PARTAGER

Pape Sarr s’étonne de la relance du débat sur le statut de l’opposition alors que le Sénégal traverse «d’énormes difficultés». Le secrétaire général adjoint de la Ld-debout, qui gère la coordination du parti depuis le décès de Souleymane Guèye Cissé, appelle l’Etat à organiser les Locales à date échue.

Quel est votre avis sur le débat relatif au statut de l’opposition et son chef ?
Divertir les Sénégalais, diviser les acteurs politiques et la Société civile. Diviser pour régner est en effet une vieille recette de la stratégie politique. Malgré les difficultés énormes et persistantes auxquelles le pays est confronté. Les scandales de gestion qui vont de pair avec celles-ci, vous n’entendez plus parler du Covid-19 qui fait des ravages, de la gestion calamiteuse des fonds alloués à la lutte contre cette pandémie, du bradage des terres des paysans et du littoral, des inondations dans les quartiers ou encore des conditions dans lesquelles les élèves et les enseignants subissent en ce moment les examens scolaires de fin d’année, sans oublier le climat délétère qui prévaut dans la sous-région avec toutes les menaces d’instabilité qui pourraient être accentuées par la folie de certains Présidents à vouloir briguer un troisième mandat. Rien de tout cela n’est plus à l’ordre jour. Ce chef de l’opposition, qu’il soit nommé ou désigné, il sera le chef de qui ? Certaine­ment celui de l’opposition domestiquée, cette frange de l’opposition qui, à plusieurs reprises, a aidé le pouvoir à se sortir de l’impasse.

Quelle lecture faites-vous de la  suppression du parrainage pour les Locales ?
D’abord, nous ne sommes pas représentés au dialogue politique. Nous n’avons pas voulu nous associer à cette opération que nous avons qualifiée de grotesque farce. Pour nous, le Président est en train de ruser avec «son opposition» qu’il a domestiquée pour dérouler la suite de son agenda machiavélique. Le parrainage était une pièce du puzzle qui devait créer les conditions nécessaires à la réélection du candidat sortant. Ce mécanisme devait compléter l’exclusion de Khalifa Sall et de Karim Wade de la compétition, en écartant tous les autres candidats qui pouvaient grignoter sur le potentiel du bassin électoral du candidat sortant. Nous considérons que le parrainage a été un crime odieux porté illégalement contre la démocratie sénégalaise. Qu’on le supprime est un non-évènement.

Pensez-vous que les élections vont se tenir au plus tard le 28 mars 2021 ?
Les élections doivent se tenir au plus tard le 28 mars, pour deux raisons au moins. D’abord, de manière illégale, injuste et injustifiée, elles ont été reportées à deux reprises au moyen de manœuvres politiques douteuses, avec la complicité d’une opposition domestiquée. En­suite, les populations sont fatiguées de supporter des maires qui, dans leur grande majorité, sont incompétents et n’arrivent plus à régler aucun de leurs problèmes. Certains d’entre eux se livrent au bradage de leurs terres, cédées le plus souvent dans des conditions opaques à des multinationales et à des aventuriers de tous ordres. Les maires et présidents de département actuels n’ont plus aucune légitimité. Ils doivent être remerciés. Il faut donc absolument que les élections aient lieu à la nouvelle date échue. On ne peut pas accepter un troisième report. Et si d’aventure le Sénégal se retrouvait dans l’incapacité de les organiser en raison d’un cas de force majeure (le Covid-19 par exemple), sans concession aucune, nous sommes pour que ces maires et présidents de département, devenus de véritables fardeaux pour leurs administrés, soient libérés de leurs charges et que des délégations spéciales soient constituées de citoyens modèles à équidistance des obédiences politiques.

Que pensez-vous de la gestion du Covid-19 par le gouvernement ?
Permettez-moi de saluer et d’encourager tous les personnels de santé ! J’observe un pilotage à vue, une population en danger, laissée à elle-même par un gouvernement irresponsable. Le chef de l’Etat, avec la solennité requise, la manière et le verbe, a déclaré une guerre contre un ennemi invisible : le coronavirus. Dans la foulée, il annonce à quelques jours d’intervalle des mesures fortes parmi lesquelles l’Etat d’urgence, la mise en place d’un plan de riposte et de résilience. Il parle de 1 000 milliards et sollicite une loi d’habilitation pour les pleins pouvoirs. Le Sénégal en était à quelques cas positifs de Covid-19 recensés. Ça, c’était pour la théorie. Dans la pratique, il confie la gestion du plan de résilience sociale à son beau-frère qui va très rapidement s’embourber dans des histoires nébuleuses d’attribution de marchés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here