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Samba Sy, ministre du Travail...

L’étude réalisée par le ministère du Travail sur les pratiques sociales des Entreprises multinationales a révélé que celles européennes emploient beaucoup plus de nationaux que d’étrangers. Selon cette étude réalisée en 2018, 91% des salariés sont des nationaux, contrairement au «mythe» selon lequel les Emn «n’utiliseraient que des compétences externes au pays où elles interviennent».

L’essentiel des employés des entreprises multinationales et les grandes entreprises au Sénégal est constitué de nationaux. C’est du moins ce qui ressort de l’étude réalisée par le ministère du Travail sur les pratiques sociales des Entre­prises multinationales (Emn) et les grandes entreprises au Sénégal. L’enquête faite sur 12 entreprises multinationales européennes révèle que 91% des salariés sont des nationaux. Dans le rapport, il est souligné que «ce chiffre qui témoigne de l’utilisation des ressources humaines nationales s’explique en partie par le fait que 5 des Emn rencontrées sont installées au Sénégal depuis 1948 (Sococim, Total, Eiffage, Bolloré, Tolza groupe)». Lors de la restitution de cette étude, il a été précisé que «ce ratio entre nationaux et étrangers contrevient au mythe selon lequel les Emn n’utiliseraient que des compétences externes au pays où elles interviennent». Analysant les résultats obtenus, les auteurs de l’étude soutiennent que «l’importation de main-d’œuvre destinée à occuper des postes qui pourraient être occupés par des nationaux ne semble donc pas constituer un problème auquel est confronté le Sénégal, en tout cas concernant les Emn européennes». Par ailleurs, il a été constaté que «la répartition de l’effectif par catégorie socioprofessionnelle indique un taux élevé des emplois d’encadrement parmi les salariés». Ainsi, il est noté un «recours à une main-d’œuvre qualifiée» avec les agents de maîtrise représentant «en moyenne 58% de l’effectif des entreprises, les cadres 18%, les employés et ouvriers 24%». L’enquête a également révélé que «la majorité des emplois occupés dans ces entreprises sont fixes et 88% des travailleurs ont des contrats à durée indéterminée».
Concernant le recours à des intérimaires souvent décrié, les auteurs de l’étude font savoir que cette pratique est courante dans les secteurs des assurances et des télécommunications. D’après eux, «le taux varie entre 15 à 26%». S’agissant du secteur du bâtiment, l’étude renseigne que «comme le Code du travail sénégalais le permet, les entreprises font appel à des ouvriers recrutés pour des projets à durée déterminée ou à des journaliers».

Problématique de la liberté syndicale
L’étude a également adressé la question des relations professionnelles, notamment les préoccupations de syndicalistes. Ainsi, dans le rapport, un syndicat a «indiqué que certains secteurs économiques étaient davantage exposés aux pratiques déloyales en matière de liberté syndicale et de droit d’organisation comme les secteurs des Btp et des mines». Parmi les principales causes identifiées, il y a «la menace de mettre un terme aux contrats afin d’intimider les travailleurs et la corruption». L’une des conséquences de ces pratiques, selon les syndicalistes, ce sont «des difficultés en matière de liberté syndicale et de droit d’organisation». D’ailleurs dans le document, «un syndicaliste a déclaré que peu d’Emn disposent de syndicats de travailleurs et préfèrent traiter avec les délégués du personnel et découragent la syndicalisation». Des propos contraires à ceux tenus par les entreprises dans le cadre de cette étude. Les auteurs de l’enquête relèvent que «la plupart des entreprises rencontrées souligne avoir un bon climat de travail et 12 entreprises sur 15 affirment avoir mis en place des consultations mensuelles avec les délégués syndicaux des entreprises». De même, lit-on dans le document, «la plupart affirment qu’elles pratiquent la politique de la porte ouverte avec les syndicalistes». Cependant, les auteurs de l’étude précisent que «cette thématique semble être sensible» parce que, renseignent-ils, malgré leur «insistance, les directions générales des entreprises rencontrées n’ont pas été en mesure de partager des informations affinées sur la liberté syndicale au sein des entreprises». Dans la même veine, l’étude révèle qu’aucun «mécanisme de conciliation volontaire mis en place de manière conjointe pour aider à la prévention et au règlement de conflit du travail n’a pu être décrit».

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