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Le coordonnateur de l’Ong 3D, Moundiaye Cissé, a dénoncé hier la concurrence déloyale dont souffrent les organisations de la société civile locale face à celles du Nord qui captent les financements. Ainsi, moins de 10% des Osc locales ont un accès direct aux financements.

Les Organisations de la société civile (Osc) locales souffrent de la concurrence «déloyale» avec celles du Nord. C’est l’aveu de Moundiaye Cissé. Selon le coordonnateur de l’Ong 3D, le problème des Osc locales est moins une connaissance des ressources existantes de financement que d’asymétrie, de compétence entre les organisations du Nord qui viennent capter les financements du Nord à la place des organisations du Sud à qui ils sont pourtant destinés. En fait, explique M. Cissé, «quand le Nord finance soi-disant le Sénégal, il y a des organisations du Nord de la société civile qui viennent ‘’compétir’’ aux côtés des organisations locales. Ce qui pose problème puisque les procédures sont faites de sorte qu’il est pratiquement difficile pour les Osc locales d’avoir accès aux financements». «C’est comme qui dirait que les procédures sont taillées sur mesure à l’aune des compétences des Ong du Nord», a déploré hier le coordonnateur de l’Ong 3D. Il s’exprimait en marge de l’atelier de restitution finale de l’étude sur les sources actuelles et potentielles de financement des Osc en vue de recommander des stratégies de financement pérennes de leurs activités. «Une Osc locale, pour avoir un financement de ces structures-là, est obligée de passer par les Ong du Nord. Et ces dernières prennent leurs frais et tout ; ce qui fait que quand on a un financement de 100 millions, les 50 n’arrivent même pas au Sénégal. C’est un véritable problème», dénonce Moundiaye Cissé. A l’en croire, les Osc locales maîtrisent les mécanismes pour monter un projet et savent où se trouvent les bailleurs. Malgré cela, elles ont tendance à disparaître à cause des difficultés d’accès aux financements. «Rares sont des organisations militantes qui peuvent entretenir des experts en leur sein, parce que les experts coûtent cher alors que pour accéder aux financements, il faut des experts», déplore encore M. Cissé. Pis, souligne-t-il, «quand elles accèdent à un financement, elles sous-traitent avec les organisations du Sud». Pour M. Cissé, c’est là le problème structurel puisque moins de 10% des Osc locales ont un accès direct aux financements. «Les organisations du Nord se déportent au Sud pour capter les ressources prévues pour le Sud par le Nord.» Quid des problèmes de capacité décelés par l’étude ? «C’est parce qu’elles n’ont pas les moyens de recruter les experts nécessaires pour capter les ressources qui sont pourtant destinées au Sud et qui doivent aller aux Osc du Sud», explique Moundiaye Cissé qui appelle à un assouplissement des procédures d’accès aux financements pour les Osc locales. Par ailleurs, M. Cissé a condamné la discontinuité au ministre chargé de la Promotion de la bonne gouvernance depuis un an. «Depuis qu’il y a eu le changement dans ce département, on ne sent plus le ministère chargé de la Promotion de la bonne gouvernance. On a l’impression qu’il s’agit d’un ministère chargé de la Petite enfance», dit M. Cissé qui regrette la stagnation des procédures relatives à la loi sur l’accès à l’information.

ksonko@lequotidien.sn

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