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La revue annuelle est un moment important dans le cadre de la gouvernance du secteur de l’éducation. C’est un moment de bilan et de perspective. Pour cette 4ème revue annuelle, les acteurs se sont arrêtés sur les problèmes qui gangrènent le secteur de l’éducation. Malgré les efforts con­sentis par les autorités, plus de 1,5 million d’enfants sont hors du système éducatif. Un chiffre inquiétant, selon les acteurs.

Le système éducatif sénégalais a encore du chemin faire, malgré les efforts consentis par les autorités. Une étude faite par des acteurs de l’éducation et citée par le coordonnateur de la Cosydep, Cheikh Mbow, évalue à plus de 1,5 million le nombre d’enfants hors de l’école. Un chiffre inquiétant, selon M. Mbow. Laylee Moshiri, la représentante de l’Unicef, déplore ce nombre important d’enfants exclus des structures d’éducation. Or, rappelle Cheikh Mbow, l’éducation doit être effective pour tous les enfants sans distinction. «L’Etat doit comprendre qu’il est le premier parent de tous les enfants», indique le coordonnateur de la Cosydep. Madame Moshiri propose à ce propos, un système avec des offres éducatives diversifiées pour répondre aux besoins de ces enfants hors école.
La représentante de l’Unicef a aussi touché du doigt les inégalités entre les régions urbaines et rurales mais aussi la qualité des enseignements-apprentissages. Sur la question de la qualité, la Société civile recommande à l’Etat de prendre en compte la question de l’employabilité des jeunes dans les curricula pour mieux les préparer à entrer dans le marché du travail. Pour la Société civile, l’environnement de l’école doit aussi être amélioré et cela passe par la résorption des abris provisoires, la disponibilité des manuels scolaires et l’éradication des écoles en situation de multigrade.
Les acteurs se sont arrêtés sur l’efficacité du système qui, selon eux, pose problème. «Nous avons un secteur qui engrange beaucoup de ressources mais qui donne peu de résultats», constate le coordonnateur de la Cosydep qui justifie ce fait par un manque de pragmatisme des acteurs qui ont du mal à mettre en œuvre les consensus établis entre les acteurs. «Chacun doit faire face à ses responsabilités pour être plus efficient», conseille-t-il.

Faiblesse du partenariat collectivité-ministère Education
Autre sujet évoqué ? La faiblesse soit de l’implication des élus locaux soit des ressources allouées par les collectivités locales au secteur de l’éducation. Abdou Khadre Ndiaye déplore le non-fonctionnement des instances de coordination de dialogue et de cogestion mises en place entre le ministère de l’Education et les collectivités locales dans le cadre d’une convention. Mais ce n’est pas tout, souligne le maire de Gaya. Pour lui, les acteurs de l’éducation ont des exigences et des attentes urgentes de la part des collectivités or, la réforme de l’Acte 3 n’est pas totalement achevée. «Si certaines collectivités locales peinent à payer régulièrement les salaires, il leur sera très difficile de transférer des ressources dans le secteur de l’éducation. D’autant plus que le Budget consolidé d’investissement (Bci) est en phase-pilote et ne concerne que Fatick et Kaolack. L’ensemble des autres régions continuent de subir la planification au niveau central ce qui fait qu’aujourd’hui, nous n’avons pas l’impression que ça avance. Il faut que l’Etat se concentre dans ses fonctions régaliennes d’orientation stratégique, d’impulsion et de contrôle et non d’exécution sinon les maires vont continuer de distribuer des fournitures scolaires et animer des cérémonies protocolaires», regrette-t-il. Laylee Moshiri renchérit et souligne que l’Etat doit aller à plus de responsabilisation aux collectivités locales dans la gestion des écoles et plus d’implication des parents d’élèves. Car, note-t-elle, le ministère de l’Education à lui seul ne peut pas tout faire. Il faut l’aide de tous les acteurs.
Les acteurs se sont félicités, malgré tout, de la légère hausse de certains indicateurs notamment le taux de réussite aux examens. Ils se sont réjouis aussi de la mise en place du Groupe national des partenaires de l’éducation (Gnpe). Cette instance va réunir désormais, l’ensemble des acteurs de l’école. Lesquels souhaitent que cette instance soit fonctionnelle pour impulser le secteur afin d’atteindre les objectifs en matière d’éducation.
ndieng@lequotidien.sn

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