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7 000 francs Cfa, c’est ce que génère l’exploitation quotidienne de véhicules hippomobiles à Pikine. D’après l’étude sur la contribution économique des équidés de trait au Sénégal, cette activité peut être une réponse au chômage et à la mobilité urbaine à condition qu’elle soit bien encadrée.

Conduire une calèche peut être une solution au chômage. A Pikine par exemple, cette activité rapporte quotidiennement en moyenne plus de 7 000 francs Cfa aux conducteurs de véhicules hippomobiles. C’est la principale information à retenir de l’étude sur la contribution économique des équidés de trait au Sénégal dont la cérémonie de restitution a eu lieu hier. Et sur les personnes enquêtées, entre 72 et 88% admettent  tirer leurs revenus totaux de l’exploitation de véhicules hippomobiles. Ces revenus sont utilisés pour l’achat de nourriture, des frais de santé et de scolarité. Dans ce département, 90% de ces revenus contribuent à payer le loyer.
«Les revenus journaliers moyens tirés de l’exploitation de véhicules hippomobiles sont de 2 937 francs Cfa pour les calèches, 7 031 francs Cfa pour les charrettes équines et 1 938 francs Cfa pour les charrettes asines. Les revenus les plus élevés sont réalisés à Pikine par les charrettes équines avec 7 000 francs Cfa. Les revenus sont généralement équivalents ou supérieurs au Smig des travailleurs manuels», révèle l’étude. Qui s’est concentrée sur la zone urbaine de Pikine, Rufisque et Guédiawaye, sur celle agricole de Louga et Diourbel et celle pastorale de Bambey et Koumpentoum.
Si ces conducteurs de véhicule hippomobile se frottent les mains, ils le doivent bien au transport. Aussi surprenant que cela puisse paraître, dans les zones urbaines beaucoup choisissent les calèches plutôt que le véhicule motorisé. Ils sont «4 250 à Rufisque, 9 720 à Thiès, 24 mille 400 à Louga et 225 mille à Touba» à se déplacer quotidiennement au moyen de la calèche.
En ce qui concerne le transport de matériels dans une ville comme Pikine, c’est l’équivalent de 850 camionnettes que les calèches transportent en moyenne par jour, soit «1 700 tonnes», tandis que toute la région de Dakar compte «3 200 tonnes, 1 588 à Thiès et 3 561 à Diourbel».
Sur la zone agricole, l’importance des équidés se mesurent à l’apport qu’ils ont sur les travaux champêtres. «Dans le bassin arachidier, l’absence d’équidés pourrait entraîner la baisse des superficies cultivées en arachide de 75% et 44% pour le mil. Naturellement, cela va engendrer une chute de la production arachidière de 78% et de 45% pour le mil», note le rapport. Dans cette situation, ce sont «945 mille francs Cfa, soit les 2/3 des revenus par ménage qui seront perdus chaque année».
En milieu pastoral, le constat est similaire. «Les équidés participent au bien-être des populations. Ils vont chercher de l’eau dans les forages pour abreuver le bétail. Elles ainsi font économiser de l’énergie qui pourrait être redirigée.»
Pour optimiser le rendement des équidés sur l’économie, le comité de pilotage qui a dirigé l’étude recommande d’appliquer l’arrêté interministériel portant réglementation du transport par les véhicules à traction animale sur l’ensemble du territoire national pour mieux organiser le transport hippomobile, mais aussi de mettre l’accent sur l’interdiction aux mineurs de conduire les équidés. Ce sont entre autres les recommandations formulées par les auteurs de l’étude commanditée par l’Ong Brooke.
mgaye@lequotidien.sn

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