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Dans une étude réalisée par l’Ipar, l’une des recommandations est la hausse de 2 francs sur le kilo d’ognon, de pomme de terre ou de carotte et 1,5 franc/kg sur les mêmes produits importés. Le but est de freiner les importations en produits horticoles et la création d’infrastructures horticoles à même de garantir une bonne commercialisation.

Les manquements actuels notés dans les infrastructures de stockage et de commercialisation entraînent la perte de 30% des produits horticoles. Dans une étude réalisée par l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) et publiée hier, il est recommandé une hausse de la redevance sur le kilo d’ognon, de pomme de terre ou de carotte. «C’est une étude avec des propositions en termes d’amélioration des services, mais également de services nouveaux en termes d’application de montants de 2 francs Cfa sur le kg d’ognon, de pomme de terre ou de carotte pour les produits locaux et de 1,5 franc sur le kilo de produits importés en termes de redevance», a proposé El Hadji Mou­nirou Ndia­ye, coordonnateur de l’étude.
L’enquête, démarrée en octobre 2019, souligne que 84,6% des producteurs veulent des améliorations dans les services existants. «90,3% des producteurs réclament de nouveaux services», a décliné M. Ndiaye, consultant associé à l’Ipar et enseignant-chercheur à l’Université de Thiès. De plus, 72% des producteurs sont prêts à s’acquitter d’une redevance minimale de 4 F/kg. Chez les importateurs, 68% veulent des améliorations dans les services existants, tandis que 78% réclament de nouveaux services. «60% des importateurs sont prêts à s’acquitter d’une redevance minimale de 3 F/kg. 50% des importateurs sont prêts à s’acquitter d’une redevance minimale de 3 F/kg», informe le document.
L’idée fondamentale de l’enquête est de réduire considérablement l’importation de produits horticoles. «Si on prend l’ognon, on a 30 mille tonnes de consommation par mois. Si on les multiplie par 8 mois, cela fait 240 mille tonnes. Mais il y a 30% de pertes post-récolte. Cela pouvait constituer la consommation des 4 mois restants. Malgré tout, on importe durant 4 mois», a déploré Amadou Abdoul Sy, directeur général de l’Agence de régulation des marchés (Arm) au ministère du Commerce et des Pme. Cette importation est une perte de devises pour l’économie sénégalaise. Pourtant, la production locale vendue constitue une création de richesses importante que l’Arm évalue à plus de 48 milliards pour les producteurs qui ont besoin de chambres froides et des magasins de stockage. «Nous pouvons dire que nous avons atteint l’autosuffisance dans la production vu qu’il y a des pertes post-récolte importantes. On est obligé d’importer durant 4 mois. Nous sommes à la recherche de moyens pour combler ce déficit et aller vers l’étape suivante, aussi bien dans la production que la commercialisation, et pourquoi pas exporter dans le marché commun africain», s’est projeté M. Sy.
Au regard des conclusions de l’étude, il y a urgence de créer des infrastructures post-récolte. «Les demandes que nous recevons, c’est presque plus de 10 magasins par an qui s’élèvent à plus d’un milliard, alors que nous avons une subvention qui tourne autour de 100 et 200 millions. Donc la collecte avec les producteurs nous permettra de faire des arbitrages pour construire les infrastructures qu’il faut et aller vers l’autosuffisance», a conclu le directeur général de l’Arm.

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