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Aminata Touré mène sa vie d’Envoyée spéciale du président de la Répu­blique dans un paisible quartier du centre-ville de Dakar. Dans cet entretien, l’ancien Premier ministre use d’un langage très diplomatique pour répondre aux questions politiques. En choisissant une villa située à quel­ques mètres de l’Assemblée nationale se rapproche-t-elle du perchoir pour 2017 ? Surtout après avoir décliné le poste de secrétaire général adjoint de l’Onu. L’ancien Premier ministre n’infirme ni ne confirme. Mimi, qui invite les Sénégalais à «apprendre à célébrer les bonnes nouvelles» comme la baisse annoncée de 10% sur le coût de l’électricité, laisse cette décision au chef de l’Etat.

Quelle appréciation faites-vous du discours de nouvel an du président de la Répu­bli­que ?
Avant tout je voudrais souhaiter une bonne et heureuse année 2017 à tous les Sénégalais. C’est un discours-bilan puisque le 25 mars prochain, le Président Macky Sall aura fait un quinquennat à la tête du pays. Il a passé en revue les différentes réalisations de son régime. Des réalisations très importantes dans différents domaines. Évidemment, la bonne nouvelle de ce discours, c’est la baisse du prix de l’électricité. Cette baisse illustre le succès de sa politique économique. Il faut relever que depuis l’indépendance, on était habitués à des hausses récurrentes combinées à des délestages, c’est-à-dire une insuffisance de production énergétique. Le président de la République, en 5 ans, a pu inverser la tendance, augmenter le potentiel de production à travers les différentes centrales qui ont été inaugurées. Cela peut se comprendre parce qu’on a eu cette année un taux de croissance exceptionnel de 6,5%. C’est la 3ème meilleure croissance en Afrique. Ce qui dénote d’une bonne santé économique. Il y a l’agriculture où s’active une bonne partie de nos citoyens. Au niveau des spéculations, nous avons battu plusieurs records, même si cette année pour l’arachide, il y a une légère baisse de 5%. Malgré cela, l’Etat du Sénégal a revu à la hausse le prix au producteur de 200 à 210 francs. Il y a d’autres secteurs qui ont contribué au succès économique de la politique du Président Macky Sall. Il s’agit de la pêche avec la subvention sur le prix des moteurs. Il y a les infrastructures qui illustrent la volonté de modernisation du président de la République. Je peux en citer le Train express régional. Cette infrastructure sera des mêmes standards que ses semblables en Europe. La politique du Président vise à augmenter la richesse nationale équitablement. Il y a des pays où il y a de fortes croissances avec de très fortes inégalités. L’un des objectifs du Président Sall, c’est justement de réduire les inégalités. C’est la mise en œuvre des 3 axes du Pse qui ont contribué à ce succès économique. Maintenant, il ne faut pas verser dans l’autosatisfaction. Il faut continuer à travailler d’arrache-pied. Et le Président a beaucoup insisté là-dessus en appelant le gouvernement à redoubler d’efforts.

Par rapport à la baisse sur l’électricité, ce sera 10% sur le prix du kilowatt ou sur la totalité de la facture ?
Vous aurez tous les détails parce qu’il a instruit le ministre en charge de l’énergie d’opérationnaliser cette décision. Il faut être patient. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y aura 10% de baisse sur les factures. C’est comme ça que cela va se traduire pour le prochain bimestre. C’est important parce que ça allège les charges des ménages. Mais surtout cela rend notre économie plus compétitive. Le premier facteur de production, c’est l’énergie. Lorsque qu’elle coûte cher, on devient moins compétitif sur le marché. Cette baisse a un double impact sur les ménages mais aussi sur la compétitivité des entreprises.

Par rapport au Ter, le fait que le Président Sall l’ait confié à Alstom a suscité de vives réactions au Sénégal. D’aucuns estiment qu’il l’a fait en guise de cadeau à une entreprise française en difficulté…  
Parfois on ne fait pas beaucoup de recherches avant de faire des déclarations. Le chiffre d’affaires de Alstom tourne autour de 100 milliards d’euros. Le Ter coûte autour de 690 millions d’euros. Il faut ramener les choses à leur proportion. Cela n’a absolument rien à voir. Alstom a une excellente technologie et expérience dans ce domaine. Ce groupe n’attend pas le Sénégal pour se développer. Il faut apprendre à célébrer les bonnes nouvelles. C’est l’invite que je fais à nos concitoyens et à la presse. Lorsqu’on est sur une marche ascendante, on doit avoir de l’optimisme. Un train qui va transporter par jour 115 000 passagers de la région de Dakar, c’est une excellente nouvelle. On va passer moins de temps dans les embouteillages. La Banque mondiale a calculé que les embouteillages coûte 100 milliards de moins de l’économie sénégalaise en termes de perte de production. Le Ter se rembourse sur 6 ans. Si vous perdez 100 milliards à cause des embouteillages ; donc au bout de 6 ans, cela fait 600 milliards. C’est comme ça qu’il faut voir les choses. Il faut combiner le Ter avec l’autoroute à péage pour que la presqu’île qui occupe plus de 66% de toute l’activité économique puisse maximiser son potentiel.

On lance un projet de Ter au moment où l’éducation et la santé connaissent des problèmes. Est-ce que le gouvernement ne se trompe pas de priorité ?
Non. On doit tout faire ensemble. Développer un pays ne veut pas dire se concentrer sur deux secteurs. Il faut avoir une approche globale. Dans le cadre du Pudc, le Président a développé des centaines de kilomètres de pistes. Ces infrastructures ont un lien avec l’éducation et la santé. Dans le secteur de l’éducation, il faut reconnaître que le gouvernement fait beaucoup d’efforts. Cependant, il y a toujours des difficultés car il faut rappeler que nous sommes un pays en voie de développement. Il faut être optimiste. Mais il faut continuer à travailler comme l’a indiqué le président de la République.

On reproche au gouvernement de faire la part belle aux entreprises étrangères dans le cadre des grands projets au détriment du secteur privé national…
Parfois les assertions ne sont pas en conformité avec la réalité. Si on prend le Ter, il y a énormément d’entreprises nationales qui font partie du projet de réalisation. C’est important et les gens ne le disent pas souvent. La soumission est ouverte. C’est vrai, il faut qu’on appuie notre secteur pour qu’il se mette à niveau. Il faut être ouvert à la compétition mais aussi il ne doit y avoir de favoritisme. Il ne faut pas oublier qu’une loi autorise la participation des entreprises nationales dans les projets. Lorsqu’on parle d’offre spontanée, il y a des dispositions qui exigent que celui qui apporte cette offre puisse travailler avec les nationaux. Allez voir les entreprises qui exécutent le Pudc, c’est essentiellement des entreprises nationales.

On  n’a pas entendu le Président, dans son discours de Nouvel An, sur l’affaire Pétro Tim et le rôle de Aliou Sall dans la gestion du pétrole.
Il n’y a jamais eu d’affaire Petro Tim. D’abord, toutes les accusations de l’opposition étaient sans fondement. Il n’y a jamais eu de fraude fiscale ni de délit d’initié. L’opposition est dans son rôle de s’opposer, mais elle doit le faire avec des arguments concrets. Ce qui sera difficile pour elle vu le bilan du président de la République. Bref, je suis heureuse de voir que l’opposition n’a pas de discours.

Comment se passe votre militantisme à Kaolack ?
Ça se passe bien, je suis retournée chez moi. Nous continuons à élargir la base de sympathie pour le parti et le président de la République pour de meilleurs résultats en 2017 et en 2019.

Sauf que votre tâche ris­que d’être difficile car vous n’êtes pas bien ac­cueil­lie par les partisans du mai­re Mariama Sarr…
Évitez de personnaliser les questions parce que la presse doit favoriser l’élévation du niveau des débats. Mariama Sarr est une camarade de parti qui dirige la ville. Il ne peut pas y avoir de divergences fondamentales. Nous sommes du même parti et soutenons le président de la République. Chacun a sa particularité. C’est l’occasion de lancer un appel d’unité à tous les responsables de la région. Ce qui nous divise est infime par rapport à ce qui nous unit. C’est dans cette dynamique que les populations vont exprimer leur sympathie à l’endroit du parti et du président de la République.

Depuis que vous militez à Kaolack, avez-vous rencontré Mariama Sarr ?
Nous faisons nos activités. On a Benno, les différents responsables, le maire. Ce sont nos dynamiques…

Vous vous rencontrez dans le cadre du parti ?
Nous le souhaitons. Mariama Sarr est une sœur. Je vous répondrais aux questions auxquelles j’ai envie de donner ma réponse. Vous pouvez poser la question 10 fois et vous aurez la même réponse. (Rires) Plus sérieusement, il n’y a pas péril en la demeure. Il y a quelques escarmouches mais il n’y a rien de fondamental. Le plus important, c’est de maximiser nos efforts pour des victoires en 2017 et 2019.

Récemment des jeunes de l’Apr ont réclamé que le Per­choir de l’Assemblée natio­nale revienne au parti pour la prochaine Légis­la­tu­re. Êtes-vous pour ou contre ce souhait ?
Au temps opportun, on va en discuter. Les journalistes seront informés.

Ce poste vous intéresse-t-il ?
Prions Dieu de nous donner une bonne santé et on va en discuter en temps opportun.

D’aucuns justifient votre refus de partir à l’Onu par le fait que le Président Macky Sall vous aurait promis ce perchoir ?
Ce sont des supputations. C’est le travail de la presse. C’est mon travail de vous répondre aux questions auxquelles j’ai envie de vous répondre. Laissons le cours de la vie se dérouler en temps opportun.

Serez-vous prête à diriger la liste de Benno ?
On va en discuter au moment opportun.

Mais vous ne l’excluez pas ?
Encore une fois, on va en discutez au moment opportun au niveau de Benno.

Donc, vous n’excluez pas de figurer sur la liste nationale aux prochaines Légis­la­tives ?
Encore une fois, on n’en est pas encore là.

Donc, pourquoi vous avez refusé de siéger à l’Onu ?
Je suis de retour au Sénégal. Je suis confortable dans mon pays. Le secrétaire général de l’Onu a choisi une personne importante pour l’épauler. Cette question est derrière nous.

Quelle appréciation faites-vous de la bataille de positionnement à Dakar au sein de l’Apr entre Abdoulaye Diouf Sarr et Amadou Ba ?
Il n’y a pas de parti de masse où il n’y a pas de compétition. Un ami me disait que lorsqu’on est un parti où tout est calme, ce n’est pas bien. Cependant, il ne faut pas que la compétition détruise ce qu’on est en train de construire. Le président de la République a invité tout un chacun à travailler au niveau de sa base pour qu’on puisse gagner Dakar et les autres départements du pays. A Dakar, il y a de grands responsables.

Macky Sall aurait choisi Amadou Ba pour diriger l’Apr à Dakar, vous n’y voyez pas d’inconvénients ?  
Je ne suis pas au courant de ça. Avec des «si» on mettrait Dakar en bouteille.

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