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Une femme a accusé le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, de l’avoir agressée sexuellement dans les années 1980, dans un entretien au Washington Post dimanche 16 septembre. La commission judiciaire du Sénat avait prévu de se prononcer jeudi 20 septembre sur la nomination du juge conservateur. L’accusatrice se dit «prête» à être entendue par cette commission. De son côté, le juge Kavanaugh a nié ces allégations et s’est dit également «prêt» à «défendre [son] inté­grité».

Le magistrat conservateur et ancien conseiller du Président George W. Bush, Brett Kavanaugh, 53 ans, a contesté lundi 17 septembre les accusations et a annoncé dans un communiqué transmis par la Maison Blanche être «prêt à [s]’exprimer devant la Commission judiciaire du Sénat (…) pour réfuter ces accusations sur des faits qui remontent à 36 ans et défendre mon intégrité».
Cette déclaration intervient quelques heures après que Debra Katz, l’avocate de l’accusatrice Christine Blasey Ford, a affirmé dans un entretien à la chaîne CBS que sa cliente «est prête à faire ce qu’il faut». Si elle est entendue, cela devrait «être fait immédiatement, afin que le processus [de nomination] puisse se poursuivre comme prévu», a prévenu le sénateur républicain Lindsey Graham.

Lycéen, Kavanaugh l’aurait attouchée et tenté de lui retirer ses vêtements
Professeure de psychologie à l’Université de Palo Alto, Mme Blasey Ford, âgée de 51 ans, a affirmé qu’au début des années 1980, Brett Kavanaugh et un ami «complètement ivres» l’auraient coincée dans une chambre lors d’une soirée. M. Kavanaugh l’aurait alors maintenue de force sur un lit, avant de se livrer à des attouchements par-dessus ses vêtements. Il aurait alors tenté – sans succès – de les lui retirer et quand elle avait tenté de crier, il lui aurait couvert la bouche avec la main. Elle dit avoir finalement pu se dégager et quitter la pièce. Brett Kavanaugh était alors scolarisé dans la proche banlieue de Washington.
Les élus démocrates ont immédiatement réagi, exigeant le report du vote au Sénat sur la confirmation du magistrat. «Insister pour voter maintenant serait une insulte pour les femmes américaines et l’intégrité de la Cour suprême», a tonné le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

Nomination à grand enjeu
Cette nomination représente un enjeu de taille, car elle pourrait faire basculer l’équilibre de la Cour suprême pendant au moins une génération : les postes à la juridiction étant à vie. La Cour est chargée aux Etats-Unis de trancher sur des questions divisant profondément la société, comme l’avortement ou les armes.
Les Républicains disposent d’une majorité de seulement deux voix au Sénat, qui a le dernier mot sur les candidats désignés par la Maison Blanche. Avec cette nouvelle accusation, la réaction de deux sénatrices républicaines défendant le droit à l’avortement va donc être scrutée de près, car le vote en commission sénatoriale est prévu jeudi 20 septembre sur la confirmation de Brett Kavanaugh, avant le vote final en séance plénière qui pourrait intervenir dès fin septembre.
Christine Blasey Ford dit n’avoir parlé à personne de ces faits qui l’ont pendant longtemps affectée, avant d’écrire une lettre confidentielle parvenue cet été à l’influente sénatrice démocrate, Dianne Feinstein, qui n’en avait pas touché mot aux autres sénateurs. Cette dernière avait finalement révélé jeudi avoir donné sa lettre à des inspecteurs. Mme Blasey Ford a décidé de sortir de l’ombre car, dit-elle, «j’estime désormais que mon devoir civique pèse plus lourd que mon angoisse et ma terreur face à des représailles».
rfi.fr

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