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Construction inachevée des infrastructures, déficit d’enseignants, conditions difficiles dans les universités, casse-tête pour l’orientation des nouveaux bacheliers : C’est le bilan des 6 ans de mise en œuvre des mesures prises par les autorités pour rendre performant le système de l’enseignement supérieur. 6 ans après, l’on se rend compte que les problèmes ayant conduit à la Cnaes et la mise en œuvre de ses conclusions demeurent toujours.

L’enseignement supérieur sé­né­galais est un grand corps malade qui a besoin d’être admis en soins intensifs. Le chef de l’Etat, mercredi en Conseil des ministres, a demandé des «me­sures correctives» concernant les ressources humaines, matérielles et financières mobilisées depuis 2013 pour améliorer durablement les performances du système d’enseignement su­pé­rieur. C’est peut-être un aveu d’échec.
Près de 6 ans après le début de la mise en œuvre des conclusions issues de la Concertation nationale sur l’enseignement supérieur et de la recherche (Cnaes), les choses n’ont pas beaucoup changé. Alors qu’elles étaient censées donner un nouveau souffle aux universités publiques dont les occupants continuent de gronder de colère. Les syndicats de l’enseignement supérieur se plaignent toujours des conditions difficiles dans les universités avec des effectifs pléthoriques, le manque d’infrastructures et d’enseignants. A cela s’ajoutent les mouvements d’humeur des étudiants des universités de Saint-Louis, Ziguinchor, Bambey et Thiès qui eux aussi dénoncent le manque d’infrastructures (amphi, restaurant, pavillon…). Les autorités en charge de cette question rétorquent souvent que des infrastructures sont en train d’être construites pour régler ces problèmes. Seulement, depuis le démarrage des travaux, les nouveaux bâtiments peinent à être achevés. Il faut le rappeler, le gouvernement avait décidé de mettre en œuvre le Plan de développement de l’enseignement supérieur et de la recherche au Sénégal (Pdesr 2013-2017). Un plan qui devait permettre la création d’infrastructures universitaires sur trois ans. Dans un article de l’Aps, les autorités soulignaient que «ces réalisations visent à répondre au flux de nouveaux bacheliers par une extension des capacités d’accueil actuelles des établissements d’enseignement supérieur». Avec ce plan, il était également prévu «la construction des Universités du Sine-Saloum de Kaolack (Ussk), du Sénégal oriental, la deuxième université de Dakar, une université arabo-islamique, des locaux de la Facultés des lettres et sciences humaines de Dakar». Et également, concernant l’Université virtuelle du Sénégal, il y a la construction de 21 espaces numériques ouverts et la création de centres délocalisés des universités existantes. 6 ans après le lancement de tous ces projets, les nouvelles universités n’ont pas encore commencé à fonctionner, les bâtiments promis peinent aussi à être achevés.
Les autorités avaient aussi pris la décision d’orienter des bacheliers dans le privé. Ainsi pendant 5 ans, l’Etat a ventilé les bacheliers dans le privé. Une mesure qui lui a coûté 41 milliards de F Cfa. A l’époque, le ministère de l’Enseignement supérieur justifiait cette décision par le fait d’éviter le nombre pléthorique d’étudiants dans les universités et de permettre la construction d’infrastructures pouvant accueillir dans les prochaines années les étudiants dans le public. Il a été constaté que cette mesure a été aussi un échec parce que non seulement beaucoup d’argent pouvant servir à la construction d’infrastructures a été englouti, mais l’Etat s’est retrouvé aussi avec des dettes à payer aux Instituts de l’enseignement supérieur privé.
Au regard de la situation dans laquelle se trouve l’enseignement supérieur avec les menaces des syndicats et aussi des étudiants, c’est à juste titre que le président de la République demande «des mesures correctives». La tenue d’une réunion présidentielle d’évaluation de la mise en œuvre des décisions issues des concertations nationales sur l’enseignement supérieur et la recherche permettra peut-être de trouver des solutions définitives à tous ces problèmes qui minent le secteur. Si le même schéma n’est pas reconduit.
dkane@lequotidien.sn

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