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L’épidémie de dengue, qui sévit dans la commune de Fatick, inquiète les populations du quartier Sampathé 2, où le paludisme fait des ravages depuis les inondations du 20 septembre dernier. Ces habitants de la commune de Thiès-Est, qui sont sortis hier pour se scandaliser du taux élevé de cette pathologie chez elles, demandent l’aide des autorités.

Sampathé 2 a de la fièvre ! En «terrain fertile», le paludisme y fait des ravages. Dans sa marche funèbre, la pathologie dissémine ses parasites dans le quartier. Conséquence : «Nous avons le taux le plus élevé du paludisme dans la commune de Thiès-Est», renseigne Mbaye Fall. S’expri­mant au cours d’une manifestation des populations de, le porte-parole du jour estime : «Nous ne sommes pas en mesure de donner un chiffre exact des personnes atteintes du paludisme, tellement les malades sont nombreux. L’infirmier-chef de poste débordé est assailli de toutes parts. Les habitants craignent surtout pour la santé de ses enfants parce que la pathologie y fait des ravages. Les moustiquaires ne peuvent rien contre les moustiques.» Pour cause, explique-t-il, «les eaux stagnantes qui sont visibles partout dans le quartier à cause du problème d’assainissement que vit la ville de Thiès». Conséquence : «La prolifération des moustiques qui survolent le quartier de jour comme de nuit. On n’ose même pas ouvrir la bouche la nuit à cause des moustiques.» Pour dire que «nous sommes extrêmement fatigués. L’eau des pluies qui vient d’ailleurs nous assaille, nos maisons sont détruites, nous sommes malades…». Même son de cloche du côté des femmes du quartier Sampathé 2. «Nous nous réveillons, nous mangeons et dormons avec les moustiques et les mouches», disent-elles. Elles attirent l’attention des autorités locales et sanitaires, surtout en cette période où il y a l’apparition d’une épidémie de dengue au Sénégal. «Nous avons peur. Nous vivons terriblement la hantise de la maladie de la dengue», se lamentent les femmes de Sampathé 2. Un tableau sombre auquel s’ajoutent les accidents mortels dont sont victimes les enfants de ce quartier. «Deux de nos enfants viennent de perdre la vie en l’espace de quelques jours dans cet espèce de lac artificiel qui se trouve à 200 mètres de nos concessions», s’étranglent les populations qui interpellent les autorités pour que des mesures sécuritaires soient prises. «Nous demandons au Président Macky Sall, puisque les autorités locales nous ont oubliés, un programme d’assainissement pour notre quartier parce que nous sommes à bout», disent les populations qui dénoncent qu’un quartier comme Sampathé 2, au cœur de la commune de Thiès-Est, soit victime des inondations depuis des années sans une réaction des autorités.
En effet, logée dans une cuvette, la ville de Thiès reste le réceptacle des eaux pluviales qui dévalent des collines du plateau et ruissellent vers la vallée de Fandène. Ces eaux charrient des matériaux issus du décapage qu’elles déposent dans les zones de dépression. Ce qui fait que le ruissellement entraîne l’accumulation de gravats et de boue qui obstruent les canaux d’évacuation et les grilles avaloirs. Un phénomène qui explique, en grande partie, les inondations dans certains quartiers de Thiès. A cela s’ajoutent des dysfonctionnements du réseau d’assainissement tant décrié par l’imam de la grande mosquée de Thiès, Babacar Ndiour, lors de son sermon à l’occasion de la Tabaski. Dans certaines zones englouties par les eaux, comme les quartiers Nguinth, Madina Fall, Keur Ablaye Yakhine, Sampathé, Tokholithe, le village de Thiès-None, la désolation est à son paroxysme, surtout du côté des jeunes et des femmes qui, à chaque occasion, se livrent spontanément à des mouvements d’humeur pour dénoncer les «lenteurs dans les actes que posent les autorités compétentes par rapport aux opérations hivernales à mener».
nfniang@lequotidien.sn

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