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Aux Etats-Unis, les Républicains sont une fois de plus mal à l’aise suite aux révélations du Washington Post. Le Président américain a-t-il révélé des informations ultra sensibles, concernant une opération du groupe Etat islamique en préparation, au chef de la diplomatie russe lors de leur entretien dans le bureau ovale ? Non, répond la Maison Blanche, obligée d’affirmer que Donald Trump n’a pas compromis la sécurité nationale.

Si de nombreux élus républicains défendent encore leur Président, jugeant qu’il a le droit de partager toute information qui lui semble utile, classifiée ou non, plusieurs ténors du parti conservateur prennent leur distance avec Donald Trump.Le sénateur John McCain qualifie
les révélations du Washington Post de «très troublantes», pour son collègue Ben Sasse, elles sont même «effrayantes». Le sénateur Bob Corker déplore «un manque de discipline qui crée le chaos» et qui fait que «la Maison Blanche se trouve, selon lui, désormais dans un tourbillon qui la tire vers le bas».
La républicaine Susan Collins, membre du Comité du Sénat sur le renseignement, va encore plus loin : l’attitude de Donald Trump risque de décourager à l’avenir les alliés américains qui voudraient partager des informations pourtant vitales pour la sécurité des Etats-Unis, craint-elle.
De son côté, le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, demande une explication complète des faits de la part de l’Administration. Et Mitch McConnell, chef de file des Républicains au Sénat, a du mal à cacher son agacement : «Avec un tout petit peu moins de drames à la Maison Blanche, nous pourrions enfin faire avancer les choses et nous concentrer sur notre agenda», a-t-il déclaré.

Le général McMaster à la rescousse du Président
Les démentis se succèdent donc et ne se ressemblent pas. Et c’est le conseiller à la sécurité nationale du Président Trump qui s’est trouvé forcé de répondre aux journalistes. Ses premières dénégations sur les révélations du Washington Post ne suffisaient plus, anéanties par un tweet matinal du Président, qui écrivait en substance, «j’ai parfaitement le droit de donner des informations aux Russes». Le général McMaster est habile. Il confirme factuellement l’enquête du Washington Post, mais répète 10 fois le terme «approprié» : le Président, dit-il, n’a rien fait d’illégal. Le conseiller confirme que ces révélations n’étaient pas prévues. Les éléments de langage, comme disent les diplomates, n’étaient pas préparés, Donald Trump a parlé sur l’inspiration du moment.
Et d’ailleurs, ajoute le général McMaster, il ne pouvait pas tout révéler aux Russes : «Les informations partagées étaient parfaitement appropriées car je dois vous dire très clairement : le président ne savait même pas d’où provenaient ces informations. Il n’avait pas été briefé sur la source, ni sur la méthode !»
Les fautifs, d’après le général McMaster, ce sont les journalistes : «La sécurité nationale est en effet en danger, à cause de ces fuites ! Ce n’est pas la première fois que ça se produit, et je pense qu’il est important d’enquêter sur ces agissements.»
Comme en réponse à ces accusations, la presse américaine s’en donne à cœur joie sur cette affaire, et diffuse en boucle les meetings de campagne de Donald Trump, à l’époque où le candidat faisait chanter «Hillary Clinton en prison». «Nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir dans le bureau ovale, une personne, qui ne comprend pas la signification du mot «classifié»», disait alors Donald Trump.
rfi.fr

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