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Dans un nouveau rapport, l’Unicef montre que des progrès ont été notés concernant la déclaration des enfants à la naissance dans le monde. Toutefois, malgré les efforts, 166 millions d’enfants de moins de 5 ans ne sont pas déclarés dont la majorité en Afrique subsaharienne.

La déclaration des enfants à la naissance pose toujours problème. L’Unicef, dans un nouveau rapport, renseigne le «nombre de naissances enregistrées a nettement augmenté à l’échelle mondiale, et pourtant, 166 millions d’enfants de moins de 5 ans (soit 1 sur 4) ne sont pas déclarés». Cet organe des Nations unies, qui a publié ce document à l’occasion de son 73ème anniversaire, souligne que «beaucoup trop d’enfants passent encore entre les mailles du filet et ne sont ni connus ni recensés». Selon le rapport, «en dépit des progrès, la majorité des pays d’Afrique subsaharienne accusent un retard par rapport au reste du monde». Le document informe que «certains des taux de naissances enregistrées les plus faibles dans le monde se trouvent au Tchad (12%) ou en Guinée-Bissau (24%)». Quels sont alors obstacles à l’enregistrement des naissances ? Il s’agit, selon l’Unicef, «de la méconnaissance des formalités, le coût prohibitif de cette démarche, l’obtention d’un certificat de naissance et l’éloignement des centres d’enregistrement». D’après les auteurs du document, «les coutumes et pratiques traditionnelles dans certaines communautés (comme le fait de confiner les jeunes accouchées à l’intérieur) peuvent également empêcher l’enregistrement officiel des naissances dans les délais impartis». L’Unicef souligne aussi que «la détention d’un certificat de naissance, même en cas de naissance enregistrée, s’avère moins fréquente». D’après les statistiques, «237 millions d’enfants de moins de 5 ans à travers le monde (soit un peu plus du tiers) ne disposent pas de cette preuve officielle». Insistant sur la nécessité de déclarer les enfants à la naissance, la Directrice générale de l’Unicef rappelle qu’un «enfant dont la naissance n’est pas enregistrée est invisible». «Il n’existe pas aux yeux du gouvernement ou au regard de la loi», a-t-elle déclaré. Elle ajoute : «Sans preuve de leur identité, les enfants sont souvent exclus du système d’éducation et n’ont pas accès aux services essentiels comme ceux de la santé. Ils courent en outre un risque accru d’être victimes d’exploitation et de violence.»

La déclaration des enfants a progressé de près de 20%
Le document, qui est la compilation «de données provenant de 174 pays», montre que «la proportion mondiale d’enfants de moins de 5 ans dont la naissance a été déclarée a progressé de près de 20% en dix ans, passant de 63 pour cent à 75 pour cent». Selon l’Unicef, «les progrès observés à l’échelle mondiale s’expliquent en grande partie par les avancées majeures réalisées en Asie du Sud, notamment au Bangladesh, en Inde et au Népal» et aussi en Afrique de l’Ouest et du Centre. Dans ces régions, «l’enregistrement des naissances des enfants de moins de 5 ans a augmenté de 41 pour cent à 51 pour cent en 10 ans». Cela, soulignent les auteurs du document, «en dépit des multiples défis auxquels la région fait face». Selon l’Unicef, «les pays ont investi dans l’intégration de l’enregistrement des naissances au sein des services de santé et de vaccination pour élargir la couverture et l’accessibilité de ces services et atteindre les populations, y compris les plus vulnérables». Ce changement, soutient l’organisation, «est non seulement peu coûteux, mais également efficace pour augmenter les taux d’enregistrement nationaux, contribuant ainsi au progrès de la région dans son ensemble».
Pour protéger tous les enfants, l’Unicef «invite à mettre en œuvre cinq actions». Il est ainsi recommandé de «fournir à chaque enfant un certificat dès sa naissance, de donner les moyens à chaque parent indépendamment du genre, d’enregistrer leurs enfants à la naissance et gratuitement pendant leur première année de vie». L’Unicef demande aussi à «lier l’enregistrement de la naissance à d’autres systèmes tels que la santé, la protection sociale et l’éducation pour assurer à chaque enfant l’obtention d’un certificat de naissance». Et aussi «d’investir dans des solutions technologiques sûres et novatrices afin de faciliter l’enregistrement des naissances, y compris dans les zones difficiles d’accès».

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