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Une compétition «saine» entre les entreprises profite à plus d’un titre aux consommateurs. Elle impacte la croissance économique du pays et diminue le prix des produits. Seulement en Afrique, l’effet ne se fait pas sentir comme cela se devait à cause de cartels (union d’entreprises qui ont un but commun) tapis dans l’ombre appliquant des prix à leur avantage. «En 2013-2014, 42 affaires portant sur des accords horizontaux ont été traitées par neuf autorités, parmi lesquelles 50% ont fait l’objet d’une enquête de la Commission sud-africaine de la concurrence. Il a été relevé que les produits affectés par les cartels en Afrique sont, entre autres, les engrais, les aliments (y compris blé, maïs et pain), les produits pharmaceutiques, les matériaux de construction (y compris le ciment) et les services de construction», renseigne le rapport de la Banque dénommé Lever les obstacles qui a officiellement été publié hier. Et le plus inquiétant demeure l’inertie des Etats. En effet, «les amendes prévues et imposées aux cartels en Afrique ne sont pas assez élevées pour dissuader leur formation. Au Kenya, le montant maximum d’une amende est de 100 000$ environ. Et au sein de la communauté de l’Afrique de l’Est, il est de 10 000$». Cela, conjugué aux «sept pays qui ont mis en place un programme de clémence qui permet aux cartels de reconnaître leur implication dans une telle organisation et de coopérer pleinement avec l’enquête qui en résulte, en échange de sanctions réduites», place l’Afrique dans le wagon des continents dont «la lutte anti-cartels demeure relativement faible». Ce rapport s’est concentré sur 3 secteurs.

Constat sur les marchés de l’engrais, le ciment et les télécoms
Pour le marché de l’engrais, il est dit que dans plus de la moitié des pays africains, un seul fournisseur d’engrais détient plus de 50% du marché, et moins de la moitié ont vu un nouvel arrivant dans l’importation ou la production des engrais au cours des trois dernières années. Il serait profitable de supprimer les restrictions réglementaires qui empêchent l’entrée, de disposer d’un système d’appel d’offres concurrentiel et d’effectuer une intelligence des marchés en vue de détecter des problèmes de concurrence.
En ce qui concerne le ciment, la petite taille des marchés, les économies d’échelle, la surcapacité, la dépendance sur le commerce intra régional et les contacts multi-marchés, entre autres, influencent la dynamique concurrentielle des marchés du ciment. La mise en application de la législation régissant la concurrence, l’élimination des barrières non douanières et la mise en place de règles favorables à la concurrence, permettant l’entrée dans la production du clinker et du calcaire, permettront aux consommateurs africains d’épargner 2,5 milliards de dollars par an.
Et pour les télécoms, les marchés africains de téléphonie mobile et des services sans fil présentent une forte concentration. Dans 27 pays, un acteur détient plus de 50% des parts de marché. Les monopoles existent toujours en Afrique : 11 dans les services de passerelle internationale et 6 dans les services d’internet sans fil. Favoriser une participation étatique qui n’entraîne pas de distorsion, l’attribution concurrentielle du spectre et une bonne régulation du tarif de terminaison d’appels seront importants pour la région.
mgaye@lequotidien.sn

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