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Safiétou Thiam.

Les résultats de l’étude du Centre national de recherche et de formation à la prise en charge clinique de Fann sur l’«Efficacité et acceptabilité de la récupération nutritionnelle ambulatoire chez les enfants et adolescents, infectés par le Vih au Sénégal» sont encourageants. Les équipes de recherche, grâce à des interventions, ont réussi à avoir un taux de succès de 73%. Elles ont récupéré nutritionnellement des enfants atteints de malnutrition modérée ou sévère. Une satisfaction pour les acteurs.

Le Centre régional de recherche et de formation à la prise en charge clinique de Fann (Crcf), en collaboration avec la Division de lutte contre le Sida et l’Institut de recherche pour le développement, a rendu publics les résultats provisoires du projet Snac’s intitulé «Efficacité et acceptabilité de la récupération nutritionnelle ambulatoire chez les enfants et adolescents infectés par le Vih au Sénégal». Le message important qu’il faut retenir est que les recommandations pour les enfants de moins de 5 ans sont adaptées et efficaces sur ceux de plus de 5 ans et les adolescents affectés par le Vih, d’après les explications de Cécile Cames, nutritionniste et épidémiologiste à l’Ird. Les équipes de recherche ont réussi, au terme de leur étude, à récupérer nutritionnellement des enfants pris en charge. Elles ont enregistré un taux de succès de 73%. «Une grande satisfaction si on le compare à d’autres initiatives menées ailleurs en Afrique dans d’autres populations», s’est réjouie la nutritionniste qui ajoute que les équipes ont «réussi à la fois à amener les enfants à récupérer un poids pour sortir de leur malnutrition, et à stimuler leur croissance en taille de manière à ce qu’ils rattrapent leur retard de croissance à long terme», indique-t-elle. Outre ces résultats encourageants, souligne toujours Mme Cames, les enfants ont pu, grâce à ce suivi et cet accompagnement, recharger les batteries en matière de micronutriments puisque cette intervention a sensiblement amélioré leur stock de l’organisme.
Cette prise en charge nutritionnelle des enfants et des adolescents infectés par le Vih a-t-il un impact sur l’observance de traitement antirétroviral ?  Pour l’instant, répond Cécile Cames, l’étude n’a pas mis en évidence l’impact. Mais, soutient-elle, ces deux composantes de la prise en charge doivent être considérées comme complètement intégrées car, relève-t-elle, un «bon monitorage Arv impactera positivement l’état nutritionnel et la récupération d’un enfant malnutri. Et inversement, un enfant en bon état nutritionnel aura une meilleure réponse virologique», sert-elle, convaincue.
La secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls) appuie les arguments de la nutritionniste. Pour elle, la prise en charge nutritionnelle des enfants infectés par le Vih améliore leur qualité de vie. En tant que programme chargé de définir la stratégie nationale de lutte contre le Sida, elle soutient que cette étude est un argument à mettre sur la table pour accompagner cette frange de la population très vulnérable. «Les enfants infectés par le Vih sont souvent malnutris. Et cela est lié à l’infection à Vih elle-même et au statut social des personnes vivant avec le Vih. Elles sont souvent démunies. L’enfant infecté à au moins un parent vivant avec le Vih. Et du coup, les revenues de la famille baissent et impactent de façon nutritionnelle l’enfant», argue Safié­tou Thiam.
Quant au secrétaire général du Crcf, il estime que cette étude a permis de savoir qu’en accompagnant les enfants et les adolescents infectés par le Vih/Sida, on pouvait avoir des résultats significatifs dans le cadre de la prise en charge. Outre ce fait, indique le docteur Karim Diop, il est possible de travailler en dehors de Dakar, particulièrement dans les zones éloignées. Il faut préciser que cette étude a concerné 181 enfants et adolescents dans 12 sites de prise en charge pédiatrique et réparties dans 7 régions du pays sur une durée de deux ans. Ce projet a été conduit par des équipes composées de médecins, de travailleurs sociaux, d’infirmiers, de biologistes dans chaque site. Le processus a été lancé en avril 2015 par les premières inclusions à Dakar, puis en régions.
ndieng@lequotidien.sn

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