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En dehors de mes activités d’investisseur dans l’hôtellerie, j’exerce aussi en second plan dans le parc animalier. J’ai investi dans un parc qui s’appelle Crocoparc à Ndianda il y a dix ans de cela, justement pour créer une attraction touristique sur la Petite Côte parce que ça nous faisait défaut.
Franchement, ce que je suis en train de dire là, c’est «un coup de gueule». J’ai vu le parc de Hann qui est un endroit sublime, qui a été dans le temps un point phare de nos attractions dans la région de Dakar parce qu’il drainait des enfants pour l’éducation, des touristes qui sont dans le tourisme d’affaire ou balnéaire qui venaient de la Petite Côte. Certains touristes venaient même de Saint-Louis jusqu’au parc de Hann pour voir ces animaux-là.
Aujourd’hui, je ne sais pas ce qui s’y passe. De voir l’état pittoresque de ce parc-là avec des animaux très fatigués, gisant par terre, vraiment ça fait mal au cœur. Et moi, c’est un cri du cœur que je lance parce que nous sommes ici à Dakar, la capitale du Sénégal, on va dire la porte d’entrée de l’Afrique. Et on a un parc ici, là où se trouvent toutes les institutions nationales et internationales, toutes les Organisations non gouvernementales (Ong) qui ont des budgets pour appuyer ce genre de produit-là…
Voir cela sans rien dire, moi je ne peux pas. Et donc, je ne peux pas m’empêcher d’attirer à ce propos l’attention de nos pouvoirs publics, des Ong de faire un tour là-bas et de regarder un tout petit peu parce que ce parc est dans un état lamentable… Soit, cette situation est due à un manque de connaissance – comment gérer des animaux, soit c’est un manque de budget – comment gérer la santé, la nourriture, l’espace convivial de ces animaux qu’on a capturés.
Il ne faut pas oublier que quand on met un animal en captivité, on a la responsabilité, je vais dire à 1 000% de la survie de cet animal, parce que s’il est dans la nature, il va se débrouiller pour boire, trouver sa nourriture naturellement. Donc, quand on le met en captivité, surtout pour gagner de l’argent, que l’animal devienne un produit commercial, je crois que c’est honteux de voir ce qu’on a ici, dans la parc de Hann.
Si par exemple les personnes ressources qu’on a placées là-bas ne sont pas capables, il faudrait voir cette affaire au plus vite. C’est vraiment une urgence. Et avec nous qui sommes des privés sénégalais et qui évoluons dans le secteur, si vous allez à Noflaye, vous constaterez qu’il y a un parc de tortues qui est bien entretenu, Bandia c’est bien entretenu. Chez moi, au Crocoparc, c’est aussi bien entretenu. Mais on n’a qu’à faire appel au privé pour voir les solutions qu’il peut apporter. Un parc, ce n’est pas une affaire d’Etat, c’est un produit touristique attractif qu’il ne faut pas négliger. Je suis dans le métier du tourisme depuis une quarantaine d’années.
Voilà un peu mon cri du cœur que je voulais lancer pour attirer l’attention, s’il le faut même, du président de la République. Nous sommes au Sénégal, un pays en voie d’émergence, qui a une croissance économique très élevée, c’est aussi contradictoire de constater ce que j’ai vu hier au parc de Hann.
Doudou Gnagna DIOP
Expert du Tourisme durable
dgdaction@gmail.com

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