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La période des menstrues est délicate pour nombre de femmes. Une étude menée par le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc) et Onu-Femmes sur «Genre, hygiène et assainissement au Sénégal, au Niger et au Cameroun» a examiné de près les conditions d’hygiène des femmes durant cette période.

Une étude menée par le programme conjoint entre le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc) et Onu-Femmes sur «Genre, hygiène et assainissement au Sénégal, au Niger et au Cameroun» a permis de mettre en exergue l’incidence que peuvent avoir les mutilations génitales féminines sur la santé des femmes en période de menstruation. Dans un communiqué de presse de l’organisation onusienne, on peut lire que «les femmes excisées courent plus de risques de connaître des problèmes de santé lors des menstrues que les femmes non excisées». L’étude menée dans deux autres pays que sont le Cameroun et le Niger conclut que «globalement, 27% de filles et de femmes ont déclaré que de mauvaises pratiques influaient négativement sur leur santé sexuelle et reproductive». L’étude a ciblé des femmes et des filles âgées de 12 à 49 ans et des hommes âgés de 15 à 59 ans, résidant dans les régions de Sédhiou, Matam, Kédougou et Kolda, soit au total 1 250 personnes (soit 500 femmes excisées, 500 femmes non excisées et 250 hommes). Même si les menstruations sont un sujet tabou dans une société sénégalaise fortement marquée par des croyances, des mythes et des interdits religieux et communautaires qui influencent la gestion de l’hygiène menstruelle, l’étude conclut que «les femmes ont une bonne connaissance des menstruations, notamment des raisons de leur apparition, de la durée normale des règles, de la durée du cycle menstruel et des conséquences d’une mauvaise hygiène menstruelle sur la santé».
Ailleurs au Niger, l’étude a montré que «les mauvaises pratiques en matière de Gestion de l’hygiène menstruelle (Ghm) sont davantage observées chez les femmes nomades (98%) en comparaison aux femmes sédentaires (49%). Dans toutes les régions de l’enquête, la proportion de femmes ayant une mauvaise hygiène menstruelle reste supérieure à 50%». Au Niger, l’étude note également que durant leur menstruation, les femmes et les filles observent des restrictions d’ordre nutritionnel, sexuel et religieux.
Dans le dernier pays, le Cameroun, l’étude a été menée dans des camps de réfugiés sur les difficultés qu’éprouvent les femmes lors de leurs menstruations et le manque d’infrastructures d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène suffisantes, adaptées et de qualité dans les camps. «31 % d’entre elles (soit une femme sur trois) ne poursuivent pas leurs occupations et activités pendant leurs règles», indique l’étude. Dans l’ensemble, les types de toilettes utilisées par les femmes ne garantissaient pas toujours leur intimité et leur sécurité et ne permettaient pas une bonne gestion de l’hygiène menstruelle.
Fruit de la recherche-action menée au sein d’une conjointe entre le Wsscc et Onu-Femmes, ce programme a pour objectif de renforcer les politiques de santé, d’hygiène et d’assainissement pour les femmes et les filles en Afrique de l’Ouest et du Centre, de changer les comportements et de promouvoir les bonnes pratiques de Ghm, de combler l’absence de connaissances sur ce sujet grâce à des travaux de recherche-action.
mamewoury@lequotidien.sn

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