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Par Gilles Arsène TCHEDJI – arsene@lequotidien.sn (Envoyé spécial à Tunis) – Mme Yors, beaucoup de journalistes africains ont souhaité être ici et n’ont pas pu. Présentez-nous le rôle et le travail de votre commission aux Jcc…
En tant que chargée du département presse et du partenariat avec les médias, ma tâche est de coordonner avec tous les journalistes accrédités et non accrédités leur participation aux Jcc. Nous avons commencé de travailler depuis plus de 5 mois pour recevoir les demandes d’accréditation. Que ce soit les chaînes nationales comme internationales. On a eu des milliers de demandes. Nous avons fait un petit tri. Nous avons des journalistes qu’on appelle «Les amis du festival» qui viennent souvent faire la couverture. Comme nous voulons chaque année nous ouvrir à d’autres journalistes d’autres pays pour qu’ils participent à la couverture des Jcc, nous avons pris quelques autres journalistes en plus. Même les journalistes tunisiens ont fait l’objet d’un tri parce que c’est un évènement très sollicité. La capacité des salles ne peut d’ailleurs tolérer la présence de plusieurs journalistes, donc on essaye de satisfaire par média. On veut que chaque média soit présent, mais on est obligé de faire ce petit tri pour avoir une panoplie mosaïque de journalistes.
Quel genre de journalistes ou de médias avez-vous privilégié ?
Généralement, ceux qui sont habitués à écrire sur le cinéma parce qu’écrire ou s’intéresser au cinéma, ce n’est pas seulement pendant les Jcc. C’est tout au long de l’année. Il ne faut pas négliger le cinéma tout au long de l’année. Cela veut dire ceux qui écrivent souvent. Nous connaissons à l’échelle nationale les gens qui écrient souvent sur le cinéma. Les gens qui sont toujours dans les salles de cinéma ont la priorité.
A l’échelle internationale, nous sommes un festival arabe et africain, et donc nous avons invité des journalistes venant des pays arabes : les Egyptiens, les Liba­nais, les Marocains, les Algériens et les Saoudiens qui participent pour la première fois aux Jcc. De l’autre côté, nous avons nos amis subsahariens qui nous viennent du Burkina Faso, du Ghana, du Niger, du Sénégal, du Tchad. Ce sont des pays qui ont des films en compétition. Il y a également l’Afrique du Sud et beaucoup de pays d’Afrique. Nous avons aussi fait une ouverture parce que c’est un festival qui devient de plus en plus connu à l’échelle internationale. Donc nous avons des journalistes qui viennent de l’Eu­rope. Cette année, nous avons eu des partenaires comme Tv5, Fran­ce24 et France3 qui sont venus. Il y a plusieurs magazines spécialisés en cinéma qui sont présents, des journalistes de l’Es­pagne, de l’Italie et d’Alle­magne…
Combien de médias sont accrédités au total ?
On est arrivé à donner 450 accréditations pour des journalistes tunisiens et 250 pour les journalistes étrangers. Il est à noter qu’il y a une journaliste qui est arrivée du Canada, elle est présente. Elle a entendu parler des Jcc, elle a envoyé une demande et on s’est intéressé à la demande. Elle est là parmi nous. Ça fait plaisir. Cela ne peut que grandir le festival. Il faut aussi qu’il soit connu dans les 4 coins du monde. Peut-être que l’année prochaine nous essayerons de trouver un journaliste de l’Australie…
Votre travail s’arrête-t-il au soir du festival ?
Certainement pas ! Le département presse travaille 5 mois avant le festival. Et on peut terminer 3 mois après le festival pour ramasser toutes les retombées, que ça soit presse écrite, électronique ou audiovisuelle. Cela nous prend 2 à 3 mois de travail. Même le jour où on termine notre dossier de presse, il nous arrive d’autres retombées après l’impression du presse book. On fait dans ce cas un supplément. Donc, le travail ne s’arrête pas réellement. On peut parler des Jcc dans 6 ou 7 mois dans une émission de télévision… Ce qui est bien, c’est après des critiques ou des articles de fond, des opinions qu’on ramasse dans un supplément. C’est toujours bénéfique pour le festival.
«Gérer les journalistes pendant le festival, ce n’est pas aussi facile»
Parlez-nous des difficultés que vous rencontrez dans cette commission…
Oui ! C’est très difficile. Gérer les journalistes, ce n’est pas aussi facile. Même à l’échelle nationale, il y a une évolution médiatique énorme. Quand on compare le nombre de médias qui existaient et maintenant, cela n’a rien à voir. On avait juste en 2011 une télévision publique et 2 privées, une radio privée et une publique, un site internet ou 2. Maintenant, le nombre se multiplie par 20 ou 30. On a des télés partout, des radios locales, les sites internet deviennent quotidiens. On peut faire un site en un jour ; donc on doit gérer tout ça. On doit essayer de satisfaire tout le monde.
A l’échelle internationale, nous avons des invités. Ils ne sont pas chez eux, ils ne savent pas comment circuler dans la ville. Ils ne connaissent pas le lieu des salles de cinéma. Ils ne connaissent pas les acteurs, les producteurs. Ce département doit assurer le contact, le déplacement. On essaie de faire de notre mieux. Il y a des journalistes qui sont courageux, ils sortent dans la rue. Ils découvrent et ça c’est normal, c’est l’instinct journalistique. Mais il y d’autres qui ne savent rien faire si on ne les oriente pas. On est là pour être avec eux. Ils sont nos invités. Espérons que nous allons réussir à satisfaire tout le monde ! Cela fait 20 ans que je travaille dans ce domaine. C’est un domaine qu’on aime. On ne peut pas le faire sans amour ; donc on se donne à fond. J’ai une petite expérience qui me permet de connaître et d’anticiper les demandes des journalistes.

arsene@lequotidien.sn

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