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Une session du Parlement européen sur l’évasion fiscale des footballeurs s’est transformée mardi en procès du soutien apporté par le Fc Barcelone à sa vedette argentine Lionel Messi. La Fifa estime que l’assemblée n’a pas le droit de rappeler à l’ordre des clubs ou des joueurs pour évasion fiscale. Les eurodéputés de la commission d’enquête relative aux Panama Papers ont un autre avis à ce sujet. Lionel Messi a été condamné pour fraude fiscale en 2016. L’attaquant argentin s’est vu infliger une amende de 2,1 millions d’euros pour avoir éludé l’impôt via une construction offshore. Il a également écopé d’une peine de 21 mois de prison avec sursis. Le Fc Barcelone a dès lors entamé une campagne sur les médias sociaux afin de soutenir sa star sous le slogan «We are all Leo Messi».

Louis Michel : «Campagne immorale»
L’opération médiatique du club catalan a très vite essuyé les quolibets, mais, selon les membres du Parlement européen, le problème est bien plus profond. «Messi a été déclaré coupable et a été sanctionné», commente Louis Michel (MR). «Cette campagne est immorale et en contradiction avec les valeurs promues par la Fifa.» La Fédération internationale de football préfère quant à elle botter en touche, affirmant ne s’occuper que du jeu et pas de fiscalité. «C’est une question de législation nationale», argue Kimberly Morris de la Fifa. «Nos compétences sont limitées, nous faisons ce qui est en notre pouvoir pour investiguer sur les aspects sportifs.» Une réponse qui a stupéfié les eurodéputés présents. «Vous vous dédouanez de manière méprisante de votre responsabilité morale», a fustigé Louis Michel. La fédération, basée à Zürich pour des raisons fiscales, affiche elle-même un lourd passif en matière de corruption et de blanchiment d’argent depuis la présidence de Joao Havelange, entamée en 1974. Actuellement, les attributions des deux prochaines Coupes du monde, en Russie en 2018 et au Qatar en 2022, font l’objet d’enquêtes judiciaires.

«Règles divergentes»
La Fifa a elle-même été la cible des représentants européens mardi. «La fédération voit la législation pour les agents de joueurs uniquement comme un cadre que les Etats membres doivent adapter», a commenté Gregor Reiter de la European Football Agents Association (Efaa). «Cela mène à des règles divergentes selon les pays, ce qui rend très difficile la poursuite des mauvaises pratiques.» Les normes relatives aux transferts de mineurs sont ainsi particulièrement décriées. La commission d’enquête européenne sur les Panama Papers rendra son rapport final en novembre ou décembre.
7sur7

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