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Momar Séga Diagne et Alassane Ndiaye ont comparu respectivement pour escroquerie et abus de confiance et complicité d’escroquerie. Ils sont poursuivis pour ces chefs par le producteur Khadim Thiané et une société qui exploite du sésame. Après avoir trouvé un compromis avec le producteur Khadim Thiané, le prévenu Momar Séga Diagne a passé une commande. Mais, ne connaissant pas l’acheteur, qui a promis de payer 48 heures après le déchargement, la partie civile a préféré s’entourer de plus de garanties. C’est ainsi que Khadim Thiané a demandé à son client d’assurer les frais de transport aller-retour estimés à 800 mille francs pour les 40 tonnes vendues  à 23 235 000 francs.
Dans sa relation des faits, Momar Séga Diagne déclare que c’est un ami qui lui a mis en rapport avec Khadim Thiané pour acheter du sésame. Et quand il a pris contact avec ce dernier, celui-ci lui a dit qu’il en dispose. «Je lui ai dit que j’ai un client  qui voulait du sésame, mais il ne peut pas payer cash. C’est 48 heures après le déchargement qu’il va payer. Nous sommes tombés d’accord sur le principe pour 80 tonnes.  Pour plus de garantie, il m’a demandé de payer le prix du transport aller-retour, comme ça au cas où le produit ne serait pas acheté, il pourra le ramener à Touba à mes frais. Quelque temps après il m’a appelé pour me dire qu’il ne dispose que de 40 tonnes  et nous sommes tombés d’accord sur le montant de 800 mille francs pour le transport. Ainsi, nous avons fait un document d’entente. Et après le tonnage, j’ai remis les originaux à Alassane Ndiaye qui m’a dit que la marchandise lui revient», a relaté le mis  en cause selon qui son coprévenu, après le déchargement, a prétendu que le sésame lui appartenait. Il a aussi précisé à l’intention du tribunal qu’il devait bénéficier d’une caution estimée à 30 mille francs par kilogramme. Pour sa défense, Alassane Ndiaye a reconnu avoir reçu le sésame. Cependant, il reconnait avoir eu des difficultés financières. Ce qui ne lui a pas permis de respecter le délais de 48 heures qu’ils ont fixé au vendeur. Et pour qu’il ne perde pas patience, il lui a fait un chèque de 23 235 000 francs tout en sachant que son compte n’avait pas de provision.  Il a aussi expliqué que la société qui exploite le sésame lui a remis un montant de 32 millions de francs pour 65 tonnes, mais il n’a pu disposer que de 40 tonnes et reste leur devoir 25 tonnes.
Fatigué de ce jeu de ping-pong, Khadim Thiané a porté plainte contre Momar Diagne pour escroquerie. De même la société, qui exploite le sésame, n’a pas manqué de poursuivre son fournisseur pour abus de confiance. Lequel répondait aussi du délit de complicité d’escroquerie.  Si la société n’a rien réclamé, ce n’est pas le cas du producteur Khadim Thiané, qui a demandé en guise de dommages et intérêts, le montant du préjudice qui lui a été causé. Après avoir demandé la relaxe pour le délit d’abus de confiance pour Alassane Ndiaye, parce que la partie civile a estimé qu’il n’existe pas, le procureur a demandé  de les déclarer coupable des autres chefs et de les condamner à 8 mois ferme.
Du côté de la défense, on estime qu’il s’agit d’un contrat commercial et que par conséquent, cette affaire devait être jugée devant la chambre sociale. De l’avis de Me Aly Kane, il est établi que le chèque destiné au paiement était perçu bien avant.  C’est pourquoi «on n’est pas dans l’hypothèse d’une escroquerie. Nous sommes face à un contrat de spéculation à autrui. Car la partie civile, remarque la robe noire, a accepté le principe en exigeant une garantie de 800 mille».  A l’en croire, il y a seulement un retard de paiement qui n’est pas synonyme d’escroquerie. Il a plaidé la relaxe.
justin@lequotidien.sn

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