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L’essentiel des économies constituées par les Sénégalais échappe aux institutions financières du fait que les individus sont plus enclins à faire de la thésaurisation, révèle la Direction de la réglementation et de la supervision des Systèmes financiers décentralisés (Drs-Sfd) qui présentait hier les résultats de l’enquête sur la situation de référence de l’inclusion financière au Sénégal (Esrif) qui a été menée en 2017.

Beaucoup d’efforts restent à faire pour booster l’utilisation de l’épargne au Sénégal. 34% des adultes interrogés dans le cadre de l’enquête sur la situation de référence de l’inclusion financière au Sénégal (Esrif) 2017 disent qu’ils épargnent, mais seuls 15,3% le font au niveau des institutions financières classiques, notamment les ban­ques, les Systèmes financiers dé­cen­tralisés (Sfd), la Poste. L’essentiel des économies constituées par les Séné­galais échappe au circuit financier de façon directe, relève Amar Seck de la Direction de la réglementation et de la supervision des Systèmes financiers décentralisés (Drs-Sfd) qui présentait hier les résultats de l’Enquête sur la situation de référence de l’inclusion financière au Sénégal (Esrif).
Généralement, lit-on dans le résumé analytique, «les individus sont plus enclins à conserver les économies dans les associations ou tontines (29,1%), sur eux-mêmes (27,4%), dans un endroit sûr à la maison (23,1%) ou en nature (bétail, volaille, stock, bijoux etc.)».
Cette situation est imputable, d’après les enquêteurs, «au montant minimal exigé et le niveau de revenu des populations». Comme autres obstacles majeurs à la constitution de l’épargne dans les banques, Sfd, la Poste, le document note «le manque d’intérêt, l’incompréhension des termes utilisés et l’inaccessibilité».
Dans le cadre de l’offre financier au Sénégal, l’Esrif montre également que les instruments financiers les plus connus par la population sont le transfert d’argent, le chèque, le compte d’épargne. Néan­moins, souligne Amar Seck, 30% des adultes sénégalais ne connaissent aucun des termes financiers ci-dessus.
En termes d’accessibilité des points de services, ces derniers et la monnaie mobile sont plus proches des populations. Ils se situent à moins de 500 m des lieux de travail ou domiciles pour respectivement 59% et 42% de la population. Les pourcentages de populations installées à cette même distance des banques et Sfd sont respectivement 14,4% et 20,8%.
L’ouverture d’un compte auprès d’une institution financière formelle concerne 21% de la population et ce taux atteint son niveau le plus élevé (15,1%) au niveau des Sfd, alors qu’il est de 7,8% pour les banques.
Le taux combiné d’accès à un compte au niveau d’une banque ou d’un Sfd est de 20,5%, relevant ainsi le faible taux d’accès pour les assurances (1,7%) et la Poste 0,7%.
Le taux de détention de compte varie nettement selon le milieu de résidence. Il est de 31% pour les urbains et de 10,4% pour les ruraux.
Les principaux sont, entre autres, le besoin d’épargner, la domiciliation de salaire et l’accès au crédit. Pour la domiciliation de salaire, le choix porté sur les banques concerne 45,8% des individus et pour l’accès au crédit, 49,4% de la population ont choisi les Sfd.
Le taux d’utilisation des services financiers calculé, en tenant compte à la fois des personnes détenant un compte dans une institution financière classique et celles utilisant la monnaie électronique, est ressorti à 41,6%. Le taux d’utilisation des services financiers le plus élevé apparaît en zone urbaine.
dialigue@lequotidien.sn

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