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D’après les services du ministère de la Santé, chargés de la lutte contre le coronavirus, il a été noté une tendance baissière du nombre de cas de coronavirus ces derniers jours. Seulement pour Dr Abdoulaye Bousso et ses collègues, il faut plus de vigilance pour arriver à maîtriser la pandémie.

Après 6 mois de lutte contre la pandémie, les services du ministre de la Santé et de l’action sociale ont procédé samedi à l’analyse de la stratégie mise en place pour endiguer la maladie. Le directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) a expliqué à cette occasion la baisse du nombre de cas de Covid-19 notée ces derniers jours. Selon Dr Abdoulaye Bousso, cette diminution est évaluée «à travers ce qu’on appelle le taux de reproduction du virus». Cette méthode, explique-t-il, permet de savoir «combien d’individus une personne infectée peut contaminer». Pour­suivant ses explications, le spécialiste souligne qu’entre «avril, mai et juin», une personne infectée pouvait contaminer 4 autres. Mais d’après lui, les mesures prises comme la fermeture des écoles, l’interdiction des rassemblements et la limitation des déplacements ont eu un impact positif. A en croire Dr Bousso, «nous partions sur des chiffres qui étaient 3 fois supérieurs», mais «ce taux de reproduction du virus commence à diminuer», passant ainsi à 1,7%.
Analysant ce taux, il informe qu’aujourd’hui «une personne positive peut contaminer deux autres». Insistant sur cette tendance baissière, le directeur du Cous ajoute que «nous sommes à 20 personnes infectées sur 100 mille habitants comme moyenne nationale», contrairement aux mois de mai et juin où «on était à 81 personnes infectées pour 100 mille habitants». Toutefois, malgré ces chiffres, Dr Abdou­laye Bousso recommande de «ne pas faire du triomphalisme». Selon lui, «les cas commencent à diminuer, mais il faut garder cette dynamique». Pour le directeur du Cous, «c’est maintenant plus que jamais qu’il faudra que les mesures barrières soient respectées». Cela, afin d’éviter cet effet de rebond de la pandémie constaté dans d’autres pays. Dr Bousso a aussi attiré l’attention sur la nécessité de respecter les mesures barrières, notamment avec la réouverture des universités et écoles. Selon lui, «il en est de même des manifestations religieuses pour lesquelles des mesures fortes devront être prises dans le cadre du respect des mesures barrières pour nous permettre de continuer cette tendance à la baisse et d’arriver à maîtriser cette pandémie».

«Plus de patients à domicile que dans nos centres de
traitement»
Lors de ce point mensuel, les services du ministère de la Santé se sont aussi prononcés sur la prise en charge à domicile des personnes atteintes de coronavirus. Lors de cette rencontre, Dr Bousso a fait savoir qu’il y a «plus de patients à domicile que dans nos centres de traitement». Selon le directeur du Cous, «des efforts sont en train d’être faits, mais il reste des difficultés parce qu’il y a beaucoup de malades dans les domiciles». A l’en croire, ces derniers «sont suivis par les équipes des districts et des régions médicales». Pr Mamadou Diarra Bèye a pour sa part apprécié la prise en charge à domicile. Selon lui, cette stratégie a permis la diminution des délais de prise en charge. «Ce délai de prise en charge commence assez tôt depuis le domicile. Ce qui permet d’évaluer et de débuter très rapidement, parfois même dans les domiciles, les traitements qui nous permettent d’avoir de bons résultats», a-t-il déclaré. Dans la même veine, le directeur du Samu national soutient que «la prise en charge à domicile a permis de diminuer la charge de travail que nous avions dans les structures de traitement et les hôpitaux». Mais, précise-t-il, «ce travail très important doit être renforcé dans les centres de traitement et aussi avec toutes les personnes impliquées dans la prise en charge». Appelant à la prudence, Pr Bèye rappelle que dans la prise en charge à domicile, «on choisit les patients qui ne présentent pas de risques majeurs». Et le médecin d’ajouter : «Cette prudence doit être maintenue parce que même à domicile il y a des choses qui changent. S’il y a des signes qui apparaissent, qu’ils n’hésitent pas à contacter» les services habilités.
Par ailleurs, le directeur du Samu national informe qu’ils ont été confrontés à un problème de «ressources humaines qualifiées». Selon lui, de façon générale, pas seulement au Sénégal, il y a un manque de médecins anesthésistes-réanimateurs. D’après Pr Bèye, le Sénégal n’étant pas épargné «dans certaines régions, certains médecins anesthésistes-réanimateurs ont fait le travail seuls». Pour faire face à ce déficit, Pr Bèye informe que la décision de «’’capaciter’’ les médecins généralistes et qui vont appuyer les Cte dans la prise en charge des cas graves» a été prise.

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