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Extrait de sa cellule pour comparaître hier devant le juge des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar pour escroquerie, le prévenu Abdou Boucounta Mbengue a écopé d’une peine d’un an de prison ferme. Il doit aussi payer la somme de 18 millions de francs Cfa pour tous causes et préjudices confondus à la partie civile. Trois autres affaires relatives à des histoires de terrain le concernant étaient inscrites au rôle.

Pour la journée d’hier, le prévenu Abdou Boucounta Mben­gue a remporté la palme du plus grand nombre de comparutions à la salle des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar. Il a été extrait de sa cellule pour répondre à quatre procédures pour le délit d’escroquerie.
Le représentant du ministère public renseigne que d’autres plaintes sont présentement déposées contre lui au niveau des brigades, mais aussi du Parquet. En effet, c’est une histoire de foncier qui est à l’origine des déboires judiciaires du sieur Mbengue. Il y a un an, le prévenu avait vendu à la Cité Keur Gorgui un terrain d’une superficie de 300 m2 au nommé Dame Ciss. Dans un protocole signé, les deux parties sont tombées d’accord sur la somme de 18 millions de francs Cfa pour l’achat de la parcelle. A la barre, la partie civile a indiqué avoir remis la somme de plus de 14 millions de francs Cfa à Abdou Boucounta Mbengue.
Avant la signature du protocole, dit Dame, ils se sont tous rendus sur le site en question pour vérification. Alors, au moment du démarrage des travaux, M. Ciss a été surpris d’apprendre que le terrain appartenait à un tiers.
La partie civile va demander par la suite le remboursement de son argent. Las de courir après son dû sans succès, M. Ciss a décidé de porter plainte. «Il m’avait dit que le terrain était sa propriété», a rappelé la partie civile. Ce que le prévenu a nié. Selon lui, dès le départ, il avait avoué au sieur Ciss «qu’il n’était pas propriétaire, mais qu’il a introduit une demande pour l’acquisition d’un bail». Un argument qui n’a pas convaincu le représentant du Parquet qui estime que le prévenu a usé de «manœuvres frauduleuses». Toujours dans son réquisitoire, le maître des poursuites a fait une requête auprès du juge et de ses assesseurs. Il déclare : «Il a fait de l’escroquerie foncière sa principale activité. Il est temps de le mettre hors d’état de nuire. Ses antécédents judiciaires ne lui ont pas servi de leçons.» Pour la peine, le Parquet a requis 2 ans de prison ferme.
Auparavant, la partie civile, par le biais de son avocat Me Bamba Cissé, a réclamé la somme de 30 millions de francs Cfa de dommages et intérêts pour tous causes et préjudices subis. Selon la robe noire, le préjudice est énorme. «C’est un habitué des faits. Il maîtrise tous les arcanes de la matière foncière. C’est pourquoi il a usé de ce protocole d’accord pour tromper mon client», fait savoir Me Bamba Cissé.
En réponse, la défense dira que «son client ne s’est jamais prévalu de droit réel. Et M. Ciss était au courant de toute la procédure de régularisation du terrain. Mon client n’est pas coupable des lenteurs administratives», défend l’avocat de Abdou Boucounta Mbengue. A titre principal, l’avocat a plaidé la relaxe pure et simple. A défaut, il a demandé une application extrêmement bienveillante de la loi pénale.
Finalement, le prévenu Abdou Boucounta Mbengue a écopé d’un an de prison ferme pour escroquerie. Il doit aussi allouer la somme de 18 millions de francs Cfa pour tous causes et préjudices confondus à la partie civile, en attendant les autres affaires.
msakine@lequotidien.sn

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