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Les populations d’Oussouye, regroupées autour du Collectif des habitants des entités traditionnelles d’Oussouye, de Calobone et d’Ekink sont sorties ce dimanche de leur mutisme pour exiger l’extension de la commune confrontée à l’expropriation de ses terres par les communes voisines et qui étouffe sous le poids démographique.

La commune d’Oussouye fait face à de nombreux défis liés notamment à une absence d’infrastructures pouvant accompagner des projets de développement. A l’origine de cette situation, l‘étroitesse du foncier communal, selon ses populations, et qui serait la résultante d’une mauvaise délimitation de la commune d’Oussouye privée depuis les indépendances d’une zone d’exploitation économique. Et depuis, Oussouye, à l’instar de l’ensemble du département, est caractérisée le plus souvent par des conflits fonciers entre les entités communautaires, les villages voire entre les communes. C’est le cas en août 2016 entre les jeunes des villages d’Effisao et de Loudia Diola qui se sont affrontés dans le cadre d’un litige foncier. Bilan de l’affrontement : cinq blessés. Et il y a quelque temps, la destruction, sur ordre du préfet d’Oussouye, à les en croire, de bornes que les populations de la commune d’Oussouye ont installées pour servir de repères durables sur les terres qui constituent leur terroir, zone d’agriculture et d’élevage, héritées de la coutume, avait exacerbé les frustrations. Et c’est d’ailleurs pour manifester leur indignation face à ce que le maire d’Oussouye, Edouard Lambal, qualifie de «maladresse et d’attitude partiale du préfet Ismaïla Ndiaye» que les populations d’Oussouye ont battu ce dimanche le macadam sur plusieurs kilomètres.
Jeunes, notables et femmes parées pour la circonstance de leur tenue traditionnelle étaient fortement mobilisés pour dire : «Tous pour l’extension de la commune d’Oussouye», «La commune d’Oussouye étouffe, une population d’environ 8 000 habitants pour une superficie de 1,55 km2 », «Halte à la spoliation de nos terres traditionnelles». Et pour les membres du Collectif des habitants des entités traditionnelles d’Oussouye, de Calobone et d’Ekink, ces terres font aujourd’hui l’objet de convoitise de la part des collectivités territoriales voisines. «Nous constatons pour le déplorer que M. le préfet du département d’Oussouye, reconnaissant personnellement que la commune d’Oussouye étouffe et que son extension est une nécessité pour les populations et pour l’Etat lui-même, a été abusé par des tiers, lors des enquêtes qu’il a menées à la suite du bornage effectué par les populations de la commune d’Oussouye sur leur héritage foncier traditionnel, menacé d’expropriation par les communes voisines, au nom de la légalité et au mépris de la légitimité», peut-on lire dans le document de protestation du collectif remis à la presse. Un collectif fort du soutien des populations de la commune d’Oussouye et qui entend, selon ses responsables, s’opposer avec véhémence à toute velléité d’accaparement de leurs terres traditionnelles, sans concertation préalable. «La terre est en effet, en milieu diola, un don sacré de Dieu qu’il faut gérer avec tact. Sa gestion par l’Etat devrait tenir compte de l’aspect coutumier et traditionnel. Cette cohabitation harmonieuse légalité-tradition pourrait largement contribuer à la résolution des problèmes liés au foncier», argue Bénédicte Lambal, ancien maire d’Ous­souye et membre du collectif. Quant au préfet d’Oussouye qui a reçu à cet effet une pétition des populations, relative à la nécessaire extension de la commune d’Oussouye, il a d’abord magnifié cette marche pacifique qui est un droit, dévolu, dit-il, à tout citoyen. Il a promis de transmettre ce document à qui de droit pour une meilleure résolution de cet imbroglio foncier qui affecte les communes voisines d’Ous­souye, d’Oukout et de Mlomp.
imane@lequotidien.sn

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