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Plus d’un mois après le sit-in d’ouverture du mouvement illimité de protestation du personnel du Centre hospitalier régional El Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène de Thiès contre le «redéploiement injuste» du major du Service Orl Moustapha Faye, les perturbations se poursuivent de plus belle dans cet établissement sanitaire. Pour cause, des accusations et contre-accusations d’«escroquerie médicale» infectent l’hôpital, où les conséquences du prolongement du mouvement d’humeur en question se révèlent «désastreuses» dans la prise en charge des malades, du fait que seules les urgences sont assurées.

Par Ndèye Fatou NIANG
(Correspondante)

Les syndicalistes du Centre hospitalier régional El Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène de Thiès ont durci le ton dans leur mouvement d’humeur pour exiger de leur direction «l’annulation de la note de redéploiement du major du Service Oto-rhino-laryngologie (Orl)». Après le boycott des soins pour exiger le «versement des cotisations sociales, l’harmonisation des primes de transport et l’érection d’un service d’urgence digne de ce nom», le personnel de l’hôpital, préoccupé par ce «redéploiement» qui a été la «goutte de trop», a jugé nécessaire de remettre ça. Une mesure que les plaignants jugent «arbitraire» puisque, disent-ils, «la procédure n’a pas été légale». Selon eux, «le major du service en question, par ailleurs responsable des infirmiers et sages-femmes, est relevé de ses fonctions parce que simplement il s’oppose aux pratiques peu orthodoxes de son supérieur, le chef de service». En effet, dénoncent-ils, «le médecin-chef du service, Dr Ndiassé Ndiaye, officie  aussi ailleurs, hors de l’hôpital régional, dans une clinique qui est la sienne. Il se fait lui-même des clients, en orientant les patients venus se faire soigner à l’hôpital El Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène vers sa clinique» pour, soulignent-ils, «faire fortune». Ils pensent que c’est une «procédure immorale, blâmable», qui dénote d’une certaine forme d’«escroquerie médicale». Toutes raisons de la grève illimitée enclenchée depuis plus d’un mois à l’hôpital régional par le personnel de l’établissement sanitaire qui s’offusque du fait que Dr Faye ait été redéployé pour «motif d’incompétence» ; et pis, reconduit comme «simple infirmier». Et d’exiger : «Nous voulons que les droits de Dr Faye soient respectés.» Des allégations qui feront sortir de ses gonds Dr Ndiassé Ndiaye, lequel s’en est totalement inscrit en faux. Le chef du Service d’Orl rétorque sans ambages : «Il y a beaucoup de mafia au sein du centre hospitalier régional  de Thiès.» La vérité des faits, à l’en croire, «c’est qu’on m’avait signalé des malversations au sein de l’hôpital, en particulier au Service radiologie et scanner, mais je n’avais pas réagi parce que je voulais des preuves. Un jour, j’ai reçu un patient qui était venu de Touba, et quand je lui ai demandé à quel niveau il avait payé, il m’a clairement fait savoir s’être acquitté de son devoir auprès des éléments du Sutsas au Service radiologie pour le montant de 20 mille F Cfa». Ce qui veut dire, croit-il ferme, qu’«il y avait des caisses parallèles au Service radiologie et scanner. J’ai signalé cette faute à la direction, puis viré le major, car il était au courant des magouilles qui se faisaient dans l’hôpital». Il informe qu’«actuellement Moustapha Faye est dans les liens de la prévention et a été placé sous mandat de dépôt par le procureur de la République». C’est pour cette raison d’ailleurs, remarque-t-il, que «le Sutsas est en grève. Les syndicalistes réclament que le major revienne à son poste, mais qu’ils sachent qu’ils ne peuvent pas paralyser l’hôpital». Dr Ndiaye dénonce les informations distillées par les responsables syndicaux du Sutsas, Pape Mor Ndiaye et Rassoul Ba, selon lesquelles il aurait refusé d’orienter des patients vers ma clinique.  Main sur le Saint Coran, il a juré n’avoir jamais demandé à quiconque de lui amener des patients. D’ailleurs, tient-il surtout à préciser, «je n’ai même pas de clinique, je suis prestataire de service légal». Contre ces derniers, il a déposé une autre plainte. Avant d’attirer l’attention, dans sa quête d’innocence, sur son «appartenance à une famille religieuse. Je ne ferai jamais certaines actions immorales. Ils veulent que je fasse partie de leur système alors que je ne le ferai jamais. Moi je suis dans le système de Dieu et j’apporte au minimum les 20% du chiffre d’affaires de l’hôpital où je suis en service depuis 2002. Je fais partie des doyens et je ne travaillerai jamais avec des escrocs dans mon service». A présent, les syndicalistes grévistes et la direction sont en pourparlers pour essayer de trouver un dénouement heureux à cette crise qui a paralysé l’hôpital.

nfniang@lequotidien.sn

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