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L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), dans son rapport relatif à la première Etude monographique sur l’extraction de sable au Sénégal (Emsas), a dénombré 38 unités d’extraction de sable dans sept régions du Sénégal. Ces unités d’extraction ont assuré une production de 6,5 milliards de francs Cfa (y compris les services de soutien) et généré une valeur ajoutée de 4,2 milliards de francs Cfa en 2017.

Le poids économique de l’extraction de sable au Sénégal est non négligeable. Et les résultats de la première étude réalisée auprès des exploitants de sable dans les carrières publiques et privées, a permis d’en avoir une bonne mesure. Le rapport de l’Etude monographique sur l’extraction de sable au Sénégal (Emsas) fait état d’un total de 38 unités d’extraction de sable répertoriées dans sept régions du Sénégal. Ces unités d’extraction ont assuré une production de 6,5 milliards de francs Cfa (y compris les services de soutien) et généré une valeur ajoutée de 4,2 milliards de francs Cfa, en 2017.
La production de sable est estimée «à 3 millions 529 mille 808 m3, soit l’équivalent en termes monétaires de 5,67 milliards de francs Cfa en 2017». «L’analyse de la production en quantité par type de carrière montre une dominance de celle des carrières privées avec 55%, contre 45% pour les carrières publiques. En outre, la répartition par type d’exploitant indique que les détenteurs de camions sont en première position avec une proportion de 41,9%. Ils sont suivis par les exploitants privés non détenteurs de machine avec 29,4%. Les exploitants privés détenteurs de machine viennent en dernier avec 28,7%», mentionne le rapport.
La répartition par région de la production de sable en valeur, en 2017, selon le document, «montre une dominance de la région de Thiès avec une proportion de 39,2%. La région de Saint-Louis vient en deuxième position avec 14,1%. Elle est suivie par les régions de Dakar, 11,7%, Kaolack, 11,3% et Kaffrine, 10,9%. Les régions de Louga et de Diourbel sont moins représentées avec des proportions respectives de 9,7% et 3,1%».

1,95 milliard en termes de consommations intermédiaires
Pour réaliser cette production de sable, des biens et services non durables, appelés consommations intermédiaires, ont été utilisés. Ces dernières d’après l’enquête, «sont estimées à 1,95 milliards de francs Cfa. L’examen de la structure des consommations intermédiaires montre une prédominance des dépenses en carburant avec un taux de 46,8%, ensuite des services de chargement, 38,5%, des autres charges, 4,7%, des entretiens/ réparations des véhicules, 2,7%, des locations de machines de chargement, 2,2%, des dépenses de réfection de la piste, 1,9% et le téléphone, 1,6%».
Le rapport indique que «les dépenses en entretien et réparation de machine, en eau, en location immobilière et en bâches/­cordes occupent de faibles proportions, avec respectivement 0,6%, 0,6%, 0,3% et 0,1%».
Quid de la valeur ajoutée générée par les exploitants de sable ? Elle est mesurée en faisant la différence entre la production et les consommations intermédiaires. Ainsi est-elle estimée «à 3,72 milliards de francs Cfa».
Les unités de soutien dans l’activité d’extraction de sable sont composées des détenteurs de machine qui fournissent un service de chargement de sable. En 2017, le document note que «la production en valeur des détenteurs de machine de chargement est estimée à 0,8 milliard de francs Cfa. L’examen de la structure des consommations intermédiaires des activités de soutien, estimées à 317,3 millions de francs Cfa, montre une large dominance des dépenses en carburant avec une part de 74,4%. Elles sont suivies des dépenses en location de machine de chargement, 15,5%, en entretien et réparation de machines, 5%), en réfection de piste, 4,3% et en autres dépenses. Le téléphone, l’eau et les bâches sont faiblement représentés avec des proportions respectivement de 0,6%, 0,1% et 0,02%. La valeur ajoutée des détenteurs de machine de chargement de sable mesurée par la différence entre la production et les consommations intermédiaires est de 482,8 millions de francs Cfa».

Répartition de la richesse des exploitants
«La richesse créée par les exploitants de sable dans l’activité d’extraction de sable a permis de prendre en charge les dépenses en salaires, en nourriture, en santé, en transport, en impôts et taxes (y compris la redevance minière). Les salaires sont estimés à 770,9 millions de francs Cfa dont les 562,0 millions de francs Cfa sont versés aux manœuvres et les impôts et taxes sur la production sont estimés à 706,9 millions de francs Cfa. Les rémunérations annuelles globales en nature pour les employés des unités d’extraction de sable sont estimées à 164,6 millions de francs Cfa. Celles-ci sont essentiellement composées de dépenses en nourriture avec 70,4%, en santé, 15,8%, en transport, 10,6% et en logement, 3,3%.»
Selon les résultats de l’étude, «la richesse créée par l’activité de soutien d’extraction de sable représente 12,9% de la valeur ajoutée globale du secteur. Les salaires versés par les détenteurs de machine de chargement sont évalués à 63,2 millions de francs Cfa et les impôts et taxes à 24,3 millions de francs Cfa. Les dépenses annuelles en nature pour l’activité de soutien d’extraction de sable sont estimées à 25,7 millions de francs Cfa. Celles-ci sont essentiellement composées à 75,3% des dépenses en nourriture, 19,1% représentent les frais de transport, 5,5% les dépenses en logement et 0,1% celles en santé».

329,1 millions investis en 2017
L’Ansd renseigne que «l’investissement sur l’activité d’extraction de sable est évalué en 2017, à 329,1 millions de francs Cfa et est dominé par l’acquisition de machine avec 77,1%. Par ailleurs, le stock des immobilisations s’élève à 1,8 milliard de francs Cfa en 2017. Il est essentiellement constitué par les machines de chargement, 58,7% et de véhicules professionnels, 31,9%. La part des outillages est de 2,4%. Les investissements comme les mobiliers et équipements de bureau, les brouettes, pousse-pousse, les motos/vélos et les locaux sont moins représentés avec des proportions respectives de 0,3%, 0,04%, 0,02% et 0,01%».

Financement des équipements
L’accès à l’équipement selon les enquêteurs, «est lié à plusieurs paramètres dont le mode financement qui revêt différentes formes. Pour l’essentiel, les exploitants utilisent des fonds propres, des crédits fournisseurs, de l’emprunt, de l’épargne générée par l’activité et des dons pour supporter les charges liées à l’exploitation de sable. L’analyse des sources de financement fait apparaître une forte prédominance de l’autofinancement (fonds propres) qui représente 57,5% de la valeur des financements dans le secteur du sable. L’emprunt est le deuxième mode de financement des investissements avec 15,7% des exploitants qui y font recours. Il est suivi par le financement par l’épargne pour 11,9% des exploitants. Les modes de financement les moins utilisés dans l’exploitation de sable sont les crédits fournisseurs, les dons et les autres formes de financement avec les proportions respectives de 9,7%, 3,7% et 1,5%».
L’étude relève aussi qu’en 2017, «la production de la branche ‘’construction de bâtiments, génie civil, travaux spécialisés de construction’’ a atteint 1 580 milliards de francs Cfa en liaison avec la mise en œuvre des grands projets de l’Etat, des projets immobiliers à Diamnadio et Lac Rose ainsi que la hausse soutenue des constructions de logements par les ménages. Ce qui a entraîné une bonne tenue de l’extraction de sable. Dans cette partie, sont présentées la production, les consommations intermédiaires et la valeur ajoutée de l’activité d’extraction de sable qui permet d’appréhender la richesse créée par ce secteur d’activité».

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