalifa Sall est attrait à la barre pour une question relative à la gestion de la caisse d’avance de la Ville de Dakar.
Mais est-ce que cette «bonne défense» ne passerait pas par une comparution de Tanor ?
Vous savez, les avocats de Khalifa Sall prennent les Sénégalais pour des demeurés. S’ils veulent que Tanor comparaisse sur une question dont j’ignore en quoi il serait juridiquement lié, cela relève de la malhonnêteté. J’invite les Sénégalais à être plus attentifs face à ces gens qui se prenaient comme les champions de la transparence. Il y a une différence entre les propos et leur véritable nature.
Vous parlez de Khalifa Sall ?
Bien sûr ! Il revendiquait d’être le plus transparent, le plus juste… Il a l’occasion de le démontrer.

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