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Le Président Trump est visé par une enquête pour obstruction de la justice. Selon la presse américaine, l’enquêteur spécial Robert Mueller est en train de constituer son dossier contre le Président des Etats-Unis. Donald Trump est en colère. Peu de réactions hier à Washington après les révélations de la presse (Washington Post et New York Times) sur l’enquête, dont Donald Trump est l’objet pour obstruction de justice. Seuls les habituels tweets matinaux du Président donnent une idée de son état d’esprit, et le chef de l’Exécutif américain, on s’en doute, est en colère. Donald Trump dénonce une nouvelle fois la «plus grande chasse aux sorcières de l’histoire politique américaine». «Une affaire, écrit-il, inventée de toute pièce».
Les fuites dans la presse fourmillent de détails et c’est sans doute ce qui attise la colère du Président. On apprend que l’investigateur spécial, Robert Mueller, va ou a rencontré les chefs des services de renseignement, nommés par Donald Trump afin de savoir si ce dernier leur a demandé, comme à James Comey, de «laisser filer l’enquête sur le général Flynn». Dans le langage du Fbi, le Président des Etats-Unis est à ce stade une «personne d’intérêt» entre guillemets. Robert Mueller, en théorie, travaille dans le plus grand secret, car investigation ne signifie pas culpabilité. Une précaution censée préserver la réputation des personnes concernées. La sérénité affichée par Donald Trump la semaine dernière, lorsqu’il affirmait à la presse être prêt à rencontrer l’investigateur spécial et même à témoigner sous serment, semble s’être évaporée. Prendre à partie Robert Mueller publiquement ainsi que le Président l’a fait ce matin n’est peut-être pas la meilleure réaction.

L’information publiée par la presse est une bombe
Quelques minutes après l’audition de James Comey devant le Congrès, l’avocat de Donald Trump estimait son client conforté par ce témoignage. L’ancien patron du Fbi avait enfin publiquement déclaré que le Président des Etats-Unis n’était pas inquiété dans la tentaculaire enquête russe. Le lendemain, libéré, Donald Trump insultait publiquement James Comey, «un menteur qui fait fuiter des informations dans la presse». L’information publiée par le Washington Post est donc une bombe : le Président serait bien dans le plus grand secret sous investigation pour obstruction dans une affaire de justice. L’enquêteur spécial sur le dossier russe aurait donné cette orientation à ses recherches après le limogeage de James Comey par le Président. A l’appui de son dossier, les mémos écrits par l’ancien patron du Fbi, les tweets rageurs du Président et des rendez-vous avec tous les chefs du renseignement américain.

L’avocat de Donald Trump contre-attaque lourdement
Robert Mueller poursuit une enquête sur Donald Trump, mais il l’a également élargie. Dans les tout prochains jours, il interrogera trois hauts responsables des services américains : Daniel Coats, directeur du renseignement, Mike Rogers, directeur de l’agence Nsa, et son ancien adjoint, Richard Ledgett. Il souhaite les entendre sur un évènement survenu le 22 mars. Après une réunion à la Maison Blanche, Donald Trump aurait demandé à Daniel Coats d’intervenir auprès de James Comey pour qu’il cesse de cibler son ancien conseiller Michael Flynn, personnage-clé dans l’affaire sur l’ingérence présumée russe.
C’est ainsi que nos confrères du Washington Post expliquent les rumeurs d’éviction de Robert Mueller. Le Président aurait été mis au courant des soupçons qui pèsent sur lui. Quant à l’avocat de M. Trump, Me Kasowitz, il estime que cette dernière fuite dans la presse est un outrage scandaleux, illégal et inexcusable.
rfi.fr

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