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Assane Dièye a comparu vendredi passé devant le Tribunal des flagrants délits pour escroquerie et émission de chèques sur un compte fermé au préjudice d’une commerçante et de la Sonatel. Il risque 2 ans ferme, selon le réquisitoire du Parquet. Il sera édifié sur son sort le 8 janvier.

Assane Dièye, qui se faisait passer pour un opérateur économique et qui prétend être propriétaire de cinq sociétés, de plus de 30 comptes en banque, n’est pas méconnu des fichiers de police. Souvent rattrapé par son passé, il comparaissait pour sa quatrième fois devant les Tribunaux pour des affaires similaires. Comme il a toujours bénéficié d’une relaxe lors de ses jugements, l’homme d’affaires n’a rien retenu de ses arrestations. Cette fois, il risque gros si le Tribunal suit le réquisitoire du Parquet qui a écarté la peine avec sursis. Assane Dièye a été mis en rapport avec une certaine Mme Sy par un certain Dany. Elle lui a alors vendu des dattes pour une valeur de 4,9 millions F Cfa. Pour payer, il a remis à la dame Sy deux chèques qu’elle devait présenter à la banque, 10 jours après. Une fois à l’agence dans l’espoir d’entrer en possession de son dû, on lui a notifié que ce compte a été clôturé depuis belle lurette. Ayant senti ainsi une duperie, elle a porté plainte contre Assane Dièye pour abus de confiance.
Selon El. H. Abdoulaye Lô, représentant de la Sonatel, le prévenu s’est présenté en 2018 à la Sonatel pour acheter des téléphones. Il a pris six des plus chers pour un coût global de 4,27 millions francs. Pour payer, il a aussi remis des chèques qui jusque-là n’ont pu être encaissés, faute de liquidités. Comme la dame Sy, il a été notifié à la Sonatel que le compte a été clôturé. C’est ainsi qu’elle a déposé une plainte au niveau de la Division des investigations criminelles contre l’homme d’affaires.
Interpellé, il a reconnu les faits et remis une avance d’un million à la Sonatel. Si la dame Sy, à qui il a avancé 400 mille francs, a réclamé 10 millions en guise de dommages et intérêts, la Sonatel quant à elle a réclamé ses 3 millions 427 mille restants. Comparaissant pour chefs d’escroquerie et émission de chèques sur un compte clôturé, Assane Dièye a nié les faits qui lui sont reprochés. Mais ce qui est paradoxal dans sa démarche, c’est qu’il a reconnu devoir de l’argent aux deux parties civiles. Pour se dédouaner, il a évoqué sa mort supposée. «La banque a pensé que j’étais décédé. C’est pour cela qu’elle a clôturé mes comptes», a-t-il laissé entendre.
De l’avis du Parquet, il ne peut bénéficier d’aucune circonstance atténuante. «C’est un habitué des faits. Il a toujours bénéficié de relaxe. Donc il ne peut mesurer la gravité de ses agissements. Il pense même pouvoir escroquer notre Tribunal», a dit le représentant du ministère public qui a requis de 2 ans ferme. Face à des faits aussi têtus, la défense a plaidé la relaxe pour l’escroquerie et sollicité une application bienveillante de la loi à son égard pour le délit d’émission de chèques sur un compte clôturé. La décision sera rendue le 8 janvier prochain.

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