PARTAGER

Tous les moyens étaient permis pour les exploitants clandestins, les trafiquants pour s’accaparer des ressources. Comme en attestent les sévices subis par les populations civiles à Tamp et les tueries de Diagnon et de Bofa. A Tamp, ex-communauté rurale de Boutoupa Camaracounda, c’est une vingtaine de personnes originaires des villages d’Agnak et de Fanda, partis à l’assaut de produits forestiers, qui ont vu leur oreille gauche sectionnées il y a près d’une dizaine d’années par des bandes armées supposées appartenir au mouvement irrédentiste. «Nous pensons que ce sont des éléments du Mfdc mais nous ne comprenons pas pourquoi ils nous ont fait ça», avait lâché une victime rencontrée à l’Hôpital régional de Ziguinchor. En tout cas, selon plusieurs sources concordantes, Atika, par cet acte horrible, entendait signifier aux populations de ne plus s’aventurer au niveau des vergers encore moins en brousse. Diagnon, communauté rurale d’Adéane ! C’est ici que fut perpétré le 21 novembre 2011, un massacre attribué à des éléments supposés appartenir au Mfdc et qui a coûté la vie à 11 civils. Des victimes appartenant à un groupe de scieurs qui s’étaient rendus dans la forêt classée de Bissine, près de la frontière bissau-guinéenne, pour couper des arbres. Leur tort : c’est d’avoir voulu arracher aux bandes qui squattent la zone leur gagne-pain. Preuve que l’exploitation forestière était devenue un sujet explosif en Casamance : Bofa-Bayotte ! Ici au niveau de cette localité de la commune de Nyassia, ce fut le 6 janvier 2018 une funeste opération, selon des sources concordantes, d’éléments lourdement armés d’Ak 47 et supposés appartenir à la branche armée du mouvement irrédentiste, qui a laissé derrière elle treize (13) morts ainsi que six (6) blessés. Cette atrocité, pour nombre d’observateurs avertis de la crise casamançaise, serait la résultante d’un double contentieux entre le Mfdc et les coupeurs de bois mais également entre ces derniers et le Comité inter-villageois de gestion et de vigilance contre les coupes clandestines de bois dans la forêt de Bayotte.
Une structure qui polarise plusieurs villages directement concernés par le trafic de bois dont Toubacouta, Bourofaye Baynouck, Bourofaye Diola, Bofa Bayotte, Katouré et qui est mise sur pied par ces populations pour prendre en charge à la base cette question de l’environnement et plus particulièrement celle de la forêt de Bayotte qui fait l’objet, à leurs yeux, de pillage systématique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here