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Anta Sarr Diako, Dgpsn.

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (Dgpsn), en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), a procédé à l’évaluation qualitative et prospective du Programme national de bourse de sécurité familiale (Pnbsf). L’étude a révélé que c’est la Bourse de sécurité familiale qui tient la dépense des ménages bénéficiaires. Elle a très peu d’effets sur la capacité productive et la réinsertion des ménages, selon le cabinet Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) qui a mené l’étude.

La Bourse de sécurité familiale couvre principalement les dé­penses alimentaires des ménages bénéficiaires. Selon les résultats de l’étude qualitative et prospective du Programme national de bourse de sécurité familiale au Sénégal (Pnbsf) rendus pu­bli­ques hier, les dépenses alimentaires arrivent en tête dans l’utilisation de la Bourse familiale. Cette somme de 25 mille francs Cfa, reçue tous les trois mois et jugée très modique par certains, a permis tout de même une amélioration des revenus et de la sécurité alimentaire des ménages bénéficiaires. «Ils parviennent grâce à cette bourse d’assurer et d’améliorer les trois repas quotidiens au moins durant les 20 premiers jours du paiement», révèle Sambou Ndiaye de l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar).
Elle constitue 1/5 des sources de revenus chez certains ménages. En période de soudure, elle constitue 80% des sources de revenus et presque l’unique sour­ce dans d’autres familles, sou­tient M. Ndiaye. L’étude montre également que suivant le moment du paiement, la bourse peut contribuer à soulager certaines dépenses urgentes de santé et d’éducation que les ménages ne pouvaient pas assurer avant. La bourse réduit ainsi la vulnérabilité des ménages, l’endettement et la dépendance à des ménages plus nantis. Mais de l’avis du chercheur, l’accès à la santé et à l’éducation reste ce­pendant une préoccupation ma­jeure pour ces ménages. Or dans ces objectifs, le Pnbsf avait mis l’accent sur l’éducation des jeunes pour, à long terme, interrompre la transmission intergénérationnelle de la pauvreté. Le programme aura du mal à atteindre cet objectif, car «la prégnance des besoins alimentaires et la vulnérabilité des familles et aussi le montant limité de la bourse ne permettent pas aux bénéficiaires de financer l’éducation des enfants».
Cette étude montre également que les ménages bénéficiaires ne développent pas encore des activités productives. «La bourse a eu très peu d’effets d’entraînement sur les capacités productives et la réinsertion socio-économique des ménages pauvres», indique le Professeur Ndiaye.

La bourse n’assure pas un accès à l’éducation
Pour les défis de mise en œuvre, l’évaluation du Pnbsf montre un manque de transparence du ciblage, l’absence d’informations envers les populations pré-identifiées par le registre national unique, mais non bénéficiaires. «Des manquements qui souvent sont sources de conflits entre les ménages, mais également entre les ménages et les autorités légales», relève le consultant.
Pour plus d’impact de cette politique de protection sociale, les bénéficiaires demandent un appui à l’investissement productif. Elles souhaitent, en priorité, recevoir un appui pour renforcer leur accès à l’alimentation, l’éducation et la santé. La déléguée générale à la Protection sociale et à la solidarité nationale, venue présider la rencontre, a reconnu l’existence de contraintes dans la mise en œuvre du Pnbsf, notamment des erreurs dans le ciblage communautaire, le paiement difficile dans les zones reculées. «Tous ces problèmes sont en train d’être résolus. Un travail de toilettage a été fait. La Poste s’est déplacée dans des zones éloignées pour améliorer les conditions de paiement», assure Dr Anta Sarr Diacko.
Cette étude intervient à la troisième année de mise en œuvre du Programme national de bourse de sécurité familiale avec 450 mille ménages enrôlés. Elle s’est faite dans les localités de Ouadiour, Patar Lia, Somb, Loumbal Keli, dans la région de Fatick et Missirah, Hamdalaye, Dialacoto, dans la région de Tambacounda, avec plus de 200 ménages interrogés.
ndieng@lequotidien.sn

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