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Le ministre de l’Environnement et du développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé, a présidé hier au Centre de formation et de recyclage de Thiès la 6e Assemblée générale ordinaire de l’Union nationale des coopératives des exploitants forestiers du Sénégal (Uncefs). Une occasion pour le président de ladite union de demander l’évaluation du Projet de gestion durable et participative des énergies traditionnelles et de substitution (Progede).

«Nous avons constaté avec le Projet de gestion durable et participative des énergies traditionnelles et de substitution (Progede) que le nombre d’exploitants forestiers a triplé. Les zones d’exploitation dites aménagées donnent l’occasion à des néophytes de s’engouffrer dans la spéculation des titres d’exploitation forestière. Et à l’arrivée, nous constatons un surplus de production de charbon de bois qui crée une situation de mévente constatée dans les centres de commercialisation.» L’avis est du président de l’Union nationale des coopératives des exploitants forestiers du Sénégal (Uncefs), Abdoulaye Sow. C’était, hier, à l’occasion de la 6e édition de l’Assemblée générale ordinaire de ladite union. Une rencontre qui entre dans le cadre de l’évaluation du Progede 1 et 2 par ladite union. «Nous avons soutenu et déroulé ce programme que nous pensions scientifique depuis 10 ans. Pré­sentement, nous souhaitons marquer une pause pour l’évaluer parce que nous sommes des professionnels», a laissé entendre M. Sow qui n’a pas manqué de demander à l’Etat «une évaluation et une réorientation de ce programme pour permettre aux professionnels de travailler en respectant les consignes techniques». Aux membres de l’Uncefs, il demandera «de faire une introspection en vue de rejeter les mauvaises pratiques aux antipodes d’une exploitation saine et rationnelle des ressources naturelles et d’adopter les bonnes pratiques de gestion des ressources naturelles et le respect total des prescriptions édictées dans le plan d’aménagement. Et au vu des menaces causées par les changements climatiques dans les pays sahéliens caractérisés par un déficit pluviométrique persistant, il urge de prendre des mesures énergiques pour adapter nos approches et méthodes en ma­tière de gestion des ressources naturelles».
Par ailleurs, l’Uncefs apporte son soutien à la politique du président de la République, Macky Sall, à travers le Plan Sénégal émergent. Engouffrant dans cette brèche, le ministre de l’Environ­nement et du développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé, qui a ouvert l’édition 2017 de l’Assemblée générale ordinaire de l’Uncefs, de soutenir que «l’une de nos ambitions déclinées dans le Pse est le développement du secteur forestier. Cette politique que nous encourageons et soutenons fortement demande des efforts considérables de la part de tous les acteurs, particulièrement ceux concernés par l’exploitation des ressources dont certaines pratiques ont parfois un impact négatif sur l’environnement forestier. Ainsi et pour réaliser cette vision bien partagée par le président de la République, des orientations importantes ont été prises depuis quelques années». Il s’agit en effet, selon Bibi Baldé, de «l’exploitation forestière basée sur l’estimation des possibilités an­nuelles des forêts, l’utilisation de moyens techniques adaptés dans l’exploitation et la transformation des produits forestiers. Egale­ment, la domiciliation progressive de toutes les productions forestières dans les formations aménagées, celle du charbon de bois étant effective depuis 2008 et le transfert aux collectivités locales de la gestion des forêts communales aménagées. Aussi, le développement d’un secteur privé capable de gérer l’ensemble des filières d’exploitation et de commercialisation des produits forestiers», a énuméré le ministre de l’Environnement qui estime que d’importants ré­sultats probants sont enregistrés de nos jours grâce à l’appui indéfectible des partenaires techniques et financiers du Sénégal dans le cadre de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement. Lesquels résultats, selon lui, «représentant le fruit de sacrifices et d’efforts colossaux de l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion des ressources naturelles de manière générale et forestières en particulier depuis déjà plusieurs années, se doivent d’être consolidés et renforcés». Toutes raisons, pour lui, de souhaiter que «l’Ag de l’Uncefs soit un espace d’échanges qui permette d’améliorer et de renforcer les mesures prises jusque-là et qui ont rendu possibles les grandes et louables avancées du secteur forestier». Par ailleurs, le ministre a réitéré l’engagement de l’Etat du Sénégal pour la préservation de nos forêts car, a-t-il laissé entendre, «les retombées économiques qui peuvent découler de l’exploitation des ressources forestières incitent parfois à des pratiques illégales qui perturbent l’équilibre de nos écosystèmes et provoquent la dégradation de notre patrimoine forestier. Soucieux de la gestion durable de notre potentiel forestier et engagé à l’amélioration des conditions de vie de toutes les couches de la population sénégalaise, le président de la République a impliqué l’ensemble des forces de défense de la Nation, en accompagnement à la direction des Eaux et forêts, à la cause de la préservation de nos forêts».
nfniang@lequotidien.sn

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