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Le Tribunal a condamné hier le prévenu Aboubacar Ngom à 3 mois d’emprisonnement ferme pour le délit d’escroquerie. Il s’était engagé à évacuer le sieur Abdoulaye Mademba Diallo en France pour des soins médicaux.

Abdoulaye Mademba Diallo se déplace à l’aide d’une chaise roulante. Depuis son accident, il a perdu l’usage de ses membres inférieurs. Son rêve de se faire évacuer en France pour des soins afin de retrouver sa mobilité a viré au cauchemar. Pourtant, il a donné une forte somme d’argent à Aboubacar Ngom, qui n’a pas cherché à nier les faits devant le juge des flagrants délits. D’après le plaignant, M. Ngom s’était engagé à l’évacuer en France dans un délai de 2 semaines. Ainsi, le malade et son frère, qui devait l’accompagner dans le pays de Marianne, ont donné chacun la somme de 385 euros pour les formalités de voyage. En plus de cette somme, soutient la partie civile, plus de 6 000 euros, soit plus de 3 millions 900 mille francs Cfa, ont été aussi remis au mis en cause. Cet argent était destiné aux frais médicaux. Après avoir réuni toutes ces sommes, avec l’aide de sa famille, cette personne à mobilité réduite a vainement attendu son évacuation. Las d’attendre, Abdoulaye Mademba Diallo relance Aboubacar Ngom sur l’état de son dossier. Celui-ci n’a pas trouvé mieux que de dire à la victime qu’elle est atteinte d’un mauvais sort, selon un marabout.
Très préoccupé par sa santé, Mademba n’a pas hésité à quitter sa Guinée natale pour venir au Sénégal, précisément à Bambey, auprès du médecin traditionnel. A un moment donné, M. Diallo a eu le flair de contacter la structure censée l’accueillir en France. Il lui a été signifié que son nom figure sur leur plateforme mais que sa facture n’est pas encore payée. Surprise. La structure basée en France, dit-il, a fait savoir également que Ngom n’est pas son représentant au Sénégal, ni en Guinée. A la barre, le plaignant a réclamé au prévenu la somme de 6870 euros (plus de 4 millions 500 mille) en guise de dommages et intérêts. Celui qui se présente comme neuro-kinésithérapeute et un neurochirurgien reconnait avoir encaissé les montants. Mais, il a imputé la responsabilité à un ami sans aucune autre précision. Selon le prévenu, le malade n’est pas parti parce que la facture n’a pas été payée. «J’ai commissionné un ami qui partait en France. Malheureu­sement, il n’a pas versé», sert-il comme explication.
Dans son réquisitoire, le procureur a émis des doutes sur la profession du prévenu. Parce que, dit-il, son statut n’est pas attesté. En tout cas, le représentant du ministère public est convaincu que «c’est par des manœuvres qu’il a réussi à soutirer les sommes d’argent à la victime. Il est atteint et convaincu des faits qui lui sont reprochés. Il y a bel et bien eu escroquerie. Aujourd’hui, il nous sert des explications alambiques». Pour la répression, il a requis une peine de 3 mois d’emprisonnement ferme.
Pour l’avocat de la défense, son client a reconnu qu’il s’agit d’une erreur mais qu’il n’est pas fautif. «Il est bel et bien représenté. Il était habilité à évacuer des patients en France. Il ne s’agit pas de faux nom, ni de fausse qualité. Une carte professionnelle a été présentée aux enquêteurs. Il n’y a pas de manœuvres frauduleuses. La procédure a été bien suivie. Sa qualité de médecin en Guinée est établie. Il a subi une formation militaire de base au Sénégal avant de faire des formations professionnelles en Guinée. L’usage de fausse qualité n’existe pas», a défendu l’avocat. Ce dernier a plaidé la relaxe de son client pour escroquerie. Il a été condamné finalement à 3 mois de prison ferme. Il doit allouer à la partie civile la somme de plus de 4 millions francs Cfa 400 mille francs Cfa pour toutes causes et préjudices subis.
msakine@lequotidien.sn

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