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Hôte du tournoi de qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 (Tqo), en septembre prochain, l’Equipe nationale féminine de handball est prête pour décrocher le ticket devant l’Angola, le Cameroun ou encore la Rd Congo. C’est la conviction du président de la Fédé, Seydou Diouf, heureux d’abriter un tel événement dans la nouvelle salle du Dakar Arena.

Le Sénégal va abriter le tournoi de qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 (Tqo). Qu’est-ce qui a été déterminant dans le choix du Sénégal ?
Je crois que deux choses ont principalement pesé sur la balance. La première, c’est la position actuelle de la sélection féminine du Sénégal qui, au sortir de cette dernière Coupe d’Afrique des nations à Braz­zaville, en décembre 2018, s’est positionnée en finale, confirmant ainsi les résultats engrangés en 2016. Une manière de reconnaitre le travail qui est fait aujourd’hui par le Sénégal au niveau du handball féminin continental. Le deuxième élément qui a pesé sur la balance est que le président de la Confédération africaine de handball m’a dit que la Con­fédération et la jeunesse africaine n’avaient que cela comme moyen pour exprimer leur gratitude au Président Macky Sall, qui a construit le Dakar Arena, qui aujourd’hui fait la fierté des disciplines de salle en Afrique de l’Ouest. Et pour cette raison, il fallait abriter un évènement majeur ici au Sénégal, et en prélude également à la Can 2022 qui est prévue au Sénégal et qui se tiendra également au Dakar Arena. Donc, voilà un peu les différents éléments. Avec cette Can de 2022, on va accueillir plus d’équipes. Donc, il faut tout de suite, avec un nombre d’équipes réduit, 4 équipes en l’occurrence pour le Tqo, déjà se mettre dans la perspective de 2022 au niveau de l’organisation.
C’est en quelque sorte un test accordé au Sénégal ?
Disons que c’est un petit test pour la Fédération sénégalaise de handball sur sa capacité à organiser un évènement majeur.
Est-ce que quelque part, on aurait pu confier cette organisation à un autre pays comme l’Angola ?
Absolument ! L’Angola s’était positionnée. Mais en 2015, l’Angola avait déjà organisé. La Rd Congo s’était aussi positionnée, idem pour le Cameroun, mais in fine -puisque ce sont les quatre équipes qui jouent la compétition qui peuvent se positionner sur l’organisation- la Confédération a préféré choisir le Sénégal et nous donner pour la première fois la chance d’organiser une compétition continentale majeure.
Ça relève un peu la crédibilité du handball féminin sénégalais ?
Oui, je crois qu’aujourd’hui, on a suffisamment démontré que là où nous en sommes arrivés, c’est par le travail. Et souvenez-vous en 2016 lorsqu’au Rwanda, il s’est passé ce qui s’est passé, certains avaient pensé que c’était un coup de poker. Mais en 2018 à Brazzaville, on reprend la même compétition. On rencontre les mêmes grandes équipes africaines. Et en dehors de l’Angola, on les bat toutes comme on l’avait fait en 2016. Et surtout en l’absence de Doungou Camara. C’est-à-dire qu’aujourd’hui en Afrique, les observateurs considèrent que le Sénégal fait partie maintenant des puissances du handball africain au plan féminin.
Un seul ticket pour quatre grandes Nations du handball africain. Quelles sont les chances du Sénégal ?
Si nous avons candidaté pour abriter le tournoi avec l’accord du ministre des Sports, c’est parce que nous pensons que nous avons une équipe qui peut, sur une compétition, décrocher le ticket qualificatif. Ce sera sous forme de championnat. Nous connaissons suffisamment les équipes qui sont qualifiées pour pouvoir prendre part à ce Tqo. Nous les avons jouées et nous pensons que le Sénégal, avec l’équipe que nous sommes en train de renforcer, peut bel et bien, sur cette compétition, décrocher la qualification pour «Tokyo 2020». C’est ça notre objectif. Et nous disons que sur un match on peut battre l’Angola.
Il faudra battre aussi la Rdc et le Cameroun…
La Rdc et le Cameroun, nous les connaissons. Nous connaissons ces équipes et nous disons que chacune d’elles a sa chance. Et le Sénégal a plus de chance d’arracher le ticket que certaines équipes. Il faut croire en soi et travailler en conséquence.
Il y aura juste une particularité. C’est que cette équipe-là va jouer pour la première fois un gros tournoi à Dakar, après celui de la Zone 2 à Thiès. Comment est-ce que vous préparez les joueuses dans une telle ambiance ?
Déjà, il faut bien comprendre que le Tqo se tient deux mois avant la Coupe du monde. En mars, nous avons tenu le stage de préparation, la première semaine de stage. Là du 27 mai au 2 juin prochain, on sera au Havre pour la deuxième semaine de stage. Ensuite, il y aura les Jeux Africains, si possible avec une semaine de préparation avant d’y aller. Ensuite il y a la préparation du Tqo, celle du mois d’octobre, la préparation pour le championnat du monde. Cela veut dire qu’on veut être sur une année totalement remplie où d’ici fin novembre, mi-décembre, nous aurons trois compétitions majeures : les Jeux Afri­cains, le Tqo, et le Championnat du monde. Mais ça c’est à la fois toute une préparation que cela requiert. Nous y sommes. Mais c’est aussi la mobilisation de l’équipe, des staffs technique et médical. Tout ceci entre dans le cadre des objectifs que nous avons fixés au Manager général qui est en train de faire le travail de planification de tout ça. J’ai été reçu avec le président de la Confédération dimanche dernier (il y a une semaine) par le ministre des Sports. On a évoqué justement tous ces chantiers qui sont devant nous. Le ministre a manifesté sa disponibilité à nous accompagner.
Est-ce qu’il y a une possibilité de voir cette équipe-là se préparer à Dakar ?
On avait envisagé déjà sur le stage de mai de le faire à Dakar, mais au dernier moment, nous avons décidé qu’on allait le tenir au Havre. Maintenant pour Dakar, l’équipe y sera au pire, juste avant le Tqo.
Pour combien de temps ?
On est en train de caler, parce que, il faut aussi caler avec l’agenda du championnat français puisque toutes nos joueuses évoluent en France. Il y a un championnat qui doit démarrer normalement. C’est l’équation que nous avons d’ailleurs par rapport aux Jeux Africains qui tombent dans la première ou deuxième semaine de démarrage du championnat de France. On est en train de réfléchir sur comment aborder cette question avec les différents clubs. Le souhait que nous avons, c’est qu’avant le Tqo qui est une compétition majeure, qu’on puisse avoir au moins quelques jours de préparation à Dakar et enchainer avec la compétition.
Concernant l’effectif, est-ce qu’il y aura un changement ?
Déjà le groupe s’est étoffé parce que durant le stage de mars qui a coïncidé avec la préparation des éliminatoires des Jeux Africains, le staff s’est renforcé avec l’arrivée de Dieynaba Sy, qui est une ailière gauche qui joue à Nice. Nous sommes également sur la piste de deux autres joueuses qui pourraient rejoindre la sélection nationale. Mais pour l’instant, je n’en dirai pas plus. Mais nous sommes en train d’étoffer. En même temps aussi nous faisons le lien avec les filles de moins de 20 ans qui sont ici au niveau local. Et d’ailleurs au stage qui va avoir lieu au Havre, il y a 4 filles des U20 qui ont récemment gagné le Challenge Trophy en Mauritanie et qui sont qualifiées pour le Challenge continental. Il y a Fama Sall, la gardienne, Khady Seck qui est une ailière de Saint-Louis, Ndèye Thiaba Ndiaye qui est du Disso et Mame Diarra Ndiaye du Duc qui est pivot. J’avais demandé au sélectionneur qui est là depuis le 4 avril de travailler avec les U20 pour avoir ce lien. Il est sur Guédiawaye, Thiès, en train de faire de la détection avec les U17, U20 et travaille avec les coaches locaux.
Comment se porte la capitaine des Lionnes, Doungou Camara, blessée et grande absente de la dernière Can ?
Elle est sur sa rééducation. Apparemment les choses se passent comme elle le souhaite. Elle sera dans les dispositions pour retrouver toute sa puissance d’ici les Jeux Africains au Maroc.
Organiser une compétition à Dakar, c’est facile, mais quand c’est à Dakar Arena cela demande d’autres moyens surtout le déplacement des supporters. Est-ce que vous avez déjà songé à la question ?
Oui, nous avons réfléchi à la question. Moi, je voudrais remercier encore une fois, le ministre des Sports et le président de la République. Parce que si nous accueillons cela, c’est parce que nous avons l’onction de l’Etat. Organiser sur Dakar Arena, c’est à la fois assurer une bonne installation des athlètes dans des hôtels. L’option qui est prise, c’est de mettre les athlètes dans un hôtel à Saly y compris d’ailleurs, le staff de la Con­fédération. Chaque sélection aura droit à son bus. Les officiels et les arbitres auront droit à un certain nombre de véhicules qu’on mettra à leur disposition. En dehors de ça, nous devons compter sur le public de Thiès, de Mbour et de Dakar. Il faut que la famille du handball fasse de cet évènement le sien. Et pour cela, il nous faut mobiliser un système de transport qui sera gratuit pour quitter Dakar et rallier Dakar Arena. Nous avons ciblé certains points de Dakar où nous avons une certaine tradition handballistique avec des passionnés de handball qui sont là-bas. Nous en avons à Médina, aux Parcelles Assainies, Guédiawaye, Thiaroye et à Keur Massar. Nous avons tous ces jeunes qui sont en train de travailler aujourd’hui avec leur entraineur. C’est impressionnant. Moi, je vais à la salle de Guédiawaye pour suivre les séances de détection de Frédéric Bougeant. Et quelquefois, ce sont des centaines de jeunes filles qui viennent de Thiaroye, de Keur Massar, de Yeumbeul, Sacré Cœur… Et voilà, Il y a déjà un positionnement des systèmes de transport. Là où on a la certitude de recevoir du public, c’est Rufisque où nous allons également mettre un système de transport. Notre ambition, c’est que la famille du handball réponde à ce grand événement qui va être un test pour la Can à venir. Un évènement pour lequel nous avons toutes les chances de décrocher un ticket qualificatif aux Jeux Olympiques. Ce qui serait historique tout comme l’ont été la finale de 2018, la médaille de bronze aux Jeux Africains passés. Voilà, je pense que le handball, aujourd’hui, est sur cette trajectoire de conquête des titres. Et ce serait bien qu’on décroche cela, ici chez nous avec le soutien du public derrière les filles.
Le handball sera-t-il présent aux Jeux Olympiques de la Jeunesse ?
Si on aura du handball, mais du beach-handball. Si vous regardez bien, moi j’ai de plus en plus missionné Fred au-delà de la sélection féminine. Aujourd’­hui, on est en train de travailler sur la mise en place d’un Centre national d’entrainement. Les détections sont en cours avec des tranches d’âge à partir de 2004. Tout cela, pour essayer de bâtir quelque chose à la fois pour les prochaines sélections nationales, mais aussi en perspective des Joj. Aujourd’hui, il faut construire, il faut travailler sur la petite catégorie. Ça n’intéresse pas les sponsors. Il faut aller trouver les moyens. Mais c’est l’ambition qui est là de bâtir tout cela et d’offrir au Sénégal des équipes compétitives chez les jeunes à l’horizon 2022. A partir de là, j’estime que la mission sera totalement accomplie parce qu’il y aurait quelque chose de très solide qu’on pourrait laisser pour ceux qui viendraient derrière.

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