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Les Organisations de la Société civile s’auto évaluent. Le rapport 2017 sur l’indice de pérennisation décerne aux Ocs un score de 4,3. Compte tenu de la diversité et de la complexité des actions des Osc, le Congad a voulu, à travers un processus d’auto évaluation, évoquer la capacité d’organisation, la viabilité financière des Osc, mesurer leur impact sur les populations, les contraintes, et les difficultés à travers les 7 indices choisis.

Les Organisations de la Société civile du Sénégal obtiennent un score de pérennisation de 4,3 pour l’année 2017. Une note passable dans l’ensemble, apprécie Amacodou Diouf, président du Congad. Le Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement, en partenariat avec Fhi360 et l’Usaid, a réalisé cette étude sur la base de sept indicateurs à savoir le cadre juridique, la capacité organisationnelle, la viabilité financière, le plaidoyer, la prestation de service, l’infrastructure sectorielle et l’image publique des Osc.
Mesurant l’indice du contexte juridique dans lequel évoluent les organisations de la Société civile, le rapport note une détérioration au courant de l’année 2017. L’étude souligne que «les droits de réunions pacifiques et d’expressions des Osc étaient moins larges que pendant les années précédentes». Autre indice mesuré, c’est la capacité organisationnelle des Osc, qui elle aussi, s’est dégradée durant cette période. Pour l’expliquer, Amacodou Diouf évoque le nouveau cadrage des mécanismes de financement de développement dans notre pays. «Aujourd’hui, nous sommes devant un appui budgétaire qui n’est pas favorable au financement du développement communautaire par le canal des organisations non gouvernementales et autres organisations de la Société civile», soutient le président du Conseil d’administration du Congad. Ce qui, quelque part, pose problème. Car, fait-il savoir, «les Osc ne disposent plus de ces ressources pour pouvoir créer des infrastructures d’investissement pour renforcer leurs missions. Des éléments qui impactent le caractère organisationnel des structures et qui influent également dans la prestation de services que les Osc offrent aux populations».
Sur le critère de la viabilité financière, les Osc n’ont pas, non plus, évolué. Elles peinent toujours à mobiliser des ressources pour des activités autres que les réponses aux rares appels à propositions publiés par des partenaires internationaux. Pis, «les sources de financements des Osc ne sont ni nombreuses ni variées et proviennent d’initiatives de développement bilatérales et multilatérales et de projets en partenariat avec d’autres organisations internationales actives au Sénégal», écrit le rapport. Et pendant ce temps, le plaidoyer n’a pas bougé. «Il faut que nous changions les formes de plaidoyer», recommande Amacodou Diouf. Il est vrai, soutient M. Diouf, les Osc participent et sont présentes dans les institutions comme le Conseil économique, social et environnemental, l’Ofnac, l’Armp, etc. «Mais quel est l’impact de leur participation et de leur présence sur la bonne gouvernance et le bien-être des populations», s’interroge le Pca. pourtant souligne-t-il, la Société civile fait des propositions aux décideurs et que ces derniers tardent à prendre en compte. Il estime que les Osc doivent opter pour le plaidoyer actif, à l’image de ce qui se fait actuellement en France, notamment avec le mouvement des gilets jaunes. Quant à l’image des Osc dans l’opinion publique, généralement, rapporte le rapport, les médias offrent une analyse positive du rôle des Osc.
Il faut dire que ce rapport a concerné toutes les organisations de la Société civile. L’évaluation s’est déroulée pendant plusieurs mois et avait requis une interaction entre organisations de la Société civile du Sénégal et celles basées aux Etats-Unis et en Afrique.
ndieng@lequotidien.sn

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